Chiante comme la pluie qu'elle avait amené avec elle de Londres, l'Angleterre a attendu l'heure de jeu avant de proposer quoi que ce soit face au bloc resserré - et malin - du Ghana, lequel aurait pu faire le hold-up de ce groupe L. Les deux équipes devraient voir la suite de la compétition, et c'est bien tout ce qu'elles voulaient.
Angleterre 0 – 0 Ghana
L’Angleterre avait fait forte impression contre la Croatie, alors l’Angleterre on attendait, et elle avait décidé d’amener avec elle un peu de la météo de Londres, à voir le crachin qui tombait sur Boston au coup d’envoi. L’avait-on vu trop belle au premier match ? Peut-être, sans doute, l’avenir le dira. Bloqués par le dispositif tactique au point des hommes de Carlos Queiroz, les Anglais repartent chez eux avec un nul ennuyeux au possible (0-0), et Thomas Tuchel le moral dans le Massachussets. Le Ghana, lui, fait probablement la bonne opération de ce groupe L et verra les seizièmes de finale.
Zzzzzzzzzzzzz…
Au coup d’envoi, les Three Lions présentaient deux changements dans leur XI, en défense, Spence remplaçant O’Reilly et Marc Guéhi John Stones. Peut-être que la tempête de Philadelphie avait lessivé un peu tout le monde, ou alors que cet effectif-là, face à une défense regroupée, jamais aspirée par la tentation du pressing, avait plus de mal à manoeuvrer : toujours est-il qu’entre autres choses inintéressantes d’une première mi-temps pâle comme Morticia Adams, on eût le droit à une pause « fraicheur », sous la pluie, par 19°c, histoire de remplir les caisses de Gatorade.
Puisqu’il faut que vous en ayez pour votre lecture, ce compte-rendu peut faire état de « situations dangereuses », de toute façon on n’a que ça en stock : un coup franc de Rice bien au-dessus (13e), sa tête à peine menaçante sur un débordement de Madueke, seul homme remuant côté anglais (36e), ou une frappe contrée de Kane dans le temps additionnel, avant laquelle il avait touché sept ballons en quarante-cinq minutes. Sinon, sachez que Thomas Partey était hué à chaque prise de balle et que les deux fois où le public a fait le plus de bruit, c’est quand Kit Harington et David Beckham sont apparus sur les écrans géants. Astonishing, right ?
Pas même Kane
On parlait de Game of Thrones, mais ce match-là ressembla longtemps à The Walking Dead, avec deux équipes de lents déambulateurs, le Ghana se contentant du point du match nul, lequel aurait assuré sa qualification pour les seizièmes, et l’Angleterre étant incapable d’accélérer le jeu. C’est l’inconvénient des avantages de la sélection pensée par Thomas Tuchel : une équipe disciplinée, avec des hommes à des postes clairs et des qualités certaines, mais sans créateurs forts utiles pour ce genre de match, l’Allemand ayant décidé de laisser tous ses dix à la maison. Alors il mit en marche la grande lessiveuse, changea le haut, le bas, les chaussettes et les sous-vêtements (sorties de Spence, Bellingham, Gordon, Anderson et Madueke, rentrées de O’Reilly, Eze, Saka, Rashford et Rogers), et la situation alla un peu mieux à l’heure de jeu.
On crût même un temps les Three Lions capable de marquer, d’une manière ou d’une autre, Kane par trois fois (57e, 69e, mais surtout cette volée à la 87e), Saka d’un enroulé du coin de la surface (86e), ou par O’Reilly qui toucha la barre de la tête (87e). Mais le Ghana ne fut pas en reste, notamment via Prince Adu, qui aurait dû bénéficier d’une faute sur une sortie de plombier de Pickford – qui valait bien un jaune orangé (67e) – et aurait pu conclure après une contre-attaque éclair (79e). Que dire ? Sans doute que les promesses de la première journée ne valent pas toujours celles de la deuxième, et que le Ghana vient de donner un sacré plan tactique aux futurs adversaire de l’Angleterre. Il est minuit en France, 18h à Boston : vu le spectacle, l’heure d’aller dormir sur tous les fuseaux horaires.
Angleterre (4-2-3-1) : Pickford – Spence (O’Reilly, 66e), Guéhi, Konsa, James – Rice, Anderson (Eze, 74e) – Gordon (Saka, 66e), Bellingham (Rogers, 74e), Madueke (Rashford, 84e) – Kane. Sélectionneur : Thomas Tuchel.
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