Le Mexique défonce d’inoffensifs équatoriens en réalisant son meilleur match du tournoi (2-0). Retour sur une démonstration qui permet à tout un pays de rêver.
Mexique 2-0 Equateur
Buts : Quiñones (22e) et Jiménez (31e)
La pluie a commencé à s’abattre sur Mexico à 17 heures (1h du matin, heure française) douchant un peu l’euphorie des supporters mexicains venus à l’Azteca. Pas de quoi entamer pour autant leur énorme confiance dans le Tri de Javier Aguirre car s’il y a bien une chose qui ne manque pas au Mexicain moyen, c’est de l’optimisme. Boostés par les trois victoires ( et autant clean-sheets) de leurs joueurs en phase de poule, les fans des Aztèques se sont en effet mis à rêver de soulever leur première coupe du monde. Leur nouveau cri de guerre : « Y si, sí ? » Et si c’était la bonne, en VF. Avant de « Dream Bigger », il fallait néanmoins se farcir l’Equateur, troisième de son groupe, et considéré comme une potentielle bonne surprise du tournoi par beaucoup de spécialistes plus ou moins avisés. Une analyse pas vraiment partagée par les fans des Aztèques pour qui l’autre Tri était une simple formalité, voire un cadeau du ciel. Un complexe de supériorité étonnant pour des gens dont la sélection n’a disputé qu’un seul quart de finale voilà 40 ans. Le Mexique, autocentré sur lui-même en matière de futbol, est persuadé d’être une puissance mondiale et d’avoir des joueurs de premiers plans à toute les lignes. Critiquée, voir sifflée avant le tournoi, la bande à l’illusionniste Aguirre a su retourner toutes les vestes du pays en moins de trois semaines. Ici, désormais, Gil Mora est un ballon d’or en puissance, Julián Andrés Quiñones à de quoi s’assoir à la table de tous les cracks du mondial, et Erik Lira et Luis Romo, ne sont rien d’autres que des génie incompris. Ok…
Après un coup d’envoi retardé d’une heure pour causes de violents orages, un « Si se puede » (le Yes We Can local) envoyé par la sono, une ola effectué lors de l’échauffement des joueurs, un hommage aux victimes du tremblement de terre au Vénézuela, un gros plan sur Infantino (ce monsieur ressemble de plus en plus à Elmer Fudd), et un hymne chanté à plein poumons, les joueurs locaux ont démarré la rencontre avec la même confiance habitant leurs supporters. Asphyxiés par l’enjeu, l’altitude, et le football électrique de Verts survoltés, l’Equateur est finalement sorti du brouillard à la 17ème minute de jeu, avec une frappe sur le poteau de Yeboah. Le dernier signe de vie des sud-américains en première mi-temps. Le Mexique, porté par un Gil Mora galactique, est reparti à l’abordage d’une défense en carton. Quiñones est le premier à avoir profité des largesses offertes par les catastrophiques Pacho, Ordóñez, Franco et Hincapié en envoyant un missile au fond des filets (1-0, 22e). Le natif de Colombie a ensuite servi ce bon vieux Raul Jiménez pour faire doublement chavirer de bonheur l’Azteca (2-0, 31e). Fin de la première mi-temps et premières conclusions : les fans du Tri étaient peut-être plus lucides sur le potentiel de leur équipe qu’on ne le pensait.
A la reprise, les locaux se sont contentés de gérer le résultat comme des bons pères de famille. Dépassés, voir fantomatiques, – à l’image de leur capitaine Moises Caicedo ou de Piero Hincapié, expulsé pour une main devant la bouche -, les équatoriens ont poussé pour la forme, mais sans idées ni réelles convictions. Le coffre-fort aztèque (toujours aucun but encaissé dans ce tournoi), convaincant, voir carrément surprenant par moments affrontera l’Angleterre ou la RDC à l’Azteca le 5 juillet prochain pour enfin briser la malédiction du cinquième match… Y si, sí ?
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