Une première période chiante, une seconde réjouissante, et voilà les Pays-Bas et le Japon dos à dos pour leur entrée en lice dans cette Coupe du monde (2-2). Les Nippons ont recollé deux fois aux Oranje, qui pourront nourrir des regrets.
Pays-Bas 2-2 Japon
Buts : Van Dijk (51e) et Summerville (64e) pour les Oranje // Nakamura (57e) et Kamada (89e) pour les Samurai Blue
Une première chose : un match avec les Pays-Bas dans leur tenue orange est toujours un plaisir pour les yeux amateurs de contrastes. Une deuxième : ne jamais aller se coucher après une première période sans saveur. Une troisième : ce n’est pas aujourd’hui que les Néerlandais auront perdu un match de Coupe du monde dans le temps réglementaire — ce n’est plus arrivé depuis 2006. Pour leur entrée dans ce Mondial, les Oranje n’ont pas non plus gagné, concédant le nul dans les derniers instants contre le Japon, qu’ils avaient mis deux fois dans le rétro (2-2) dans un deuxième acte à rebondissements. On en redemande.
Petits trots
Rose et Jack causaient coups de crayons dans Titanic sur TF1 quand Donyell Malen nous incitait à détourner le regard sur la 6. Le nouveau chouchou de la Roma n’a pas perdu de temps pour montrer qu’il s’était bien acclimaté à sa vie de numéro 9 : un bon contrôle dos au but dans la surface et un bon enchaînement en pivot pour faire briller Zion Suzuki (3e). On pensait que le ton était donné, les deux équipes allaient nous en faire voir de toutes les couleurs… Non, car le Japon s’est dit que la bonne idée était de fermer l’axe, tout en laissant les Oranje faire joujou avec la balle ronde sans trop savoir comment se montrer dangereux.
Shōgo Taniguchi s’est chargé d’enquiquiner Malen, pourtant laissé trop souvent seul sur les coups de pied arrêtés néerlandais, l’attaquant claquant deux têtes bien gérées par Suzuki (34e, 45e+3). L’ennui avait déjà pointé le bout de son nez, entre le manque d’inspi des hommes de Ronald Koeman et le bloc bas plutôt décevant des Japonais. Les Samurai Blue n’avaient pas envie d’épater la galerie, à part peut-être ce bon vieux Keito Nakamura. Le Rémois a shooté une bouteille de Powerade à côté des filets (43e), avant qu’Ayase Ueda ne s’occupe de les faire trembler sans marquer (45e).
Van Dijk comme un iceberg
Sur la Une, c’était l’heure du début d’une longue pause fraîcheur provoquée par un iceberg, mais les fans de foot avaient surtout besoin d’un but. D’un Virgil van Dijk, en fait. Le défenseur qui fêtera ses 35 ans le mois prochain a surgi au bon moment, dans le bon timing et sur un très bon centre d’un homme qu’il connaît bien, Ryan Gravenberch, pour placer une tête poteau rentrant impossible à sauver pour Suzuki (1-0, 51e). Une première dans un grand tournoi pour le taulier de Liverpool et le début de la fanfare. Nakamura a choisi son instrument, après un relais avec Takefusa Kubo : le tir en fermant son pied pour calmer les Néerlandais et Bart Verbruggen (1-1, 57e).
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À toi, à moi, à lui. Lui, c’est Crysencio Summerville. En plus de posséder l’un des blases les plus stylés du Mondial (en vrai, c’est fou), le petit nouveau des Oranje, capé pour la première fois pendant la préparation, a trouvé le moyen d’ouvrir son compteur en sélection au meilleur moment. Dans une Coupe du monde et pour redonner l’avantage aux Pays-Bas. Un décalage de Gravenberch, encore, et une frappe enroulée de Summerville pour activer le mode euphorie chez les Néerlandais (2-1, 64e). Il ne restait plus aux Japonais qu’à se laisser porter par un public nippon très vocal et sûrement pas réduit au silence par la main ferme de Suzuki devant Cody Gakpo (73e) ou les occasions manquées de Kubo et Sugawara. Ce grand brouhaha organisé a peut-être donné de la force à Koki Ogawa, plus haut que les autres pour envoyer sa tête sur Kamada et voir le ballon finir au fond (2-2, 89e). Le clou d’un demi-spectacle, mais d’un spectacle quand même. Tiens, Rose et Jack sont à l’eau.
Pays-Bas (4-3-3) : Verbruggen – Dumfries, Van Hecke, Van Dijk, Van de Ven – Gravenberch (Aké, 81e), De Jong, Reijnders (Q. Timber, 70e) – Summerville (Koopmeiners, 70e), Malen (Depay, 70e), Gakpo (Brobbey, 85e). Sélectionneur : Ronald Koeman.
Japon (3-4-3) : Suzuki – Watanabe (Tomiyasu, 75e), Taniguchi, H. Ito – Doan (Sugawara, 75e), Sano, Kamada, Nakamura – Kubo (Ogawa, 75e), Ueda (Shiogai, 84e), Maeda (J. Ito, 66e). Sélectionneur : Hajime Moriyasu.