Il a fallu un énorme Jude Bellingham, un match totalement débridé et une bonne dose de bonheur pour voir l'Angleterre se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Le Mexique, lui, reste à quai avant les quarts de finale (2-3), comme à chaque Mondial depuis 1986.
Mexique 2-3 Angleterre
Buts : Quiñones (42e) et Jiménez (69e, S.P.) pour El Tri // Bellingham (36e et 38e) et Kane (60e, S.P.) pour les Three Lions.
Expulsion : Quansah (54e) côté anglais
Quand un match est génial, il peut tenir en haleine toute la nuit. Cet été américain, le fan de foot cerne un peu mieux la passion nyctalope qui envahit les nuits blanches des fans de basket. La passion n’a pas d’horaires, ce magnifique Mexique-Angleterre l’a montré (2-3). Il fait déjà jour, les oiseaux chantent derrière les commentateurs, les volets laissent passer l’air, et on en redemande.
Azteca, merveilleux
Le match a démarré une heure plus tard. Puisqu’il est impossible de devenir docteur ès orages mexicains en une heure, il a fallu ressortir les stratagèmes des enfants du 24 décembre, qui restent debout pour voir le père Noël sur le palier. Le brossage de dents ? Fait. Le gros verre d’eau ? Bu. La tête à travers la fenêtre ? Passée. Le scrolling incessant ? Arrêté tôt, au moment où les 52 artistes du soir entraient sur la pelouse du meilleur stade du Mondial. Le temps de regretter que cette Coupe du monde ne soit pas entièrement mexicaine et Declan Rice écopait d’un jaune (2e), signe que la soirée allait être délicate pour l’homme en noir. La parade de Jordan Pickford, probablement insomniaque lui aussi, sur la tête de Raúl Jiménez (15e) fait basculer l’Angleterre du bon côté, celui du contrôle, de la maîtrise des « Olé» d’un stade Azteca qui avait l’air survolté.
Le Mexique n’avait pas encaissé de but depuis le début de l’été, il en a encaissé deux en moins de deux minutes. Deux œuvres de Jude Bellingham, un mec au boulard aussi grand que son talent : un but de renard sur un service de Bukayo Saka (0-1, 36e), et une conclusion parfaite d’une beauté collective (0-2, 38e). Le reste est inattendu : Julian Quiñones a joliment réveillé les siens (1-2, 43e) et après un siège mexicain, la mi-temps fit du bien aux British.
Ce match sent le KO, et ni le poteau de Nico O’Reilly (49e) ni le carton rouge paraguayesque de Jarell Quansah (54e) n’en changent l’odeur. L’Angleterre doit jouer 40 minutes à dix. Elle se rebique malgré tout, Harry Kane transformant vite un pénalty (1-3, 60e). Cette même sentence, transformée par Jiménez de l’autre côté (2-3, 69e) avant les multiples centres, cinquante en tout, des Mexicains, donnent un caractère inéluctable à leur tristesse, jusqu’à ce que John Stones himself ne passe qu’à quelques centimètres de marquer contre son camp (90e +11). Comme chaque année de Coupe du monde depuis 1986, le Mexique ne verra pas les quarts de finale. Miraculée mais de plus en plus sûre de ses forces, l’Angleterre rejoint la Norvège. Il faudra dormir, d’ici samedi.