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L’Équateur tord l’Allemagne et s’agrippe aux seizièmes

Par Mathieu Rollinger
4' 4 minutes
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L’Équateur tord l’Allemagne et s’agrippe aux seizièmes

Portés par un public largement acquis à leur cause, les Équatoriens ont rattrapé leur horrible début de tournoi en s’offrant une victoire de prestige contre une Allemagne déjà première, déjà qualifiée mais sérieusement secouée. La Tri est assurée de faire partie des meilleurs troisièmes et valide donc sa place en seizièmes de finale.

  Équateur 2-1 Allemagne

Buts : Angulo (9e), Plata (78e) pour la Tri // Sané (2e) pour la Mannschaft

L’Allemagne aurait pu déjà avoir la tête aux seizièmes de finale. Elle aurait pu savourer en toute sérénité cette chance d’être sortie pour la première fois depuis 2014 de la phase de groupes. Pourtant, Julian Nagelsmann a choisi d’aligner sa supposée meilleure équipe sur le terrain face à des Équatoriens en quête de rédemption. Le Nationalelf a finalement trouvé au bout de la soirée une première et logique défaite après onze victoires consécutives. L’Équateur n’en demandait pas tant, mais il est allé chercher sa qualif’ avec courage et panache. Et qu’importe si c’est en tant que meilleurs troisièmes qu’ils se lanceront dans la phase finale : les hommes de Sebastián Andrés Beccacece reviennent de si loin.

Quito ou double

Vaincu par la Côte d’Ivoire (0-1), incroyablement tenu en échec par Curaçao (0-0), l’Équateur n’avait pas le choix : il fallait gagner ou rentrer à la maison. Ça tombait bien, le MetLife de New York était tout de jaune vêtu, prenant de sérieux airs de Quito, l’altitude en moins. De surcroît quand l’Allemagne, déjà qualifiée, s’attache à faire redescendre tout ce petit monde d’un coup de patte de Leroy Sané, servi plus vite que son ombre par Florian Wirtz (0-1, 2e). Sauf que le coup de patte que tout le monde retiendra de cette action, c’est celui fait au préalable par Aleksandar Pavlović, griffant la trogne de Pedro Vite. Madame Tori Penso a pris la peine de s’enquérir de la santé du Sud-Américain mais pas de consulter la vidéo : but accordé, Beccacece énervé.

Les coéquipiers de Willian Pacho avaient de quoi être décontenancés, et ils l’ont bien été quelques minutes, mais après une chute, il n’y a pas de meilleure thérapie que de se remettre tout de suite en selle. Chose faite sur un contre-pressing par Nilson Angulo. En bon fan de Neymar, l’attaquant de Sunderland ajoute à sa teinture blonde une frappe clinique à son cosplay pour remettre les siens sur le bon chemin (1-1, 9e). Le bras de fer pouvait reprendre, les montées de Piero Hincapié répondant aux percées de Wirtz dans un mouvement rappelant celui des portes battantes d’un saloon.

La Terre est Plata

On ne se sait pas ce que les entames leur ont fait, mais les Équatoriens ont vraiment un problème avec ça. La preuve avec ce penalty sifflé contre eux dès la reprise, pour un accrochage sur Kai Havertz dans la surface. Cette fois, la VAR a fait son boulot, rappelant à l’arbitre centrale une première faute de Sané sur le pauvre Pedro Vite. Ça se réglera à la loyale ou ça ne se réglera pas. Les occasions peuvent se compter sur les doigts de la main, notamment à cause des multiples erreurs techniques des Allemands, mais la volée instinctive d’Enner Valencia ou le centre trompeur de Wirtz ont permis aux gardiens Manuel Neuer et Hernan Galindez de s’étirer.

Les regrets, ils auraient pu être pour Gonzalo Plata qui, au retour de pause fraîcheur, n’a pas pu redresser convenablement le centre de Moises Caicedo, profitant d’une mésentente entre Neuer et Jonathan Tah. L’attaquant de Flamengo n’aura pas à cauchemarder trop longtemps puisque dans la continuité, c’est lui qui a enfoncé le clou, tendant la jambe devant Neuer pour prolonger le corner dévié au premier poteau par Kevin Rodríguez et les espoirs équatoriens par la même occasion (2-1, 78e). Ça ne change rien pour la Mannschaft, mais si l’orgueil l’a poussée à réagir, ni son niveau du soir, si leur buteur en série Deniz Undav, ni la nouvelle perméabilité des Équatoriens n’ont permis d’inverser la tendance. Et Willian Pacho peut toujours croire en un Ballon d’or.


  Équateur (4-4-2) : Galindez – Franco (Preciado, 64e), Ordoñez, Pacho, Hincapié (Estupinan, 71e) – Yeboah (Torres, 85e), Vite, M. Caicedo, Angulo (J. Caicedo, 85e) – Plata, Valencia (Rodríguez, 64e). Sélectionneur : Sebastián Andrés Beccacece.

  Allemagne (4-2-3-1) : Neuer – Kimmich (Thiaw, 60e), Tah, Rüdiger, Raum – Nmecha (Beier, 64e), Pavlović (Stiller, 46e) – Sané, Musiala, Wirtz (Gross, 73e) – Havertz (Undav, 60e). Sélectionneur : Julian Nagelsmann.

Pacho titulaire avec l’Équateur, du lourd pour l’Allemagne

Par Mathieu Rollinger

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