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Le Mondial 2026, ça Trump énormément

Par Nathan Beaufils
5' 5 minutes
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19 July 2026, United States, East Rutherford: Soccer, Men, 2026 World Cup, Final, Spain vs. Argentina, New York-New Jersey Stadium in East Rutherford; Rodri (Spain) (left) celebrates with the World Cup trophy during the award ceremony. On the right, U.S. President Donald Trump and FIFA President Gianni Infantino join in the celebration. PLEASE NOTE: In accordance with FIFA regulations, these images may be used exclusively for editorial purposes. Commercial use is prohibited. Furthermore, no video-like sequences may be created, and no alterations may be made to the image, either in the foreground or the background. Photo: Tom Weller/dpa  - Photo by Icon Sport
19 July 2026, United States, East Rutherford: Soccer, Men, 2026 World Cup, Final, Spain vs. Argentina, New York-New Jersey Stadium in East Rutherford; Rodri (Spain) (left) celebrates with the World Cup trophy during the award ceremony. On the right, U.S. President Donald Trump and FIFA President Gianni Infantino join in the celebration. PLEASE NOTE: In accordance with FIFA regulations, these images may be used exclusively for editorial purposes. Commercial use is prohibited. Furthermore, no video-like sequences may be created, and no alterations may be made to the image, either in the foreground or the background. Photo: Tom Weller/dpa - Photo by Icon Sport

Donald Trump s’est illustré une nouvelle fois, cette fois-ci lors de l’unique match de la Coupe du monde 2026 auquel il a assisté, en remettant le trophée à l’Espagne. Si le POTUS a été invité par Rodri à s’écarter du podium, sa volonté d’être au centre de l’attention pendant toute la compétition rappelle l’ampleur de son syndrome du personnage principal, mais surtout de la place occupée par la politique dans cet évènement.

250 ans d’indépendance, ça se fête. Et coup de bol, les États-Unis bénéficiaient de tous les projecteurs du plus grand événement sportif planétaire sur son territoire pour faire d’une pierre deux coups. Problème : il n’y a pas qu’au moment de cet anniversaire que le pays de l’Oncle Sam a voulu tirer toute la couverture à lui. Enfin l’Oncle Sam… On devrait plutôt parler du pays de l’Oncle Donald, tant Trump s’est évertué à être une des seules incarnations de la puissance américaine, les avions de chasse, les drapeaux géants, l’hymne braillé dans un micro et les potes de Christian Pulisic ne faisant partie que du décorum.

« La politique doit rester en dehors du football et le football en dehors de la politique », jurait Gianni Infantino avant la Coupe du monde 2018 en Russie. Force est de constater que huit ans plus tard, l’édition nord-américaine fait plus que déroger à cette règle qui n’en a jamais été une. Même pour ceux qui voulaient fermer les yeux sur toute la machine politique (pour ne pas dire propagande) pendant la compétition n’ont pas pu en faire abstraction, tant elle était omniprésente durant ce Mondial 2026.  Au coup de sifflet du dernier des 104 épisodes, le 45e et 47e président des USA s’arrachait un rôle de premier plan à côté des victorieux Espagnols. Dirigé vers la sortie de l’estrade par le héros Rodri, le producteur était rejoint par le réalisateur Infantino, qui montrait la place – en dehors de scène – qui lui était réservée. Il n’a pu que rire à gorge déployée lorsque l’homme orange lui a dit non.

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Visas et traitement des Iraniens en première partie, le cas Balogun pour le clou du spectacle

Si seulement il n’y avait que ça, qu’une petite place à laquelle il s’accrochait pour la photo. Alors que Donald Trump était absent de tous les matchs de la compétition avant ça, jurisprudence New York Knicks oblige. Pourtant, en coulisses, c’était principalement sa politique xénophobe qui s’appliquait froidement. À commencer par celle de refuser l’entrée sur le territoire américain des joueurs, des membres de staffs et des fans issus de pays du monde entier. Pour les équipes, on s’arrangeait pour ne pas faire trop polémique ; pour le meilleur arbitre africain de 2025, on remettait la faute sur le nom du pays sur le passeport, sans que la FIFA intervienne ; pour l’Iran belligérant, on optait pour du n’importe quoi, entre aller-retour en 24h et problèmes de visa, encore.

Le climax de ce gloubi-boulga politique est arrivé juste après la boulimie de la phase de groupes, par le cas Folarin Balogun. L’attaquant de l’AS Monaco s’est retrouvé au cœur d’une polémique aux relents autoritaires, la première de ce Mondial au goût de collusion entre politique et football. Celui qui refusait de mélanger les deux – Infantino donc – a préféré respecter la décision de son suzerain en levant la suspension du « meilleur joueur de l’équipe », dixit le POTUS qui ne savait pas qu’une biscotte rouge était synonyme de suspension. Le soccer, il n’y connaît rien ; ce qu’il sait en revanche, c’est qu’il faut voir les États-Unis triompher, en éclipsant par la même occasion les coorganisateurs (Canada et Mexique pour ceux qui avaient oublié).

Tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de controverses et les Belges ont gagné.

Donald Trump

Il suffisait d’écouter Trump déblatérer des inepties dans une conférence de presse pour se rendre compte du mélange de déconnexion et de calcul : « C’était un tournoi unique en son genre, une compétition acharnée et des moments inoubliables, le plus mémorable étant sans doute quand ils ont donné un carton rouge à Balogun. Ça m’a contraint à appeler Gianni juste pour faire une toute petite recommandation : laisse notre gars jouer le match… Nan, je n’ai pas dit ça, je n’ai aucune idée de ce qu’il s’est passé, mais tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de controverses et les Belges ont gagné. Tu vois (grosse tape dans le dos de Gianni Infantino), tu as encore pris une bonne décision et tu n’as jamais été félicité pour ça. » Pendant ce temps-là, son vassal voyait une ONG porter plainte contre lui pour « violations répétées de la neutralité politique ». Sans compter son bilan carbone digne d’un micro-État lors de la compétition, à l’image de ce tournoi record alors que l’Europe crevait de chaud.

La réalité en pleine face

La Coupe du monde 2026 a mis en lumière et en application la politique liberticide de Donald Trump à l’internationale mais a presque occulté la réalité de la gouvernance intérieure. Pendant que celui dont la cote de popularité est au plus bas depuis le début de son mandat (34% d’approbation) se félicitait d’un Mondial « quatre fois plus grand que ce que la FIFA n’a jamais organisé », deux hommes (un Colombien, un Mexicain) étaient tuées lors des deux dernières semaines par l’ICE, la police de l’immigration. Si à la fin, c’est le football qui trinque, ce sont les hommes politiques qui s’enivrent, la FIFA étant depuis plusieurs années plus proche des uns que de l’autre.

Cependant, un signe d’espoir subsiste : le rejet des acteurs du jeu face au forcing des politiques d’être sur la photo. Du centre de la scène lors de la remise du trophée de la Coupe du monde des clubs, Donald Trump s’est retrouvé figurant sifflé, guidé comme la personne âgée qu’il est (80 ans) vers la sortie par Rodri et pas salué par Cristian Romero à la remise des médailles. On gardera aussi en mémoire les prises de parole de Borja Iglesias, l’attitude de Marcelo Bielsa ou encore le discours du coach égyptien Hossam Hassan pour la Palestine. L’esprit critique existe encore. Et si le football est aseptisé, ce n’est pas encore le cas de tous les footballeurs.

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Par Nathan Beaufils

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