Au terme d'un match longtemps fait pour les insomniaques, le Japon et la Suède se sont séparés sur un score de parité qui fige les positions au classement (1-1). Les superbes buts de Maeda et Elanga auront secoué le cocotier mais tout le monde repart copain et c'est le plus important.
Japon 1-1 Suède
Buts : Maeda (56e) pour les Samurai Blue // Elanga (62e) pour les Blågult
Un round d’observation et puis la castagne. De longues minutes durant, les spectateurs du AT&T Stadium de Dallas ont dû se demander où était passée l’attaque flamboyante de leurs Dallas Cowboys ou où avait filé le spectacle des premières rencontres de soccer qu’ils avaient pu observées jusqu’ici. Bien gâtés par les délicieux Pays-Bas-Japon, Angleterre-Croatie et Argentine-Autriche que l’enceinte texane avaient reçus depuis le début du Mondial, il a fallu près d’une heure pour voir cet affreux Japon-Suède devenir glamour (1-1). Au final, les deux nations se répartissent les points et font statu quo avec leur positions du coup d’envoi : le Japon termine deuxième du groupe F, les Suédois troisièmes, avec une qualification déjà assurée.
Ça ronronne un peu trop fort
Il faisait bon d’arriver en retard dans le Texas pour cette ultime journée du groupe F. En tout cas si vous veniez dans la région pour observer Japon-Suède. Pendant 45 minutes, ce fut une longue bataille tactique et de possession, brièvement égayée par les timides tentatives d’Alexander Bernhardsson ou de Daizen Maeda. En même temps, en voyant Victor Lindelöf aligné au milieu, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup mieux. Reste que le Japon fait des jolis triangles à la relance et commence doucement à monter en régime. La sortie sur blessure d’Isak Hien dérègle les Suédois et les Samurai Blue en profitent pour accélérer. Keito Nakamura provoque et chauffe bien les gants de Jacob Widell Zetterström (mot compte triple !), Yukinari Sugarawa s’essaye de loin, Ao Tanaka étend sa toile aux quatre coins du terrain et les Blågult tirent de plus en plus la langue. Tellement que Lucas Bergvall, entré en jeu pour Hien et sous la menace d’une suspension, enchaîne les taquets et joue avec le feu. On s’ennuie quand même assez ferme et qu’on accueille la pause à bras ouverts.
Deux éclairs au milieu de la nuit
Ce quart d’heure de repos fait du bien à tout le monde et on voit deux équipes avec plus d’intentions au retour des vestiaires. Les Japonais continuent d’appuyer sur le champignon et Tanaka se montre à nouveau. À force d’essayer, il fallait bien que ça rentre, et de quelle manière. Ayase Ueda, Ritsu Doan et Maeda combinent talonnade, passe en profondeur parfaite et finition clinique et voilà que le tableau d’affichage évolue enfin (1-0, 56e) ! Golazo ! Du coup, tout s’emballe et ça énerve Viktor Gyökeres. Pas assez pour marquer mais sûrement assez pour motiver Anthony Elanga qui envoie une grosse patate à 121km/h du gauche qui surprend Zion Suzuki (1-1, 62e). Le Japon est renversé et prend doucement l’eau. Heureusement, Suzuki retrouve vite ses esprits pour enlever deux buts à Alexander Isak (65e et 90e+3) et priver Elanga du doublé. Voilà que la seconde période semble avoir duré deux fois moins de temps que la première. Le Japon, deuxième, a maintenant rendez-vous avec le Brésil en seizièmes, quand la Suède, troisième et qualifée, pourrait bien être le prochain adversaire des Bleus en cas de première place.