Menée deux buts à rien à un quart d’heure de la fin, l’Argentine s’en est encore une fois remise à son génie bénéfique Lionel Messi pour revenir d’entre les morts et éteindre la révolte égyptienne. Les champions du monde en titre ont vu le précipice de très près, ils sont encore en course pour un back to back. Et c’est bien leur baraka plus que leur niveau de jeu qui permet d’y croire.
Argentine 3-2 Égypte
Buts : Romero (79e) et Messi (84e), Fernández (90e+3) pour l’Albiceleste // Ibrahim (15e) et Zico (66e) pour les Pharaons
Évidemment, on connaissait le personnage. On n’est pas né de la dernière pluie et après six phases finales de Coupe du monde, on pensait déjà tout connaître de Lionel Messi. Si bien que ce mardi, on a bien cru qu’Atlanta serait le terminus d’une carrière exceptionnelle. La faute à des Égyptiens dotés d’un gardien en feu et capables de contres tranchants, mais surtout à une Argentine paraissant à bout de souffle et blafarde comme rarement. Celui qu’on appelle le GOAT s’était même permis de gâcher un péno, alors que le contenu proposé dans ce huitième de finale était du même acabit que celui entrevu vendredi pour venir péniblement à bout du Cap-Vert au tour précédent. Mais c’est à croire que la Pulga se nourrit des doutes, tant il s’est montré vorace au moment de renverser une situation désespérée. Une activité retrouvée, une passe décisive et un but : aux Pharaons les plaies, à l’Argentine la guérison.
En attendant Zico
Pourtant, c’est d’abord l’impression de passer à côté de son sujet qui a prédominé. Au moins autant qu’Enzo Fernández qui dévisse à 1,50 mètre de la ligne sur une offrande de Rodrigo De Paul. Au moins autant que la réalisation qui, en amont d’un corner indirect, s’attarde sur le Matador Mario Kempes quand Marwan Attia adresse un délice de centre vers Yasser Ibrahim, bouffant Lisandro Martinez de la tête pour mettre l’Égypte en pole (0-1, 15e). Au moins autant que Lionel Messi, envoyé au point de 11 mètres après le déblayage du Franco-Égyptien Haissem Hassan sur Nicolas Tagliafico dans la surface, qui manque son deuxième penalty du Mondial et lance le show de Mostapha Shoubir. Le fils d’Ahmed, lui-même gardien des Pharaons lors du Mondial 1990, a montré pourquoi il était le meilleur des quatre portiers de la liste. Sa parade réflexe sur la tête d’Alexis Mac Allister, sa manière de laisser filer le coup franc direct de Messi sur le poteau et ainsi éviter un corner, ou encore son arrêt incroyable face à Julián Álvarez, reprenant trop mollement la belle remise de Tagliafico, sont tous de supers arguments.
L’Albiceleste a été menée à la mi-temps à trois reprises au XXIe siècle, elle n’a jamais su renverser la situation. Un passif qui semble parti pour se prolonger, les champions du monde commencent à se crisper, jouant chaque séquence offensive sur le même rythme. Du petit-lait pour l’Égypte qui se décide à avaler les espaces. À l’heure de jeu, l’ancien espoir de Châteauroux Haissem Hassan se lance dans un déboulé de légende, avec un petit pont en supplément, relayé par Mohamed Salah qui place Mostafa Zico sur orbite. L’Argentine a un genou au sol, mais elle est retenue par la VAR qui fait remarquer une faute d’Attia au tout début de l’action. Qu’à cela ne tienne, on remet ça huit minutes plus tard avec le même trio : Salah pour remonter le ballon, Hassan pour mystifier toute l’arrière-garde sud-américaine et Zico pour planter le dernier clou (0-2, 66e).
Les hommes de Scaloni semblent condamnés à finir dans ce trou, mais les Égyptiens ont oublié qu’il ne fallait pas regarder la Pulga dans les yeux, sous peine de déclencher son courroux. L’octuple Ballon d’or sort de sa torpeur pour poser un centre sur la tête de Cristian Romero (1-2, 79e), mettre le feu dans la surface pour servir Lautaro Martinez, mais surtout remettre les pendules à l’heure d’un coup de patte insensé (2-2, 84e).
Mac Allister a la balle pour éteindre le stade, Marmoush l’avait aussi de l’autre côté sans l’intervention parfaite de Leandro Paredes. C’est Enzo Fernández qui aura le privilège de clôturer la marque dans le temps additionnel, de la tête et charrette dans le dos (3-2, 90e+3). Les Pharaons auront beau monter en température, ils viennent de se faire refroidir par une équipe qui, à défaut d’emballer par son jeu, semble protégée par sa bonne étoile. Son nom ? Lionel Messi évidemment.
Argentine (4-1-3-2 ) : E. Martínez – Molina, Romero (Otamendi, 90e+5), Li. Martínez, Tagliafico (Gonzalez, 66e) – Paredes – De Paul (La. Martínez, 66e), Fernández, Mac Allister – Álvarez (Medina, 90e+5), Messi. Sélectionneur : Lionel Scaloni.
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