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Allemagne : la tête à l'enfer

Par Timothé Crépin
3' 3 minutes
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Allemagne : la tête à l'enfer

Sortie dès les seizièmes de finale d'une Coupe du monde où elle n'avait pas envoyé les bons signaux en poules, l'Allemagne vit un nouveau fiasco dans un Mondial. De quoi se poser des questions sur le maintien de Julian Nagelsmann à court terme, et sur sa capacité à se relever sur le long terme.

« Si on gagne, tout est parfait. Si on perd, tout est merdique. Donc il faut gagner, demain. » Ça, c’était signé Julian Nagelsmann, ce dimanche, en conférence de presse avant le seizième de finale de son Allemagne face au Paraguay. Vingt-quatre heures plus tard, on ne vous fait pas de dessin sur la situation d’une Mannschaft qui a failli à Boston. Butant sur un Paraguay d’une solidarité exceptionnelle, et d’une organisation défensive remarquable. Avec, comme un des symboles, ce terrible Matias Galarza, formidable de personnalité, de débauche d’énergie et de courage. En résumé, presque tout ce qui a manqué à cette triste Allemagne. Josuha Kimmich et consorts ont manqué de folie et d’idées pour faire davantage trembler José Canale et l’arrière-garde sud-américaine.

Il n’est pas dans sa meilleure forme d’avant blessure, mais placer un Jamal Musiala sur le banc était-il vraiment une bonne idée ? Trois ans après sa nomination à la tête de la sélection, Julian Nagelsmann va-t-il résister à ce fiasco ? Lui qui doit désormais rendre compte, chose qu’il réfutait dimanche, et dont on n’a pas franchement l’impression qu’il impulse l’énergie nécessaire. Sans oublier que son attitude sur le banc tourne parfois au détestable. « Il suffit de donner un bon plan aux joueurs pour qu’ils se sentent à l’aise sur le terrain, qu’ils aient la capacité à faire les bons choix », disait-il dimanche… Y avait-il vraiment un plan dans le Massachusetts ? On a davantage le sentiment d’un côté jusqu’au-boutiste chez l’ancien entraîneur du Bayern, visiblement incapable de prendre un peu de hauteur sur la situation.

Uli Stielike n’est plus seul

Face au Paraguay, quand bien même le miracle était possible, dans cette séance de tirs au but, lorsque Sanabria puis Balbuena manquaient deux balles de match, Jonathan Tah se transformait en Sergio Ramos. Pour permettre à Canale de valider l’exploit fou du Paraguay. Imaginez, jusqu’ici, dans toute l’histoire de la Coupe du monde, un seul joueur allemand avait manqué un tir au but, en la personne d’Uli Stielike, en demi-finale 1982 face à la France de Michel Platini. Kai Havertz, Nick Woltemade (ah cette prise d’élan catastrophique) et Jonathan Tah ont donc réalisé une « performance » historique pour leur pays dans la compétition reine. Avec, donc, cette première séance de tirs au but perdue en Coupe du monde pour l’Allemagne ! Cataclysmique.

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Le symbole que l’Allemagne déraille sévèrement dans la hiérarchie du football mondial. « Humiliation totale », titrait d’ailleurs Die Welt après l’élimination. Il faut dire que ça fait maintenant dix ans que ça dure. Il y a eu le sacre de 2014, puis la demi-finale à l’Euro 2016. Mais depuis qu’Antoine Griezmann a fait joujou avec l’Allemagne de Joachim Löw au Vélodrome de Marseille ce soir de juillet 2016, Manuel Neuer et consorts vivent un calvaire dans les grands rendez-vous. Une humiliation en 2018, en Russie, avec une dernière place en tant que champion du monde en titre dans un groupe archi abordable (Suède, Mexique, Corée du Sud). Une élimination sans saveur dès les huitièmes de finale de l’Euro 2020 (Angleterre, 0-2). Encore stoppée dès le premier tour de la Coupe du monde au Qatar, en 2022 (face au Japon, à l’Espagne et au Costa Rica). Et enfin sortie de « son » Euro en prolongation par la Roja, en quarts de finale, en 2024.

Une crise de résultats qui n’épargne pas ses clubs sur la scène européenne. Le Bayern a gagné une Ligue des champions depuis 2013, Dortmund s’est invité en finale en 2024, quand Leverkusen (2024) et Fribourg (2026) sont allés jusqu’en finale de la Ligue Europa. Avec un Bayern qui écrase pratiquement tout et qui recrute les meilleurs éléments de la concurrence… Les instances vont-elles véritablement tirer le signal d’alarme pour tenter de stopper la chute vertigineuse du monument allemand ?

Par Timothé Crépin

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