Sans être étincelante et même tancée en seconde période, l'Argentine a attendu une frappe géniale de Julián Alvarez pour se défaire de la Suisse en prolongations (3-1) et retrouver le dernier carré du Mondial. Lionel Messi et les siens y croiseront l'Angleterre pour actualiser une des plus grosses rivalités de l'histoire du football.
Argentine 3-1 Suisse
Buts : Mac Allister (10e), Alvarez (112e) et Martínez (120e +1) pour l’Albiceleste // Ndoye (67e) pour la Nati.
Expulsion : Embolo (72e) côté Suisse.
Il y a eu 1966, quand feu Antonio Rattín avait insulté un arbitre, une Reine, tout un pays et un peu plus. Il y a eu 1986, quand feu Diego filait devant trois Peter et deux Terry. Il y a eu 1998, quand David Beckham avait bastonné Diego Simeone à Geoffroy-Guichard. Il y a eu 2002, quand Beckham s’était vengé à Sapporo. Il y aura 2026. Après la pénible victoire de la bande de Lionel Messi contre la Suisse au bout de la nuit (3-1), le monde du football tient un nouveau chapitre de la grande histoire de l’Angleterre et l’Argentine. Les Helvètes sortent frustrés de ces 120 minutes. En huit matchs, ils n’ont toujours pas battu l’Albiceleste. Ils n’avaient jamais été aussi proches.
Avec le cœur, sans les pieds
Le ton de la rencontre a été donné dès l’avant-match, dans l’interminable tunnel du stade de Kansas City. « Con el corazón, la concha de tu madre », a beuglé un porteur de bidon de Lionel Messi. La traduction n’est pas nécessaire. Elle raconte simplement ceci : les Argentins n’en ont rien à foutre de la manière.
Alexis Mac Allister, sur un corner frappé par Lionel Messi, permet néanmoins à l’Albiceleste de réveiller ce centième match de la Coupe du monde 2026 (1-0, 10e). Quelques statistiques racontent davantage que sa difficile journée : la Pulga devient le meilleur passeur de l’histoire du Mondial et le premier joueur à disputer quinze matchs à élimination directe dans la compète. À l’image de la frappe de frappe de Granit Xhaka dans les nuages (7e) ou de celle de Djibril Sow tranquillement captée par Emiliano Martínez (20e), la Suisse n’inquiète pas en première période. Cela n’empêche pas Lionel Scaloni de suer des aisselles.
Le milagro s’appelle Embolo
Trop tranquille et aussi reloue qu’une mouche coincée trois heures dans un appartement, l’Argentine se fait chasser en seconde période. Nahuel Molina bourdonne (59e), Nicolás Tagliafico insupporte et Emiliano Martínez est obligé d’éviter la tapette, d’abord sur Dan Ndoye (65e) puis sur Granit Xhaka (66e). Le portier ne peut rien faire sur la frappe croisée de Ndoye (1-1, 67e). La Suisse revient, et c’est mérité.
Avec moins de mérite, si ce n’est la technologie, l’Argentine dispute la dernière demi-heure à onze contre dix. Breel Embolo récupère un deuxième carton jaune après une simulation maladroite. Sa sortie, en pleurs, fait de la peine… Que serait devenu ce quart de finale sans ce carton rouge ? L’Argentine a en tous cas bien besoin de ça pour se réveiller : jusqu’au ciseau de Lisandro Martínez (90e + 8), elle tente mollement d’éviter les prolongations. Mais cet été, elle ne sait pas gagner tranquillement. Après une frappe de Thiago Almada (95e), Messi et les siens assiègent la Suisse jusqu’au magnifique but de Julián Alvarez (2-1, 112e). Un miracle. D’un ultime contre, Lautaro Martínez termine le tout (3-1, 120e +1), non sans douleur.
Après avoir galéré contre le Cap-Vert et l’Égypte, l’Argentine s’en sort donc sans briller contre la Suisse. Peu importe : les fantômes de Diego Maradona et les souvenirs de Diego Simeone en 1998 laissent plus de traces que ce quart de finale. Mercredi, deux ex se retrouvent. C’est toujours beau.
Elles étaient ensemble à La Belle Équipe, l'un des bars pris pour cible par les terroristes le 13 novembre 2015. Elles ont survécu. Sept ans plus tard, entre peur, culpabilité et solidarité, elles racontent comment elles se sont reconstruites.