Supérieurs dans le jeu et l’impact physique en première période, les Lions de l’Atlas ont dominé une Écosse revêche et se placent en position idéale avant leur troisième journée contre Haïti. La qualification est presque dans la poche.
Écosse 0-1 Maroc
But : Saibari (2e) pour le Maroc
Ce vendredi 19 juin en fin d’après-midi, il y avait plusieurs raisons d’arriver à l’heure au Gillette Stadium de East Foxborough, et le but de Saibari après 1 minute 16 de jeu fut probablement la moins importante d’entre elles. Sans doute parce que Boston attendait ce duel depuis des jours tout en voulant à la fois le repousser, tant l’ambiance en ville depuis quelques jours était festive, l’avant-match de cet Écosse-Maroc fut une grande liesse populaire, une kermesse d’école, un kif d’y être, dites-le comme vous voulez. Comme si, dans leurs différences, Marocains et Écossais s’étaient retrouvés dans une certaine façon de faire la fête et de vivre une Coupe du monde, qu’importent les enjeux, à savoir une qualification quasi assurée pour quiconque des deux côtés l’emporterait. Après coup, on peut le dire : la pièce est retombée côté marocain, qui remporte son premier succès dans ce Mondial à l’approche d’un dernier adversaire de poules qui semble également être le plus faible de celle-ci, Haïti. En cas de victoire du Brésil un peu plus tard dans la soirée, ce groupe C ressemblerait à une boîte de sardines : serré, serré.
Saibari se marre
Avant ça : alors que les «Scotland’s on fire! » bourdonnaient encore dans les oreilles de Hakimi, soigneusement sifflé à chaque prise de balle, Brahim Díaz a envoyé une merveille de coup de patte dans le dos de Robertson – zone souvent recherchée – pour Saibari, bien échauffé (1-0, 2e). Sur le point de signer au Bayern Munich, l’attaquant du PSV Eindhoven a pesé de tout son corps sur la défense écossaise, souvent débordée sur ses ailes. La première mi-temps a été celle que l’on pouvait attendre d’un match entre un demi-finaliste de la dernière édition, vainqueur de la dernière CAN (enfin, on croit), et une équipe qui, jusqu’au 14 juin dernier, n’y avait pas remporté de match depuis 1990 : un concours de Monster Jam entre un Hummer blindé et une Fiat Punto. Les Lions de l’Atlas ont les occasions (Saibari, 10e, 17e ; El-Khanoussi, 36e), le pressing haut et les épaules plus solides – la première période a parfois ressemblé à un long pogo –, l’Écosse le fil à retordre. Seul McGinn, si remuant contre Haïti, s’est permis de louper un but déjà tout tissé (45e+2). Aux toilettes, à la mi-temps, on a été confronté à un alignement de culs nuls : les Écossais sont visiblement obligés de lever leurs kilts à la pissotière.
Tartan gueule à la récré
Puisqu’il était question de se dénuder, il semble que le second acte a été un lent exercice d’effeuillage, le rythme augmentant avec les minutes. Le Maroc semblait craindre à raison une égalisation qui paraissait de plus en plus à la portée des brebis écossaises, menace suffisante pour ne pas se dévoiler outre mesure. El-Khanoussi a été le chien de berger le plus remuant, tantôt galopant sur son aile droite – ce centre pour Saibari qui frappe sur la barre à la 50e… -, tantôt lui-même à l’origine du danger, de la tête sur corner par exemple (52e). Puis, la mécanique s’est inversée comme on retourne un sablier, et le match est devenu l’une de ces rencontres sans calcul ni contrôle si plaisantes à regarder, les sommations arrivant par paquets. Christie, d’abord, sur une frappe au-dessus des cages (63e), McTominay ensuite, qui n’a pas obtenu son penalty (81e), McGinn enfin, à deux doigts de fracasser les filets de Bono sur le reculoir (86e). Sur le dernier corner de la rencontre, au bout du temps additionnel, le stade s’est levé, de même, une fois qu’il fut mal botté, que les bras de Hakimi : le Maroc s’en sort avec la sueur au front, comme les grandes équipes savent parfois le faire.