Longtemps tombée sur un mur paraguayen bien organisé, ou elle-même bien ennuyante, l'Allemagne sort déjà de la Coupe du monde, éliminée aux tirs au but par le Paraguay (1-1, 3-4 T.A.B.). Si la France se qualifie face à la Suède, elle sait à quoi s'attendre.
Allemagne 1-1 ( 3-4 T.A.B.) Paraguay
Buts : Havertz (54e) pour la Mannschalft // Enciso (42e) pour l’Albirroja.
Tirs au but réussis Kimmich, Musiala et Amiri pour l’Allemagne // Mauricio, Gómez, Galaza et Canale pour le Paraguay
Tirs au but manqués : Havertz, Woltemarde et Tah, pour l’Allemagne // Sanabria et Balbuena pour le Paraguay
Il y a toujours deux manières d’observer un match de football déséquilibré. Globalement, la première consiste à affirmer qu’une équipe attaque mal, qu’elle est incapable de marquer et que ses attaquants sont des plots. La seconde consiste à louer les mérites de la défense adverse, de dire que le «bloc équipe » est en place. Le vocabulaire évolue, des expressions imagées deviennent des poncifs et à la fin, le foot surprend toujours. Pas du tout flamboyante, l’Allemagne tombe dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde devant un Paraguay encore moins flamboyant, mais solidaire (1-1, 3-4 T.A.B. ). Sensation : la Mannschalft perd une séance de tirs au but de Coupe du monde pour la première fois de son histoire.
Pierre, papier, Enciso
Heureusement pour nous et pour la vie : le football n’est pas bloqué dans une intelligence artificielle géante. Il n’est pas qu’une succession de passes chatgépétesques, comme les prompts trop lisibles de Jonathan Tah et Antonio Rüdiger. Contre un Paraguay ultra, mega regroupé, les Germains enchaînent les passes, pas grand chose d’autre. Quatre d’entre eux ont touché plus de cinquante ballons à la mi-temps, alors que l’Allemagne disputait son premier match à élimination directe de Coupe du monde depuis 2014. 342 passes à 92 à la pause, mais rien à ne se mettre sous les chicots.
Le Paraguay, pendant ce temps-là, franchit environ trois fois la ligne médiane. La troisième est la bonne, et Julio Enciso tourmente l’Allemagne (0-1, 42e). Un type d’1 mètre 73 inscrit un but de la tête, le premier du Paraguay en matchs à élimination directe en Coupe du monde. L’histoire est en marche. L’IA ne pouvait pas prévoir.
D’aucuns admettront que Claude et ses potes pouvaient facilement se douter que l’Allemagne allait revenir plus fort en seconde période. Pas forcément qu’elle n’aurait cadré qu’un seul tir à l’aube de la deuxième pause fraîcheur : la tête de Kai Havertz, décisive (1-1, 54e). De son côté, le Paraguay ne propose pas grand chose, mais contient toujours Jamal Musiala et ses Freunds.
De plus en plus en souffrance, l’Allemagne tente de s’en remettre à des têtes, mais ni Kai Havertz (78e) ni Jonathan Tah (90e+2) ni Nick Woltemade (90e+5) ne surprennent Orlando Gill. Les prolongations démarrent, et rien n’est à prévoir. Petit à petit, l’Allemagne perd ses nerfs, tombant sur une Albirroja aussi énervante qu’un centre d’appels. Jamal Musiala et Matías Galarza s’échangent des tacles, et les deux pays filent aux tirs au but.
Les héros paraguayens s’appellent Orlando Gill, décisif à deux reprises, puis José Canale, monsieur +. Les fautifs allemands se nomment Kai Havertz, Nick Woltemade et Jonathan Tah. Les deux pays ont deux façons de raconter ce match déséquilibré. Ici, les souvenirs de Laurent Blanc et d’un soir de 1998 à Lens peuvent ressurgir. En attendant le dénouement de France-Suède, bien sûr.