Bousculée jusqu’au bout par un Sénégal ranimé par le doublé d’Ismaïla Sarr, la Norvège s’impose (3-2) et valide sa qualification pour les seizièmes de finale. Les Lions de la Teranga payent trop cher leurs cadeaux défensifs et se retrouvent au bord de l’élimination.
Norvège 3-2 Sénégal
Buts : Pedersen (43e), Haaland (48e, 58e) pour les Vikings // I. Sarr (53e, 90e+3) pour les Lions de la Teranga
Pas d’orage dans le New Jersey, mais une belle tempête sous les crânes sénégalais. Le Sénégal avait besoin de points, d’air, d’un match propre. Il a surtout offert des munitions à une Norvège trop grande, trop lourde, trop clinique par séquences. Malgré deux piqûres d’Ismaïla Sarr et une fin de match à faire ramer le drakkar, les Scandinaves compostent leur ticket pour les seizièmes et laissent les Lions avec un pied et demi au bord du vide.
Pedersen, le remplaçant qui tombe à pic
Le début donne vite l’impression que le Sénégal va passer sa soirée à défendre des centres venus de partout. Quatre corners norvégiens en quelques minutes, des latéraux qui dédoublent, des grands machins qui montent dans la surface et Édouard Mendy déjà obligé de sortir une parade énorme devant Kristofer Ajer. La Norvège pousse, le Sénégal plie, puis reprend un peu de ballon. Les hommes en blanc cherchent la profondeur pour profiter de la lourdeur de la charnière scandinave, sans pour autant parvenir à transformer leurs intentions en vraies frappes. En face, Martin Ødegaard rappelle que le danger peut revenir à tout moment, forçant encore Mendy à briller une nouvelle fois.
Le gardien sénégalais repousse tout, jusqu’à ce que son capitaine décide de lui compliquer la vie. Kalidou Koulibaly, en mode cadeau d’entreprise, offre un ballon plein axe à Marcus Holmgren Pedersen, entré dès la 13e minute après la blessure de Julian Ryerson. Le latéral cadre, Mendy n’a pas la main assez ferme et le remplaçant marque son premier but en sélection au meilleur moment possible (1-0, 43e). Juste avant la pause, Haaland manque même le break sur un ballon offert par Mendy, mais trouve le poteau face au but vide, avant de tomber de nouveau sur le portier sénégalais.
Sarr rallume, Haaland referme
La Norvège n’attend pas longtemps pour le transformer. À peine revenu des vestiaires, Ødegaard dose une passe parfaite pour Haaland, qui conclut en une touche et plante son troisième but du tournoi (2-0, 48e). Le Sénégal pourrait couler, il choisit de répondre. Nicolas Jackson dévie intelligemment pour Ismaïla Sarr, qui s’arrache plein axe et relance les Lions (2-1, 54e). Le banc sénégalais envoie alors Ibrahim Mbaye et Jakobs, passe presque en mode quatre attaquants, et le doute commence à poindre dans les tribunes norvégiennes.
Il dure à peu près le temps d’un snap. Sur un centre en retrait un peu haut de Patrick Berg, Haaland sort le geste acrobatique du pied droit, poteau rentrant. Rideau pense-t-on (3-1, 62e), d’autant plus que Mendy, diminué, laisse sa place à Mory Diaw dans les bois, avant que Koulibaly ne sorte dans la foulée après une soirée cataclysmique. Le Sénégal tente de gratter ce qu’il peut avec Ibrahim Mbaye, mais Oscar Bobb passe proche du quatrième, stoppé par un sauvetage miraculeux de Pathé Ciss sur la ligne.
Le genre d’action qui peut coûter cher quand on refuse de tuer une bête encore debout. À la 90e+2, Jackson dévie encore parfaitement pour Sarr, lequel se présente face à Nyland et signe son doublé (3-2). Le Sénégal y croit, mais il est trop tard. La Norvège serre les dents, les neuf minutes de temps additionnel ne changeront plus rien. La Norvège verra les seizièmes. Le Sénégal, lui, ne voit plus grand-chose.