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Suspension de Balogun levée : les une-deux entre la FIFA et Trump continuent

Par Julien Faure
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Suspension de Balogun levée : les une-deux entre la FIFA et Trump continuent

En levant la suspension de Folarin Balogun pour le huitième de finale des États-Unis face à la Belgique, la FIFA a montré qu'elle n'était pas hermétique à l'influence néfaste du pays hôte sur la compétition, tout autant qu'elle laisse désormais libre court aux théories les plus folles sur la suite du tournoi.

C’était peut-être notre tort à nous, les observateurs, les suiveurs, les fans de foot. On avait pris goût à ce Mondial, à ces exploits, ces performances dingue et à cette folie du ballon rond. Au risque de relâcher notre attention sur ce qui peut aussi se tramer en coulisse : une opération de marketing agressif pour faire briller la FIFA mais aussi le principal pays hôte, les États-Unis. En réhabilitant Folarin Balogun pour le huitième de finale entre les États-Unis et la Belgique, la commission de discipline de la FIFA a ouvert la porte à toutes sortes de théorie du complot, autant qu’elle a rappelé que l’ombre polluante de Donald Trump, tout fier de cette décision, n’est jamais bien loin. Une Coupe du monde dont il n’avait rien à faire la veille au soir, jour de fête d’indépendance de son pays.

Un Balogun sur la tempe du foot

Selon le journaliste Ben Jacobs, le président des États-Unis aurait même sorti le bigo pour appeler directement la FIFA et Gianni Infantino avec l’objectif de supprimer le carton rouge. Un sacré mic-mac, totalement hors-sol, qui montre la proximité dangereuse entre la FIFA et l’un de les US, qui phagocyte déjà la majeure partie du tournoi. Demandez donc aux Canadiens, qui ont disputé leurs phases finales hors de leurs frontières, ce qu’ils en pensent. De son côté, la fédé américaine s’est contentée « d’accepter la décision de la commission de discipline » et se montre « contente que Folarin Balogun soit éligible pour jouer demain ». Comme si elle allait refuser le cadeau.

Un sursis qui rappelle le cas Cristiano Ronaldo, qui avait vu sa sanction gentiment aménagée, pour lui permettre de disputer sans problème le Mondial cet été. La FIFA avait alors justifié sa clémence par le casier vierge du Portugais en 225 sélections. Une clémence accordée auparavant à Laurent Koscielny, Philip Cocu ou même Mario Mandžukić pour ne citer qu’eux. Tous avant le Mondial. Ce n’est pas tout : même si Lionel Messi avait échappé au rouge pour une action similaire en début de tournoi, le geste de Balogun n’appelle pas vraiment à la révision. Sa faute est claire et il est dur de trouver une explication logique à son sursis.

L’instance mondiale du foot et les Américains s’appuieront évidemment sur l’article 27, qui permet à la commission d’appliquer un sursis plutôt qu’une suspension, mais le mal est fait. Si les lignes de règlements sont aussi importantes, la transparence aussi et il serait intéressant de savoir ce qui a poussé la FIFA à sortir son joker 27. Y a-t-il une raison ou une pression ? Une conférence de presse de Gianni Infantino et Pierluigi Collina ne serait peut-être pas de trop.

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Une attention qui tranche en tout cas franchement avec le laxisme de la FIFA quant au traitement de l’équipe iranienne, pour ne citer que ça, cloitrée au Mexique et autorisée sur le sol américain pour ses matchs et pas une heure de plus. Mehdi Taremi a beau avoir dénoncé cette injustice, pas grand monde ne l’a entendu. Ainsi va la vie de ce Mondial, où le fait de laisser jouer un joueur à l’origine suspendu est peut-être le plus insignifiant des scandales, qui doit dribbler entre les émotions du ballon rond et le dégoût des injustices.

Un précédent dans l’histoire du Mondial

Le plus fou dans tout ça, c’est que cet épisode n’est pas un inédit. Du football moderne oui, mais de l’histoire du Mondial, non. En 1962, alors qu’il est exclu en demi-finale face au Chili, pays organisateur, Garrincha est finalement autorisé à disputer la finale face à la Tchécoslovaquie. Comment ? Grâce au pouvoir, bien évidemment ! À l’époque, João Havelange, alors membre du comité international olympique brésilien avant d’être le sulfureux et corrompu président de la FIFA, et le président auriverde font pression pour que l’attaquant puisse disputer la finale. Mission réussie. Le dribbleur est bel est bien là et le Brésil champion du monde. Trump et Infantino s’inscrivent donc dans une lignée peu recommandable.

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Il est désormais impossible d’empêcher les plus téméraires de penser que la FIFA va paver la voie aux États-Unis jusqu’à la fin du Mondial. Si l’instance ne peut pas directement influencer les dribbles et les frappes sur le terrain et faire de Team USA un prétendant au titre, elle pourra toujours aller chercher au fond de ses règlements pour faire tomber la pièce du bon côté. Finalement, la meilleure des croyances serait peut-être de se convaincre que les Belges vont enfin rentrer dans leur tournoi, que Lukaku, Doku et De Bruyne vont accorder leurs violons, et que les Diables uouges de « Woody » Garcia vont mettre une danse aux États-Unis. Son interview d’après match n’en serait que plus belle et on en aurait définitivement fini avec les complots !

Trump fait des papouilles à la FIFA

Par Julien Faure

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