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La France foudroie l'Irak et se qualifie

Par Théo Denmat, au Philadelphia Stadium
4' 4 minutes
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La France foudroie l'Irak et se qualifie

Dans un ballet aquatique qui rentrera, par sa longueur, dans l’histoire des Coupes du Monde, l’équipe de France a étrillé un Irak inférieur à tous les niveaux (3-0) et se qualifie pour les seizièmes de finale de la compétition. Mais qu’en retirer, sinon que la pluie mouille ?

France 3-0 Irak 

Buts : Mbappé (14e, 54e) et Dembélé (66e) pour les Bleus

C’était une atmosphère de fin du monde, un déluge biblique, et dans la grande absurdité de la réglementation américaine, ce France-Irak fut donc deux France-Irak, l’un débuté 2h10 après le premier, avec au milieu ce que Zeus appelle ses enfants et nous, terriens, des éclairs. Il faudra le retenir pour les analyses futures : impossible de jouer un match « plein » dans ces conditions, et les enseignements définitifs que l’on espérait avec impatience attendront probablement la Norvège, vendredi prochain, à Boston. Toutefois : on détachera le premier quart d’heure, fort du souffle instauré par les changements payants de Didier Deschamps (Manu Koné, bon dieu…), et le sérieux affiché tout au long d’un marathon où l’Irak s’est heurté au mur du trentième kilomètre. Les Bleus verront le deuxième tour mais joueront leur partie de tableau, et donc leur destin, contre Haaland et consorts, qu’ils accueilleront avec une belle gueule de candidats au titre final.

Un éclair d’Mbappé

Il était 20h en France, sans doute 14h à Philadelphie, et des trombes d’eau se mirent à tomber sur le berceau des États-Unis. On annonçait l’orage et l’orage était là en avance, pressé lui aussi de voir l’équipe de France et ses promesses, nées d’une seconde période enflammée contre le Sénégal. Il y avait de l’électricité dans l’air, au sens propre, à tel point que les montres connectées des stadiers sonnaient le tocsin à mesure que les éclairs approchaient. Le deuxième match de poule des Bleus n’avait pas encore commencé que l’air était tendu, et le sol changé : Digne à la place d’Hernandez, Barcola pour Doué, mais surtout Manu Koné titulaire plutôt d’Aurélien Tchouaméni, touché nulle part, ou alors à l’égo. Un choix payant au regard de l’activité du milieu de la Roma dès les premières minutes du match, ratisseur insatiable tandis que l’équipe de France pencha immédiatement du même côté qu’Édouard Philippe, à droite.

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À bien y regarder, il y aura des choses à redire sur la première mi-temps de Dembélé, bien maîtrisé par Doski, mais les fameuses « connexions offensives indirectes » évoquées hier en conférence de presse par Mbappé, dans sa natation synchronisée avec Olise et le Ballon d’or, finirent par faire boire la tasse à Basil, battu sur un missile du gauche à 119km/h (1-0, 15e). La seule menace irakienne sérieuse sortie sur blessure (Hussein), la première période post-pause fraîcheur ressembla tantôt à une attaque-défense de handball, tantôt à un match de water-polo, une fois la pluie définitivement installée au-dessus du Philadelphia Stadium. Les tribunes se couvrirent de ponchos, les maillots d’eau, et le jeu français de scories, à l’image d’un Barcola trop altruiste, (38e). Les joueurs sortirent en courant de la pelouse et le public des tribunes, alors que les écrans géants annonçaient l’arrivée d’une « tempête sévère » qui finit par zébrer le ciel d’éclairs épars. Majestueux.

Leur tirer notre poncho

C’est ici, après une pause longue comme le monde, le moment de vous dire que tout ce qui suivra aura été joué dans un pédiluve, en particulier au niveau du rond central, dans lequel Sammaritano aurait probablement nagé le crawl. Le moment de rappeler, aussi, que l’équipe de France a affronté le deuxième gardien irakien, titularisé à la place de l’habituel capitaine Jalal Hassan – comme si Hugo Lloris avait été foutu sur le banc au Qatar – et qu’il n’est sans doute pas pour rien dans le but du break de Mbappé (2-0, 54e), après une incompréhension avec son défenseur Tahseen, de même que dans celui de Dembélé, intervenu après une passe lumineuse d’Olise mais, surtout, un dégagement de cadet (3-0, 66e).

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Du petit lait pour Deschamps, qui fît tourner manège avec les entrées de Cherki, Doué, Akliouche, Gusto et Thuram dans le « grand bain », dirait Raymond Devos. Cette deuxième période fut agrémentée de ce que le football « décousu » propose parfois, à savoir des éclairs, là aussi – cette barre de Olise (58e), la tête de Rabiot (59e), le débordement de Barcola (81e), l’ouverture géniale d’Upamecano pour Mbappé (88e), sa propre frappe au-dessus (90e) – et se conclut par la sortie du capitaine des Bleus, sous l’ovation d’américains trempés de bonheur. On aura donc appris deux choses : 1) l’EDF est sérieuse, appliquée et dominatrice face à des blocs bas ; 2 ) Tous les Américains ne tirent pas au fusil sur les ouragans, on vous promet, on a bien regardé.


   France (4-2-3-1) : Maignan – Koundé (Gusto, 83e), Saliba, Upamecano, Digne – Koné, Rabiot – Dembélé (Doué, 68e), Olise (Cherki, 68e), Barcola (Akliouche, 83e) – Mbappé (Thuram, 90e). Sélectionneur : Didier Deschamps.

   Irak (4-2-3-1) : Basil – Doski, Hashem, Tahseen (Sulaka, 60e), Ali – Ismaheel (Amyn, 60e), Al Ammari (Sher, 68e) – Qasem, Iqbal, Bayesh (Farji, 69e) – Hussein (Al-Hamadi, 26e). Sélectionneur : Graham Arnold.

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