Pour la première fois de l’histoire, la Coupe du monde comptait 48 équipes et a donc battu le record de matchs... jusqu’à la prochaine fois. Certains étaient au stade, d’autres se sont abîmés les yeux devant l’ordinateur, la fatigue était parfois au rendez-vous, le seum et l’enthousiasme aussi, mais nos journalistes n’ont raté aucune miette et présentent le florilège de ce gros mois passé finalement trop rapidement.
1. Argentine 3-2 Égypte
8es. Vous avez dit le GOAT ? Même si Haissem Hassan a longtemps prétendu au titre honorifique, Lionel Messi a définitivement plié le game. Sans lui, le parcours de l’Argentine aurait pu s’arrêter plus tôt, beaucoup plus tôt. Après avoir raté un penalty, La Pulga a vu l’Égypte dérouler son plan de jeu à la perfection mettant deux buts exceptionnels en contre. Le premier a été refusé et le second a réveillé la bête. Auteur d’une fin de match en boulet de canon, avec un but, une passe décisive et une tonne d’actions de classe en marchant, il a sauvé son pays. Ce n’était ni la première ni la dernière fois.
2. Argentine 3-2 (AP) Cap-Vert
16es. Il y a des nuits dont on se souvient toute sa vie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Quand on a vu Vozinha tenir tête à Lionel Messi, à ses coéquipiers et aux tribunes du Gillette Stadium de Boston acquises à la cause de l’Albiceleste, on a su que celle-ci allait entrer au panthéon des sacrées soirées, entre le bal du lycée et un retour en noctilien avec un voisin bien marrant. Ce soir-là, la Scaloneta version 2026 a montré qu’elle n’avait rien à voir avec sa prédécesseuse : moins sereine défensivement, moins belle à voir jouer, plus Messi-dépendante, mais avec toujours autant de vice et une capacité dingue à retourner les situations.
3. Mexique 2-3 Angleterre
8es. La ferveur du stade Azteca, les conditions climatiques chaotiques, l’imbroglio fédéral les jours précédents : tout était réuni pour que l’Angleterre choke en huitièmes. Ajoutez à cela un carton jaune à Declan Rice dès la 2e minute et un nouvel avertissement à Jarell Quansah avant l’heure de jeu et vous avez le cocktail parfait. Grâce à ses superstars Harry Kane et Jude Bellingham, les Three Lions s’en sont sortis au bout de la nuit (française). Le Mexique, lui, a terminé avec les honneurs et peu de regrets puisqu’il n’y avait plus de match du Mondial sur son sol et donc aucun intérêt.
4. France 3-0 Suède
16es. A posteriori, on se dit qu’on a peut-être abusé en comparant cette équipe de France aux Bleus de 1982, au Brésil de 1970 ou aux Pays-Bas de 1974, mais l’ivresse était si bonne. La soirée du mardi 30 juin paraît déjà lointaine, mais la nostalgie nous ramène aux passes magiques de Michael Olise, aux dribbles chaloupés de Bradley Barcola et à la paire Kylian Mbappé-Ousmane Dembélé se trouvant les yeux fermés. On y allait tout droit vers cette troisième étoile, bordel. Même si la bande de Viktor Gyökeres était peut-être tout simplement nulle, après tout.
Dommage qu’il soit parti au lit après ce match.
5. Belgique 3-2 (AP) Sénégal
16es.Pendant ce match, Rudi Garcia a tellement écrit sur son carnet qu’il pourrait sortir un livre. Les premières pages ne seraient pas bien élogieuses à propos de ses Diables rouges, dominés dans les grandes largeurs par le Sénégal au point de se chamailler en mondovision. Pris dans l’embrouille avec Leandro Trossard, Youri Tielemans a finalement décidé d’être le héros du roman de son coach en inscrivant le but arrachant la prolongation et celui offrant la victoire juste avant une fatale séance de tirs au but. Le titre de l’ouvrage ? Le Jour de Youri.
