Au terme d'un huitième de finale parfois inconstant, la Norvège d'Erling Haaland, double buteur, fait tomber le Brésil et se qualifie en quarts de finale du Mondial (1-2). Mis en échec par un gardien en état de grâce, les Brésiliens, qui ont loupé un penalty avant d'en inscrire un en toute fin de match, sortent la tête basse.
Brésil 1-2 Norvège
Buts : Neymar, (90e+9, SP) pour les Auriverde // Haaland (79e et 90e) pour les Lions Nordiques
Il y a des scènes qui ne trompent pas. Quand à l’orée du temps additionnel, Erling Haaland double la mise et assure quasiment la qualification à la Norvège pour les quarts, c’est à peine s’il moufte. Quand Neymar inscrit un péno à la 100e minute de jeu alors que son équipe est encore menée, il pense à chambrer le gardien adverse. Une façon de prendre le match par son ultime bout, qui montre que seule la Norvège l’a pris par le bon. Après 90 minutes parfois haletantes, parfois décevantes, c’est finalement la Norvège, portée par le monstrueux Haaland (7 buts déjà) qui verra les quarts de finale, quand le Brésil rentre méchamment dans le rang (1-2).
Arrête moi si tu peux
28 ans plus tard, Brésiliens et Norvégiens croisent à nouveau le fer en Coupe du monde. Cette fois, il n’est pas question de Vélodrome et de Marseille. Il n’est pas question non plus de joga bonito et de tenants du titre auriverdes, ni de Vikings sans prétention ni ambition. Au MetLife Stadium, quasiment 30 ans ont passé et ça se voit. Déjà parce que les deux équipes entrent sur la pelouse avec le même sentiment de pouvoir gagner. Parce que Haaland est plus effrayant que n’importe quel numéro 9 brésilien et parce que Vinicius semble être le seul de son équipe capable d’enchaîner trois dribbles. En bref, on est incapable de donner un favori à cette affiche et pour un huitième de finale de Coupe du monde, c’est encore plus fascinant.
Comme tout a changé, Alexander Sørloth veut se la jouer Jostein Flo en début de rencontre. Aimant à ballons, il emmerde comme il faut la défense brésilienne dans les premières minutes. À tel point qu’il pense offrir l’ouverture du score à Patrick Berg dès la troisième minute sur le pré. À un hors-jeu près, c’était bon… Le début de match est animé puisqu’Ajer fauche grossièrement Cunha dans la surface. Comme les arbitres n’osent plus siffler durant ce Mondial, il faut un petit coup de VAR pour signaler l’évidence et Bruno Guimarães peut s’élancer. C’est mal tiré, en bas à droite, après une course bidon, du pain béni pour Ørjan Nyland. Nous voilà bien lancé dans un duel haletant, où Allison et Nyland vont avoir le rôle principal pendant 45 minutes. Pour le moment, les retrouvailles entre Gabriel et Haaland passent au second plan.
Si Rayan manque le cadre autant qu’il manque son tournoi, la pause fraîcheur est le dernier instant de répit avant le festival des portiers. Nyland d’abord, en enlevant le ballon devant Guimarães, Allison ensuite, devant Haaland, alors qu’Ødegaard vient de chatouiller son petit filet. Ça va un peu dans tous les sens et le meneur d’Arsenal est à deux doigts d’offrir un but à Vinicius sur une vilaine perte de balle. Nyland sort encore les gants, quand dans le camp d’en face Haaland, s’il ne touche pas le ballon, sourit quand il fout enfin en l’air Gabriel et Marquinhos. Le mano à mano ne s’arrête pas, Ødegaard et Martinelli agitent le temps additionnel et c’est la pause dans le New Jersey
Cyborg mon amorg
Il doit y faire bon et y avoir de doux oreillers dans ces vestiaires : tout le monde revient endormi. Le pétard mouillé de Berg passe très loin du but et il faut attendre l’entrée d’Endrick pour se réveiller. Deux minutes plus tard, on se rappelle pourquoi il est encore remplaçant malgré son statut de crack. Lancé d’un délicieux extérieur de Vinicius, il foire complètement son contrôle avant de manquer le cadre. Ça commence à faire beaucoup pour le Brésil, toujours pas à l’abri. Surtout que Lyland continue son festival, devant Rayan, puis devant Guimarães, même hors-jeu.
Au bout d’un moment, le jeu penche forcément du côté norvégien, où la maîtrise de la transition tranche avec le ronron de la possession dans le camp d’en face. Par deux fois, il faut des centres trop fuyants ou déviants pour que le cyborg Haaland ne plante. Pas trois. Sur un bonbon de Schjelderup, Haaland grignote Gabriel au duel aérien pour ouvrir le score et mettre le Brésil à terre (0-1, 79e).
Les carottes sont à moitié cuites, mais une boulette d’Ajer, à deux doigts d’un extraordinaire CSC, rattrapé sur son poteau par… Nyland, rappelle que rien n’est fait. D’autant plus que Neymar est rentré et que Casemiro est à deux doigts de le trouver au deuxième poteau. Mais le Brésil comme Neymar ne sont finalement que des pétards mouillés, alors quand personne n’attaque Haaland aux 20 mètres, il met un terme à tout suspense et dégaine son sourire de gros méchant (0-2, 90e). S’il met bien un but sur péno (1-2, 90e+9), le Ney se ridiculise surtout par son énervement, quand on peut voir un Carlo Ancelotti prostré sur son banc. Le Brésil rentre à la maison, alors que la Norvège n’a encore jamais perdu contre les Auriverdes. Rien n’a changé, tout a changé.
Elles étaient ensemble à La Belle Équipe, l'un des bars pris pour cible par les terroristes le 13 novembre 2015. Elles ont survécu. Sept ans plus tard, entre peur, culpabilité et solidarité, elles racontent comment elles se sont reconstruites.