S’abonner au mag
  • Mondial 2026
  • Finale
  • Espagne-Argentine (1-0, A.P.)

Pau Cubarsí, l’exemple à suivre

Par Hugo Geraldo
5' 5 minutes
44 Réactions
Pau Cubarsí, l’exemple à suivre

À seulement 19 ans, Pau Cubarsí a rappelé qu’une finale de Coupe du monde ne se gagne pas uniquement grâce aux attaquants. Patron de la défense espagnole tout au long du tournoi, le Catalan a livré une prestation parfaite face à l’Argentine, au point de s’imposer comme le symbole d’une nouvelle génération de défenseurs et une référence mondiale à son poste.

« Papa, un jour je deviendrai un grand défenseur. »  Une phrase qu’on entend rarement au bord des terrains. Après la démonstration de Pau Cubarsí en finale de la Coupe du monde face à l’Argentine (et son tournoi tout court), elle pourrait bien devenir un peu plus fréquente. Une finale, c’est le théâtre des attaquants, le moment d’inscrire le but décisif qui restera dans les mémoires durant des décennies. Un défenseur de seulement 19 ans peut aussi marquer les esprits. Celui qui confiait réaliser un rêve en disputant cette finale face à son idole, Lionel Messi, a gardé les pieds sur terre en faisant preuve d’une maturité déconcertante. Impeccable dans les duels, serein dans ses relances (96 % de passes réussies) et omniprésent dans le jeu avec ballon (139 touchés), le Catalan a littéralement court-circuité l’animation offensive argentine (s’il y en avait vraiment une), qui n’a pas eu la moindre occasion de frapper au but avant… la 117e minute. L’Espagne a ainsi bouclé son Mondial avec un but encaissé et sept clean sheets en huit rencontres, un bilan auquel Cubarsí a largement contribué.

Embed x.com

Cette finale n’a été que la confirmation de son exceptionnelle Coupe du monde. Titulaire lors de chaque rencontre, Cubarsí a disputé l’intégralité de la compétition, enchaînant les performances de très haut niveau. Le Catalan a terminé le Mondial avec 668 passes réussies, seul Rodri a fait mieux lors de cette édition (747). Des chiffres qui illustrent une évidence : Cubarsí n’a pas seulement défendu, il a dicté le jeu. Une influence rare, qui lui permet d’être le premier défenseur à recevoir le trophée de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde.

Un héritier, lui aussi

Rien, dans le parcours de Cubarsí, ne semble relever du hasard. Si aujourd’hui tout paraît si simple pour le Blaugrana, c’est peut-être qu’il a été, comme Lamine Yamal, photographié aux côtés de Lionel Messi quand il était plus jeune. Un signe du destin ? Une simple photo parmi tant d’autres à l’époque, mais qui, avec le recul, prend une dimension presque symbolique. Sans parler de prophétie, beaucoup y voient aujourd’hui une forme de passage de témoin entre celui qui a incarné le Barça pendant près de deux décennies et deux des plus grands espoirs issus de La Masia.

Balle au pied, il faisait ce qu’il voulait et éliminait les défenseurs un par un.

Gibert Jordana, ex-coéquipier à Gérone

Avant d’en arriver là, le fils de Robert, menuisier, et de Gloria a d’abord pris goût au football à Estanyol, un hameau catalan de moins de 200 habitants où il n’y a ni école, ni terrain de football. C’est dans le village voisin de Vilablareix qu’il fait ses premières gammes, avant d’être rapidement repéré par Gérone puis de rejoindre La Masia à seulement 11 ans. Très vite, une évidence s’impose : il joue plus vite que les autres. Surtout, il réfléchit plus vite. « Ce qu’il fait aujourd’hui, il le faisait déjà à l’époque. C’était juste incroyable. Balle au pied, il faisait ce qu’il voulait et éliminait les défenseurs un par un », expliquait Gibert Jordana, son coéquipier à Gérone, sur le site de la FIFA. Discret, comme son poste, il est du genre force tranquille se transformant sur un rectangle vert : «  C’était vraiment une crème. En dehors du terrain, il passait complètement inaperçu, mais dès qu’on jouait au foot, il redevenait une machine. »

Cette fleur de Pau

À observer sa précocité, son intelligence de jeu et son influence dans une équipe championne du monde, difficile de ne pas voir en Pau Cubarsí la future référence au poste de défenseur central. « Pour moi, Cubarsí est au même niveau que Lamine Yamal… mais en tant que défenseur », assurait Hansi Flick au sujet de son protégé. Le Catalan est doté de multiples cordes à son arc, qui lui ont permis de disputer déjà 128 matchs sous la tunique du FC Barcelone. Comme Achraf Hakimi, Nuno Mendes ou encore Trent Alexander-Arnold ont redéfini le rôle du latéral « new generation », il est le porte-drapeau des défenseurs centraux modernes.

Du haut de ses six pieds (1,83 mètre), il ne s’appuie pas seulement sur son physique ou sa vitesse, mais sur son intelligence de jeu. Capable de porter le ballon sur plusieurs mètres, les décalages qu’il provoque balle au pied sont devenus de véritables déclencheurs d’occasions de but. À cela s’ajoute sa gestion de la profondeur. Dans une discipline où les transitions et les contre-attaques occupent une place centrale, Cubarsí a encore démontré, pas plus tard que face à l’équipe de France et Kylian Mbappé, qu’il maîtrisait déjà cet aspect du jeu avec une facilité déconcertante. À une époque où les défenseurs centraux ne doivent plus seulement défendre, mais aussi construire, casser les lignes et lancer les offensives, Cubarsí semble avoir une longueur d’avance sur sa génération. Son profil est si complet qu’il possède déjà tout pour devenir le nouveau standard du poste. Si les attaquants font rêver les enfants, Pau Cubarsí est peut-être le premier défenseur depuis belle lurette capable de leur donner envie de changer de poste.

Un adolescent est mort lors des célébrations du titre de l’Espagne

Par Hugo Geraldo

Commentaires

Les membres ont posté 44 commentaires sur cet article. Participez à la discussion en vous connectant .


À lire aussi
Logo de l'équipe Espagne
La Roja plébiscitée à Madrid
  • Mondial 2026
  • Finale
  • Espagne-Argentine (1-0)
La Roja plébiscitée à Madrid

La Roja plébiscitée à Madrid

La Roja plébiscitée à Madrid
Les grands récits de Society: Les mystères de Monique Olivier
  • Crime
Les grands récits de Society: Les mystères de Monique Olivier

Les grands récits de Society: Les mystères de Monique Olivier

Elle l’appelait “mon fauve”. Monique Olivier a été l’épouse et la complice de Michel Fourniret. Comment en est‑elle arrivée là?

Les grands récits de Society: Les mystères de Monique Olivier
Articles en tendances
Logo de l'équipe Espagne
Jour de défaite nationale
  • Mondial 2026
  • Demies
  • France-Espagne (0-2)
Jour de défaite nationale

Jour de défaite nationale

Jour de défaite nationale




Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.