Pays hôtes et loin d'être parmi les favoris, les États-Unis, le Canada et le Mexique ont prouvé qu'ils s'étaient mis au niveau d'une Coupe du monde en se qualifiant pour les huitièmes de finale, où tous affronteront un adversaire relevé. Reste donc à savoir maintenant jusqu'où l'effet Mondial à domicile peut agir.
États-Unis
→ Leur parcours en phase de groupes : Forcément très attendus dans ce qui est majoritairement leur Coupe du monde à eux, et après des résultats peu flamboyants sur la scène continentale depuis la pris de poste de Mauricio Pochettino il y a deux ans, les États-Unis sont entrés de manière rock and roll dans leur compétition. Un Paraguay battu en une mi-temps (4-1) puis un succès en gestion face à l’Australie (2-0), les Américains ont très vite fait comprendre qu’ils n’étaient pas qu’un pays organisateur. En témoigne des joueurs clés qui répondent au rendez-vous (Folarin Balogun, Weston McKennie, Malik Tillman), une défense solide (Chris Richards, Antonee Robinson) et un collectif que pas grand monde n’imaginait atteindre les huitièmes aussi facilement. Disons-le, avec un Paraguay qui n’était semble-t-il pas vraiment entré dans sa compétition lors du premier match, et avec tout le respect pour l’attachante Bosnie-Herzégovine, les Américains ont jusque-là eu un groupe puis un seizième assez clément. Le revers contre une Turquie déjà éliminée (3-2) illustre à lui seul les progrès à effectuer.
→ Jusqu’ou peuvent-ils aller ? Parti comme c’est, il ne serait pas si étonnant de voir la Team USA causer des problèmes à la Belgique de Rudi Garcia, difficile vainqueur du Sénégal et aussi inconstant qu’improbable. Le scénario de ce quart de finale dépendra certainement, côté Étasunien, de certains cadres à enfin se lancer dans la compétition, à l’instar de Christian Pulisic et Sergiño Dest. Muets depuis quatre matchs – une seule passe dé pour le premier –, les deux milanais n’auront pas d’autre choix que de se réveiller face aux Diables rouges compte tenu de l’absence de Folarin Balogun, buteur exclu contre la Bosnie. Avec l’obstacle Belgique puis potentiellement les ogres français et espagnols ensuite, difficile d’imaginer les States aller plus loin que les quarts. Sauf pour Pochettino qui y croit dur comme fer, jusqu’à s’attribuer un slogan de mandat : « Why not US ? »
→ Le potentiel parcours qui les attendent jusqu’à la finale : Belgique (huitièmes, prévu, le 2 juillet), Portugal ou Espagne (quarts), France ou Maroc (demies).
→ Son parcours en phase de groupes : Les rencontres ont été plus disputées côté Canucks, et l’équipe moins rassurante. Le décevant match nul d’entrée face à la Bosnie-Herzégovine (1-1) et le troisième match perdu face à la Suisse (2-1). La deuxième place du groupe a été assurée par un festival offensif face au Qatar (6-0), qui est par ailleurs le premier succès canadien en Coupe du monde, où il a quand même laissé des plumes avec l’horrible blessure d’Ismaël Koné. Très friable en phase de groupe, le Canada a ensuite prouvé son vrai niveau dans un match haletant face à l’Afrique du Sud grâce à un Stephen Eustáquio clutch (1-0). Suffisant pour situer le niveau général de cette équipe, qui pourrait être un poil rehaussé si ses individualités, comme Jonathan David, ne brillaient pas que contre des équipes en bois.
→ Jusqu’où peut-il aller ? Selon l’optimisme général de Jesse Marsch avant la compétition, jusqu’au bout. Selon la vraie vie, ce serait déjà un exploit, et un Mondial réussi, d’arriver jusqu’en quarts. Il faut dire que la réalité du terrain et les performances marocaines ont très vite changé le discours très américain du sélectionneur du Canada. L’heure est désormais aux sueurs froides : «Se préparer pour le Maroc, c’est comme un horrible cauchemar. Je me dis ‘je ne veux pas les voir jouer, ils sont trop forts’», confie Marsch, qui assure toutefois ne pas vouloir changer leur identité de jeu. Mouais, c’est ce qu’ils disent tous avant d’aligner une défense à cinq.
→ Le potentiel parcours qui l’attend jusqu’à la finale : Maroc (huitièmes, prévu, le 4 juillet), France ou Paraguay (quarts), Espagne ou Belgique (demies).
Mexique
→ Son parcours en phase de groupes : À l’agonie depuis plusieurs années et en attente d’une génération forte, le Mexique est sans doute le pays hôte qui a le plus profité de l’effet Coupe du monde. Peut-être que l’ambiance de fête qui règne autour de l’Azteca et des stades mexicains, ce qui contraste largement avec les énormes parkings et les bières à 20 dollars des autres hôtes, contribue à créer quelque chose de mystique autour de cette équipe, que l’on n’attendait absolument pas à un tel niveau. Les chiches de la découverte Julian Quiñones combinées avec la présence de Raul Jiménez dans les moments clés rendent cette équipe attachante, d’autant que la plupart des joueurs alignés chaque match évoluent dans le championnat national. Résultat de ce très bon cocktail : trois victoires en poule (2-0 contre l’Afrique du Sud, 1-0 contre la Corée du Sud et 3-0 contre la Tchéquie), une qualif’ en huitièmes face à une Équateur que beaucoup attendaient en surprise (2-0), huit buts marqués pour zéro encaissés et donc seule équipe avec l’Espagne à ne pas avoir encaissé de buts. Olé !
→ Jusqu’où peut-il aller ? Personne n’a envie de voir s’arrêter la belle histoire mexicaine. Et pourtant, c’est le pays hôte qui affronte l’adversaire le plus relevé en huitièmes : l’Angleterre, déjà rôdé à l’exercice des matchs piège. Il est très probable que le sélectionneur Javier Aguirre s’enfile quelques verres de whisky avant le coup d’envoi ce dimanche, et ainsi mieux supporter les vagues offensives d’Harry Kane et compagnie qui risquent d’affluer sur Mexico. À moins que l’énergie autour de cette équipe ne donne lieu à un joli clin d’œil de l’histoire : en cas de qualif’ en quarts, le Mexique égalerait ses performances de 1970 et 1986, éditions qu’elle a accueillies !