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Deschamps-Zidane, une passation en douleur

Alors que l’ère Deschamps se termine, celle de Zidane devrait bientôt commencer. Dans un contexte compliqué entre les Bleus et la FFF ces derniers mois.
C’est officiel et acté : Didier Deschamps n’est plus le sélectionneur de l’équipe de France. Après quatorze ans de culture de la gagne, d’excellents résultats et belles générations, l’ère DD s’est achevée face à ces bons vieux Anglais sous la chaleur de Miami et dans un match en fanfare. La conclusion d’une Coupe du monde 2026 durant laquelle les Bleus ont séduit la Terre entière, avant de doucement s’éteindre. Désormais, et à moins d’un improbable retournement de situation, il faut préparer l’arrivée de Zinédine Zidane. Annoncé sélectionneur depuis au moins deux ans, ZZ s’apprête en effet à placer la dernière pièce du puzzle qui a constitué sa formidable carrière. Pourtant, ce passage de témoin entre les deux anciens frangins de 1998 semble se faire dans une légère amertume, entre ego et contexte institutionnel flou.
De la distance entre la FFF et les joueurs
Comme le révèle L’Équipe, la préparation à la Coupe du monde s’est déroulée dans des conditions particulières. Car si la vie de groupe n’en a aucunement été affectée, avec des joueurs très amis, unis derrière Deschamps et au rendement sportif assez impressionnant, les relations avec les dirigeants de la FFF se sont vite distendues. Pour différentes raisons. En premier lieu : les conditions d’accueil de l’équipe de France à Boston. Les joueurs se seraient ainsi plaints de ne pas avoir accès à de la cryothérapie, trop coûteuse d’après les dirigeants. Il a fallu l’intervention du capitaine Kylian Mbappé pour finalement obtenir gain de cause. Ensuite : la gestion des familles de joueurs. Refusant d’abord de prendre en charge des nuits d’hôtel estimées à 600 euros car jugées trop cher en décembre, la fédération aurait finalement dû se résoudre à le faire, et même à les payer 900 euros, car le prix avait augmenté entre-temps.
De plus, les voyages de certains membres du Comité exécutif (treize membres et quatre salariés) à Boston s’élevant à 120 000 euros auraient également fait tiquer les joueurs. Enfin : les primes. Désireux de revoir les primes de ce Mondial 2026 à la baisse, Philippe Diallo (président de la FFF), s’est justifié en expliquant que la fédération allait perdre de l’argent durant le tournoi. Pour lui, les primes ne seront versées que si les Bleus atteignent la demi-finale du tournoi (et non plus dès les huitièmes comme auparavant), tandis que les internationaux n’auront le droit qu’à deux billets de match pour leur entourage. Là aussi, il faudra l’intervention de Mbappé, qui obtiendra bien les primes dès les huitièmes et six places par joueur pour l’entourage. « Président, c’est votre première Coupe du monde, moi, la troisième. Vous imaginez qu’un huitième ou un quart de finale n’ont pas de valeur ? », aurait d’ailleurs demandé l’attaquant à Diallo.
Existe aussi la question autour de Mohamed Sanhadji, le chef de la sécurité des Bleus depuis 2004. Apprécié par les joueurs et le staff, Sanhadji avait été poussé à une retraite anticipée par la fédération en décembre 2025, après avoir reçu un don de 60 300 euros de la part de Kylian Mbappé, issus de sa prime du Mondial 2022. De l’argent irrégulier d’après sa hiérarchie. Sanhadji a finalement été rembauché en CDD jusqu’à la Coupe du monde 2026, tandis qu’une offre d’emploi pour ce poste de chef de la sécurité était publiée le 29 mai. Soit quelques jours avant le départ des Bleus pour l’Amérique. Une info mal passée auprès des joueurs et du staff. À ce titre, Zinédine Zidane souhaiterait également conserver Mohamed Sanhadji dont il est proche.
Zidane dans l’ombre et bientôt à la lumière
Ce volet économique aurait ainsi fini de creuser le fossé entre le secteur administratif et la structure sportive de l’équipe de France. Et Didier Deschamps dans tout ça ? Force est de constater que le sélectionneur a lui aussi maille à ferrer dans ces débats. Dans un entretien accordé au Figaro en mars dernier, Philippe Diallo soufflait qu’il connaissait déjà le nom du futur sélectionneur. Rien de bien grave a priori, mais la sortie aurait été mal vécue par Deschamps, qui se serait quelque peu senti trahi. Et si Diallo s’est justifié auprès de L’Équipe en évoquant une phrase « surinterprétée », le mal semblait déjà fait.
Je ne souhaite pas le malheur, je souhaite à l’équipe de France et à mon successeur que ça se passe le mieux possible.
À l’issue de la rencontre face à l’Angleterre, Didier Deschamps avait d’ailleurs glissé un sous-entendu pour réaffirmer son départ : « Je l’ai maîtrisé (ce départ). J’ai décidé que ça devait s’arrêter. Et si j’ai décidé, ce n’est pas pour moi, je vous le dis sincèrement, c’est pour le bien de l’équipe de France. Parce qu’il y avait un environnement qui était tellement irrespirable par rapport à moi, l’équipe de France ne mérite pas ça. » En filigrane, les annonces répétées de l’arrivée de Zidane ont certainement joué un rôle dans cette lassitude, même si le mot « irrespirable » peut paraître exagéré.
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D’autant qu’entre les deux hommes, ce n’est pas que de l’amour et de l’amitié.« Il y a beaucoup de respect entre nous, assurait quand même Deschamps en février 2025 dans une interview accordée à plusieurs médias. On s’est vus la dernière fois à l’été 2023. Zizou est un très bon candidat, naturel et j’ajouterai attendu. Après, je ne sais pas s’il en aura envie. » Le double Z n’avait jamais vraiment caché son désir d’être, un jour, sur le banc des Bleus et c’était un secret de polichinelle qu’il attendait son heure.
Il n’a pas attendu l’officialisation, qui pourrait intervenir la semaine prochaine, pour commencer à plancher sur un staff qu’il devrait quasiment intégralement renouveler, comme pour mieux tourner une longue et grande page écrite par son ancien capitaine. « Le potentiel est là, il y a de formidables joueurs, qui vont grandir à travers cette expérience, il y a tout pour que cette équipe de France se maintienne au plus haut niveau, glissait Deschamps ce week-end, sans dire si les deux avaient prévu d’échanger. Je ne souhaite pas le malheur, je souhaite à l’équipe de France et à mon successeur que ça se passe le mieux possible. » Un peu de douceur dans ce monde de buts.
La FFF a choisi son candidat pour l'élection de la FIFAPar Adel Bentaha



















