6. Angleterre 1-2 Argentine
Demies. Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Angleterre qui perd les matchs importants. Pourtant, cette fois, elle l’avait bien en main, jusqu’à ce que Thomas Tuchel fasse des choix de froussard en alignant tous les défenseurs du Royaume. Vous connaissez la rengaine de Lionel Messi face aux bus garés outre-Atlantique : un costume d’agent de fourrière enfilé et des caviars servis comme une pervenche distribuerait les amendes. Déviation d’au moins quatre ans pour les Three Lions avant de pouvoir goûter à la deuxième finale de Coupe de monde de leur histoire.
7. Brésil 1-1 Maroc
Gr. C. Avant la compétition, on avait tous fait une petite croix rouge sur le calendrier à côté de cette rencontre, la première entre deux équipes attendues en phase finale. Les Brésiliens, cinq fois champions du monde même si l’armoire à trophées commence à prendre la poussière, et les Marocains, demi-finalistes du dernier Mondial et finalistes/vainqueurs de la CAN 2025, n’ont pas déçu, offrant un spectacle de haut vol. La première période a rapidement fait oublier le Qatar-Suisse (voir beaucoup plus bas) de 21 heures et a permis aux non-initiés de la Ligue des talents de découvrir le joyau Ayyoub Bouaddi.
8. Allemagne 2-1 Côte d’Ivoire
Gr. E. Après sa victoire contre l’équipe de France en amical, la Côte d’Ivoire arrivait au Mondial dans la peau d’un éventuel outsider. Pas forcément à la victoire finale, mais au moins pour enthousiasmer la longue phase de groupes, et elle a pleinement rempli cette deuxième mission. Lors du sommet de la poule E, les Éléphants ont plus que tenu tête aux Allemands, répondant même au pressing asphyxiant des hommes de Julian Nagelsmann par des ressorties de balle osées. Elles n’ont pas suffi à éteindre le feu lancé par Deniz Undav, auteur d’un doublé en fin de match pour rétablir la hiérarchie.
16es. C’est donc le Paraguay qui s’est mué en pompier. Volontaires, les hommes de Gustavo Alfaro le sont indéniablement. Ce qu’ils ont en plus, c’est leur côté pyromane. Contrairement aux Français, les Allemands sont entrés dans le jeu de la provoc et se sont brûlé les ailes, à l’image du crack Jamal Musiala, poussé à envoyer une vilaine balayette au terrible Matías Galarza. Aux tirs au but, roulette russe par excellence, la guerre des nerfs a logiquement tourné en faveur des Sudams et de leur gardien Orlando Gill. Kai Havertz, Nick Woltemade et Jonathan Tah, eux, resteront dans les mémoires comme les principaux fautifs de la première élimination allemande aux tirobs de l’histoire. Pionniers.
10. Brésil 1-2 Norvège
8es. Il y avait des airs de 28 ans plus tarddans ce match, les zombies et la photographie dégueulasse en moins. Pour ce deuxième volet, les Vikings ont encore fait cesser la samba grâce à un doublé de l’inévitable Erling Braut Haaland. Dans le choc des stars, il a volé la vedette à Neymar… avant que le Brésilien n’entre en fin de match pour tirer un péno, le marquer et aller chambrer le gardien. ROOOOOOOOH.
11. France 4-6 Angleterre
Petite finale. Le jubilé de Didier Deschamps a offert un sacré spectacle. Dommage, on attendait les entrées de N’Golo Kanté, Laurent Blanc et Manu Petit.
Gr. F. Comme pour Angleterre-Argentine, on s’est fait chier pendant 45 minutes. Heureusement, c’étaient les premières, donc on préfère ne retenir que le festival de la seconde période.
16es. 20, comme le nombre de minutes dans le temps additionnel. 1, comme le nombre de buts de CR7 en phase finale de Coupe du monde. 4, comme celui de Gonçalo Ramos à ce stade de la compétition. (Z)héros.
Gr. G. En attaquant sans réfléchir et en oubliant de défendre, ces deux équipes nous ont fait vivre un voyage dans le temps, et c’était jouissif.
19. Équateur 2-1 Allemagne
Gr. E. Il ne faudra pas s’étonner si la population équatorienne devient « platiste » après une telle délivrance de Gonzalo Plata.
