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L’Espagne éjecte la Belgique du Mondial et rejoint les Bleus en demies

Par Julien Faure
5' 5 minutes
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L’Espagne éjecte la Belgique du Mondial et rejoint les Bleus en demies

Même largement dominatrice, l’Espagne a eu toutes les peines du monde à venir à bout de la Belgique (2-1). Il a fallu une boulette de l’entrant Senne Lammens dans les buts, et le bout du pied d’un autre, Mikel Merino, pour faire la différence. La Roja est en demi-finales, le choc face à la France aura bien lieu.

  Espagne 2-1 Belgique

Buts : Ruiz (30e) et Merino (88e) pour la Roja // De Ketelaere (41e) pour les Diables rouges

Avoir de la chance ne tient qu’à un fil. Au SoFi Stadium de Los Angeles, chacun à leur façon, Espagnols et Belges ont eu droit à leur propre démonstration. En voyant leur capitaine Youri Tielemans abandonner la bataille avant même le coup d’envoi, puis en constatant avec dépit que Thibaut Courtois ne pourrait pas continuer l’aventure au plus fort de la domination espagnole, la Belgique de Rudi Garcia, déjà privée d’Amadou Onana dans l’entrejeu, a fini par constater que la grande histoire du foot ne pencherait pas de son côté.

Emportés par une Roja maîtresse de son destin et des événements, les Diables rouges quittent les États-Unis pleins de regrets, quand Lukaku, De Bruyne, Witsel ou Courtois ont probablement dit adieu à la sélection. Pour l’Espagne, voir le meilleur élément adverse quitter le terrain a eu quelque chose de miraculeux. C’est ici que le match a basculé. Jusqu’alors dernier rempart des Belges, le gardien du Real Madrid a dû laisser place à son homologue de Manchester United, Senne Lammens, au prisme duquel on pourra constater à quel point les meilleurs joueurs du monde n’évoluent plus chez les diables rouges, quels qu’ils soient.

Du bout du pied, c’est encore Mikel Merino, Zorro d’exception de cette sélection espagnole, qui est venu faire respecter la logique et offrir la victoire à la Roja (2-1). L’Espagne a désormais rendez-vous avec les Bleus, dans un choc que toute la planète foot appelle de ses vœux. Méfiance, celle-ci ne va jamais dans le dernier carré pour rester les bras croisés.

À force de tourner autour du pot…

Au coup d’envoi, les Belges sont donc privés de leur capitaine et on se dit que c’est la porte ouverte à un joli baile español. On est assez proche de la vérité. L’Espagne fait danser son adversaire, enchaîne les combinaisons, parfois sublimes, et pose d’entrée sa patte sur la rencontre. Pendant que Luis de la Fuente regarde sa partition se dérouler, Rudi Garcia prend des notes, encore.

Il est midi en Californie, mais les Ibères sont bien réveillés. D’autant que Jérémy Doku a la bonne idée de les secouer de temps à autre, comme un petit frère qui veut absolument vous tirer du lit. Le problème, c’est que le Cityzen est bien seul, quand en face, Yamal, Olmo, Baena combinent en cherchant Oyazarbal. Pourtant, alors qu’on arrive déjà à la pause fraîcheur, le manque de réalisme, et la peur de frapper trop tôt frustrent encore la Roja.

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Ni une ni deux, mais plutôt après un joli une-deux avec Yamal, Porro finit par trouver Olmo dans la surface. Mis en échec par Courtois, le Barcelonais a toutefois le bonheur de voir l’invité surprise de la soirée, Fabián Ruiz, surgir pour pousser le cuir au fond des filets (1-0, 30e). Cette ouverture du score a le don d’électriser Lamine Yamal, qui même sans être décisif, concentre l’attention de tous et bute encore sur Courtois après un coup franc.

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La Belgique ne voit pas trop le jour et pourtant elle sort la tête de l’eau. Grâce à celle de Charles De Ketelaere plus exactement. Castagne envoie une galette dans la surface et l’attaquant de l’Atalanta montre à Pau Cubarsí qu’il a encore à apprendre (1-1, 41e). L’Espagne est sonnée, à tel point qu’Olmo et Oyarzabal se rentrent dedans plein fer. Heureusement pour eux, la fin du premier round arrive au bon moment.

Un Merino qui surgit hors de la nuit

Dès la reprise, on repart sur les mêmes bases, avec un Courtois titanesque, même si De Cuyper n’est pas loin de mettre la Belgique sur la route du hold-up. Si la réal nous montre encore quelques stars bodybuildées de foot US en tribunes, c’est pour mieux bifurquer sur la musculature impressionnante de Witsel et Lukaku malgré leur grand âge. Du muscle et de la bouteille pour faire la différence, Rudi Garcia tente le coup.

Bien malgré lui, son épée finira dans l’eau, puisqu’après de nouvelles parades face à Yamal ou Oyarzabal, son bouclier Courtois doit quitter la pelouse en pleurs. On ne le sait pas encore, mais c’est le tournant du match. L’Espagne continue pourtant son tiki taka, ne règle pas ses problèmes de finition et se fait même peur sur quelques contres attaques belges. Sauf qu’au moment où Garcia perd son atout, De la Fuente sort son joker. Pas Nico Williams, histoire de ressortir la doublette qui a effrayé l’Euro 2024 avec Yamal, mais plutôt Mikel Merino. Déjà décisif face au Portugal.

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Le Monsieur fin de match de la Roja prouve que son costume n’est pas usurpé : deux minutes après son entrée en jeu, le Basque pousse un ballon mal contrôlé par Senne Lammens et offre la qualif aux Espagnols (2-1, 88e). On ne sait toujours pas ce que Rudi Garcia gratte sur son cahier de notes, mais on est au moins certain qu’il y a mis un point final. Peut-être écrivait-il que dans toute son histoire (Coupe du monde et Euro), l’Espagne n’a perdu qu’une seule demi-finale. La France est prévenue.


Espagne (4-2-3-1) : Simon – Porro, Cubarsí, Laporte, Cucurella – Rodri, Ruiz (Pedri, 55e) – Yamal, Olmo (Merino, 86e), Baena (Ferran, 55e) – Oyarzabal (Williams, 79e). Entraîneur : Luis de la Fuente.

Belgique (4-2-3-1) : Courtois (Lammens, 71e) – Castagne, Ngoy, Mechele, De Cuyper (Seys, 60e) – Vanaken (Lukaku, 60e), Raskin – Trossard (Witsel, 60e), De Bruyne (Saelemaekers, 86e), Doku – De Ketelaere. Entraîneur : Rudi Garcia.

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