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Comment l’Argentine va-t-elle vivre sans Messi ?

Par Adel Bentaha
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Comment l’Argentine va-t-elle vivre sans Messi ?

Face à l’Espagne, en finale de la Coupe du monde 2026, Lionel Messi a peut-être disputé son dernier match en sélection. De quoi interroger sur le futur de l’Argentine sans son numéro 10.

En larmes, le regard vers les tribunes, Lionel Messi s’est résigné. Résigné concernant la défaite argentine en finale de Coupe du monde, mais également pour sa carrière internationale. Durant ce mois nord-américain, La Pulga avait en effet retrouvé une seconde jeunesse à 39 ans, en secouant les défenses adverses comme des cocotiers pour sortir sa sélection de sérieux bourbiers (huit buts). Avec pour mission d’amener sa bande de loubards jusqu’à un second sacre consécutif, pourtant pas vraiment attendu à l’aube du tournoi. Mais le rêve s’est arrêté sur une volée de Ferran Torres à New York, ramenant l’Albiceleste à la réalité, et à une question : comment vivre sans Lionel Messi ?

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L’odyssée du 10 prend fin

La carrière argentine de Leo Messi s’est finalement écrite en deux chapitres. De 2004 à 2018, rien ou presque n’a été du côté du meneur de jeu. Entre le désamour lié à sa jeunesse espagnole et ses échecs sportifs répétés (le poussant même à annoncer sa retraite internationale à l’été 2016 après avoir perdu la Copa América contre le Chili), Messi a ramé avant de tamponner son passeport. Il a fallu l’arrivée de l’autre Lionel, Scaloni, pour inverser la tendance. Bien décidé à unir son groupe autour du numéro 10, le sélectionneur est parvenu à constituer un effectif de garde du corps – excellents joueurs de football au demeurant – à même de protéger leur capitaine et lui offrir la liberté de jeu qu’il attendait tant en équipe nationale. Le bilan de trois finales remportées (Copas América 2021 et 2024, Mondial 2022) n’en a dès lors été que le résultat logique. Désormais, il semble difficile de voir un tel symbole émerger à Buenos Aires.

Il faut dire que cet enchaînement de succès s’est peut-être construit au détriment des autres talents argentins. Dans l’ombre de Messi, difficile en effet de dégager un leader technique. Souvent attendus, Julián Álvarez et Lautaro Martínez n’ont – pour le moment – pas réussi à confirmer le potentiel affiché en club, incapables de prendre le relais offensivement. Dans leur sillage, les milieux de terrain que sont Enzo Fernández, Alexis Mac Allister ou Nicolás González se sont également réduits aux mauvais coups, à défaut d’assumer leur statut de régulateurs du jeu. Individuellement pris, les joueurs de cette « génération Scaloni » se prennent donc pleine gueule ces valeurs de grinta qui leur ont permis de protéger Messi, mais rarement de s’exprimer à plein potentiel. Avec la retraite de leur capitaine, difficile de les voir briller, ni même de se détacher de cette étiquette de mauvais joueurs, collée à leur maillot depuis le Qatar 2022.

D’autant que pour beaucoup d’entre eux aussi, la fin approche. Avec 30,5 ans, l’Argentine a affiché l’une des moyennes d’âge les plus élevées de ce Mondial 2026. À défaut de trouver un semblant de nouveau Messi, l’objectif sera donc avant tout de former une génération, et là aussi, la tâche risque d’être compliquée. En catégories jeunes (Espoirs, U20 et U17), l’Argentine traverse un petit désert, n’ayant atteint qu’une finale mondiale en près de 20 ans (en 2025, chez les U20). Pour le reste, rien, ou plutôt le seul Nico Paz, érigé comme le prochain diez. Une bien maigre consolation, couplée au départ annoncé de Scaloni, bâtisseur de cette Messi-dépendance : « Je suis sous contrat jusqu’à décembre. Ensuite, ce sera certainement compliqué de continuer… », a tonné le sélectionneur à l’issue de la finale face à l’Espagne. Après Maradona, l’Argentine a eu droit à Redondo, Batistuta, Crespo, Saviola, Riquelme ou Verón. Sans gagner oui, mais en procurant une bonne dose de plaisir. Sans Leo, ni Lionel, l’Argentine devra prendre son mal en patience pour connaître la même chose. Le temps de sécher ses larmes.

La détresse de Lionel Messi

Par Adel Bentaha

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