20. Espagne 3-0 Autriche
Gr. H. Lamine Yamal a décidé de dépoussiérer le jeu de possession espagnol et c’est Konrad Laimer qui en fait toujours des cauchemars.
C’est comme ça qu’on combat le manspreading.
21. Côte d’Ivoire 1-0 Équateur
Gr. E. Dans la ville des 76ers, des Phillies et de Rocky, on n’apprécie sans doute pas un score aussi faible, mais ce match était loin d’être fade comme le Philadephia.
22. États-Unis 4-1 Paraguay
Gr. D.Le temps d’une nuit, les États-Unis sont devenus un vrai pays de soccer.
Gr. L.À ce moment-là, on a cru que les Three Lions avaient les armes pour être champions du monde, 60 ans après la première étoile. Heureusement qu’ils n’ont pas déçu quand ça comptait vraiment. Ouf !
Gr. I. La France a ronronné, mais elle a frappé, trois fois. Menés par un Kyks historique et un étonnant Bradley Barcola, ces Bleus ont évité le faux départ.
16es. La Seleção s’est fait peur, très peur et a confirmé que son plafond de verre était bas, très bas. Quand le sauveur s’appelle Gabriel Martinelli, ce n’est pas bon signe.
16es. 120 minutes, c’est un peu juste pour un go fast, alors ils ont ajouté un bon quart d’heure de tirs au but, mais Yassine Bounou n’avait pas le temps.
Monsieur péno.
34. France 0-2 Espagne
Demies. Huit ans après, les Bleus ont compris ce que les Belges avaient vécu en Russie et ont fait part de leur seum. Sauf que les hommes de Didier Deschamps n’avaient même pas la possession, eux.
35. Mexique 2-0 Afrique du Sud
Gr. A.Ce qu’on retient de la soirée, c’est le débat pour savoir si la chanteuse de la cérémonie d’ouverture était vraiment Shakira. Dai Dai !
36. Haïti 0-1 Écosse
Gr. C. Flower of Scotland, ça fout les poils quand même. Le jeu of Scotland, ça les hérisse.
Gr. A. La Tchéquie avait une bonne gueule de surprise. Après le match, c’était plutôt la Corée du Sud qu’on voyait faire un bon coup en phase à élimination directe. Finalement, tout le monde a fait pschiiiiiit.
43. Argentine 3-0 Algérie
Gr. J. Et si le but de Farès Chaïbi avait été validé ? Foutu complot de la FIFA qui a obligé Luca Zidane à se manger un triplé de Lionel Messi.
44. Espagne 2-1 Belgique
Quarts. Après le succès de Michael, il serait temps de consacrer un biopic au King of gol, Mikel.
Quarts.Le Infantinico a livré son quota de polémiques avec un carton rouge infligé à Breel Embolo. Ceci dit, quand on s’en remet à l’attaquant du sixième de Ligue 1, c’est qu’on ne mérite pas d’aller en demi-finales de Coupe du monde.
Gr. H. Après la déconvenue du premier match (voir 15), la Roja et Yamal se sont remis sur le droit chemin. Pas de chance pour les Saoudiens, Hervé Renard était, entre-temps, passé sur le banc tunisien.
56. Suisse 4-1 Bosnie-Herzégovine
Gr. B.Auteur d’un doublé ce soir-là et de prestations remarquées avant sa blessure, Johan Manzambi a le bon profil du flop du mercato estival.
57. Jordanie 1-3 Argentine
Gr. J. Moussa Al-Tamari et Lionel Messi ne se sont jamais croisés en Ligue 1, donc ils ont fêté leur rencontre par un but chacun, pas de jaloux.
58. Paraguay 0-1 France
8es. Le Mondial est terminé et on se demande toujours si c’était un bon match, marqué par la sacro-sainte intensité et l’apprentissage de la garra sud-américaine, ou une purge à cause des fautes détestables des Paraguayens et de la difficulté française à contourner le bloc bas. On retiendra le sourire mesquin de Mbappé et la lutte acharné de Dembélé pour préserver le point de penalty.
