Leur aventure dans ce Mondial 2026 a pris fin en huitièmes de finale, mais on aurait aimé les voir poursuivre un peu dans la compétition.
Jesse Marsch
Au sein de ces États-Unis de Donald Trump qui ressemblent de plus en plus à un épisode de South Park, Jesse Marsch semble faire partie d’une espèce en voie d’extinction : celle des Américains avec qui on pourrait partir en vacances et qui résistent, en vain, à Donald Trump. Plus sérieusement, Marsch a eu le mérite de donner une fière allure à une sélection canadienne qui, rappelons-le, n’avait jamais atteint une phase finale de Coupe du monde avant cette édition 2026. Alors non, tout n’aura pas été parfait pour les Canucks, loin de là, mais on retiendra l’image d’une équipe qui se sera battue jusqu’au bout, offensive, et qui est montée en puissance au fil des matchs. Face au Maroc, le Canada n’a franchement pas déjoué, malgré une défaite sans appel.
« Si tu m’avais dit il y a cinq ans que j’allais disputer une Coupe du monde, je t’aurais ri au nez ! », disait-il dans nos colonnes avant le début de la grande messe internationale. Il n’a pas rigolé une fois dans les cages. Ses huit arrêts contre la Colombie en poules n’ont pas suffi à conserver le match nul, la faute à un défenseur qui dévie la frappe de Daniel Muñoz dans ses buts (1-0). En seizièmes de finale, ses cinq magnifiques parades ont d’abord écœuré Jude Bellingham et Harry Kane, avant que ce dernier ne crucifie le gardien du Havre (2-1), qu’on n’est peut-être pas prêt de revoir en Ligue 1, étant deuxième dans la hiérarchie du HAC derrière Mory Diaw. Mostafa Shobeir, on pense aussi à toi.
La FIFA l’appelle Mexico City Stadium, mais pour nous, un badge provisoire ne fera jamais disparaître un mythe et ses 2 200 mètres d’altitude. On continuera à l’appeler l’Azteca, parce que Pelé, Maradona, la main de Dieu et le but du siècle ne tiennent pas vraiment dans une opération de naming. Et ça fait quand même quelque chose de se dire qu’on n’y reverra plus un seul match pendant cette Coupe du monde. L’Azteca, c’était le bruit, l’altitude, la chaleur, cette impression que le ballon pesait toujours un peu plus lourd qu’ailleurs. Son dernier rideau aura été ce Mexique-Angleterre merveilleux, presque trop beau pour une sortie de route mexicaine. Puis El Tri est tombé, et l’Azteca a baissé le rideau avec lui.
Les trois pays hôtes
Absolument personne n’avait envie qu’une Coupe du monde se dispute dans trois pays. Ni les joueurs, ni les portefeuilles des supporters, parce que faire Toronto-Mexico pour suivre son équipe, ça va deux minutes. Mais maintenant que les choses sérieuses commencent, ça fait quand même bizarre de ne plus voir aucun des trois pays hôtes. Le Canada et son duo Jonathan David-Oluwaseyi, le Mexique dans son Azteca, les États-Unis et leur grand rêve de soccer enfin devenu football, en partie gâché par la polémique lancée par Trump et la FIFA. La Coupe du monde nord-américaine va donc continuer sans l’Amérique du Nord. Maintenant, il reste les très grands, les favoris, les monstres habituels, enfin presque. Mais il manquera quand même cette idée assez drôle : les organisateurs de la fête ne sont plus là.
Warren Zaïre-Emery
Milieu de terrain, latéral, dentiste, électricien… «WZE» sait tout faire et vient de pondre une énorme saison avec le PSG. Pourtant, il n’a toujours aucune minute dans un grand tournoi avec les Bleus sur les onze matchs qu’il aurait pu disputer depuis l’Euro 2024… Et même face à l’Irak, l’équipe B de la Norvège ou lorsque le match était plié contre la Suède, Deschamps ne lui a même pas permis de fouler les pelouses nord-américaines. Autant dire que c’est cuit et que son Mondial est terminé… Rendez-vous en 2028.
Matías Galarza
Il faut toujours un bon méchant pour faire un bon film. C’est pareil pour la Coupe du monde.
François Letexier
L’arbitre français ne s’est pas fait des copains du côté de l’Egypte, après le huitième de finale fou contre l’Argentine. Ce qui pourrait lui coûter la fin de son tournoi, et c’est bien dommage. Après tout, le Breton n’a pas fait d’erreur manifeste, il a suivi les règles et c’est plutôt la cohérence de l’arbitrage sur ce Mondial dans son ensemble qui interroge. Les Pharaons peuvent s’en prendre à eux-mêmes et Letexier a gardé son calme pour prendre de décisions compliquées dans un contexte rendu pesant par les suspicions argentines.