59. Nouvelle-Zélande 1-5 Belgique
Gr. G. Tout le monde le croyait enterré, mais Garcia s’était réservé pour un coup de maître, découpant les Kiwis en rondelle. Appelez le Chef Roudi.
60. Bosnie-Herzégovine 3-1 Qatar
Gr. B. Du combat, une technique approximative et un but contre son camp : tout ce qu’on attend d’un 128e de finale de Coupe de France au bord de la main courante.
61. Brésil 3-0 Haïti
Gr. C. Carlo Ancelotti n’a même pas exaucé le rêve de tous les joueurs haïtiens en faisant jouer Neymar. Victoire trois froide pour être pleinement brésilienne.
62. Ouzbékistan – Colombie
Gr. K.Pendant une heure, on a bien cru que Fabio Cannavaro était un bon coach.
63. Suisse 2-1 Canada
Gr. B. En s’emparant du choc de la poule B, les Suisses ont privé les Canadiens de 16es sur leur sol. L’invité qui ramène son tupperware à un dîner.
64. Équateur 0-0 Curaçao
Gr. E. Quel régal de voir ces 173 points s’afficher sur MPP au réveil.
65. Tunisie 1-3 Pays-Bas
Gr. F. Hervé Renard a pris soin de ne pas tâcher sa chemise blanche avec cet Oranje juice. Mission accomplie, on rentre à la maison !
Gr. K. En RDC, on ne dit pas «yes sir », mais «Wissa».
Le saut des Léopards.
76. Espagne 1-0 (AP) Argentine
Finale. Félicitations à ces deux équipes (et surtout à l’Albiceleste) pour nous avoir offert la pire finale du siècle. Heureusement que l’Argentine avait un peu animé la compétition jusque-là.
Gr. D. L’auteur de ces lignes était au Vélodrome pour voir Toulouse étriller le Racing en demi-finales de Top 14 et n’a évidemment pas lancé de replay, désolé !
80. Panama 0-2 Angleterre
Gr. L. L’auteur de ces lignes était au Stade de France pour voir Toulouse dominer Montpellier et n’a évidemment pas lancé de replay, désolé !
Quarts. C’est LA déception. Le premier vrai test des Bleus n’a pas eu lieu, la faute à des Marocains effrayés et repliés sur eux-mêmes. C’est donc à cause d’eux que la France n’avait aucun rythme contre l’Espagne.
Gr. A. Guadalajara n’avait jamais accueilli le Tri en Coupe du monde et lui a offert un cadeau de bienvenue inoubliable : une bronca d’enfer à la pause.
86. Colombie 0-0 Portugal
Gr. K. La différence entre une grande équipe et un petit Poucet, c’est qu’après un match nul et vierge, on a cru que la Colombie était sympa à voir jouer.
87. Ghana 1-0 Panama
Gr. L.La victoire sur le gong n’a même pas suffi à réveiller tous ceux ayant succombé à ce somnifère.
Gr. D. La programmation à 4 heures du matin n’a pas aidé, mais ces deux pays sont trop souvent cités dans les purges pour que cette place soit un hasard.
Gr. F. Au moment de recenser les votes à l’issue de la compétition, l’auteur de ces lignes été étonné de voir ce match dans le flop 10 de quatre membres de la rédactions. Le peuple a parlé, mais les sauvetages de Mohammed Al-Owais auraient suffi à le placer plus haut. Mais bon, on ne va pas se battre.
16es. Heureusement que le Canada était le pays hôte, sinon il n’aurait rien eu à faire parmi ces 48 équipes.
100. Australie 1-1 (2-4 T.A.B.) Égypte
16es. Comment savoir qu’on a bien choisi un horaire de séance de cinéma ? Quand on sort de la salle pile au moment où le premier tireur lançait la séance de tirobs. Pop corn.
8es. La dramaturgie des tirs au but n’y pourra rien, les 120 minutes précédentes ont été beaucoup trop éprouvantes. Le temps semblait si figé que le festival entre Argentins et Égyptiens (voir 1) s’était presque évaporé de nos esprits durant cette soirée interminable. Car oui, le pire, c’est que ce match n’était pas en pleine nuit, mais à seulement 22 heures.