ACTU MERCATO
Sur le mercato, le PSG dicte son tempo

Avec les arrivées très probables de Ferran Torres, Mika Godts et Zion Suzuki, le PSG confirme l’orientation prise depuis trois mercatos d’été : attirer des joueurs à des prix moins élevés, grâce au projet de jeu de Luis Enrique. Une stratégie nouvelle qui porte ses fruits, même si elle n’empêche pas les erreurs.
Les saisons passent, Paris gagne, Paris change un peu et Luis Enrique reste. Le 30 mai, à Budapest, en finale de Ligue des champions, le PSG avait d’autres choses à fêter, alors cette anecdote est passée inaperçue : contre Arsenal, Luis Enrique est devenu le troisième entraîneur le plus capé de son Histoire, derrière Luis Fernandez (244) et Georges Peyroche (211). Il a dépassé les 173 matchs dirigés par Laurent Blanc entre 2013 et 2016. Avant le Trophée des champions, que le PSG dispute contre Lens ce dimanche (20 h 45), l’Espagnol s’est assis 175 fois sur le banc parisien. Ce luxe offre du temps à tout le monde : à lui, d’abord, car seul un entraîneur sur trois reste sur un banc plus d’un an. À son club, ensuite, car en gagnant, le PSG s’offre le droit d’être en position de force sur le marché des transferts. Et ainsi d’anticiper.
Dans leur Campos
Paris utilise son statut de champion d’Europe à bon escient : il est maître du temps. Sa stratégie est claire : anticiper un maximum pour éviter de bosser dans l’urgence. Luis Enrique représente le parfait aimant, Luis Campos tient la canne à pêche. Cet été, plusieurs rumeurs annoncent que Mika Godts et Ferran Torres ne veulent jouer que pour l’Asturien. Cet élément place le PSG en position de force sur les négociations : s’ils veulent venir, ils peuvent accepter les conditions de Luis Campos.
Selon L’Équipe, la piste menant au buteur de la finale du Mondial a même été enclenchée avant le début de la Coupe du monde, le Barcelonais échangeant avec les deux Luis sur le projet parisien dès l’après-Ligue des champions. En contrepartie, Gonçalo Ramos a fait ses valises dès le 30 juin. Avant le Néerlandais et l’Espagnol, Maghnes Akliouche a débarqué dans la même optique : il croit en Luis Enrique et est attiré par une équipe qui gagne, incarnant par la même occasion ce visage du recrutement made in Ligue 1 des Parisiens. Il a répété les mots d’ordre de siens après leur victoire en Supercoupe d’Europe : « Le travail, l’humilité et cette envie de gagner encore et encore. » C’est clair.

Dans le même temps, Paris n’a pas mis le grappin sur Yan Diomandé, finalement parti au Real Madrid contre 125 millions d’euros. Dans son communiqué pour l’annoncer – c’est rare -, le club a insisté sur cet élément : « ne pas déroger à ses principes de gestion financière rigoureuse et d’équilibre de l’effectif ». Ainsi, le PSG n’attire pas ni des joueurs qui ne veulent pas venir, ni pour faire gonfler son projet. Les temps de Zlatan Ibrahimović, David Beckham et Lionel Messi sont révolus : il s’agit d’attendre pour recruter un défenseur central, de doubler le poste de latéral gauche, avec Lucas Digne, et de recruter des joueurs motivés pour venir à Paris. Et former par la même occasion une équipe encore plus solide qu’elle ne l’est déjà, avec des « liens verts » entre les joueurs, comme diraient les adeptes du jeu FIFA Ultimate team. S’ils ne montrent pas cette volonté, hola Julián Álvarez, ¡ Adiós !
Des erreurs ? Quelles erreurs ?
Dans ce contexte, le PSG n’a plus besoin d’acheter très cher ou de surpayer des promesses, comme Randal Kolo Muani, Gonçalo Ramos ou Hugo Ékitiké. La fourchette de ses achats se situe entre 30 et 70 millions d’euros. L’image du nouveau riche, capable d’attirer uniquement grâce à son compte en banque, est révolue. Place à Luis Campos au bigo, en visio et au bistrot, puis Luis Enrique au tableau : un projet de jeu tactique, une vision et une idée directrice : tu gagneras du temps de jeu si tu travailles. Dro Fernández en témoigne.

Cette stratégie n’empêche pas les erreurs. Illya Zabarnyi (66 millions d’euros) et Lucas Hernandez (entre 40 et 45) ont été achetés chers. Luis Campos sait de toute façon que si les recrues ne répondent pas aux attentes, son club peut aligner un autre chèque de 50 millions pour les remplacer. L’exemple estival des gardiens le montre. En parallèle, les deux ventes de Gonçalo Ramos et Lee Kang-in entrent directement dans le classement des meilleures cessions de l’histoire du club. Et les deux ne partent ni en Angleterre ni dans le Golfe : le Portugais atteint, à quinze millions d’euros près, le montant de la vente Neymar, et le Sud-Coréen se rapproche de celle de Marco Verratti. Bradley Barcola, possiblement vers Liverpool, pourrait rapporter gros, quand on sait que Johan Manzambi vaut 60 millions, et Morgan Rogers 138 millions.
Concernant Mika Godts, y voir de la déraison n’est pas démesuré : offrir 55 millions d’euros pour ailier sans grande référence reste cher, mais un offensif vaut très cher. Les transferts de Matthis Abline (à Monaco), du Toulousain Emersonn (à Ipswich Town) et du Lyonnais Afonso Moreira (au Bayer Leverkusen), qu’on imagine mal avoir la carrière de Godts, ont tous coûté entre 25 et 30 millions. Quant à Mason Greenwood, Fenerbahçe aurait dépensé 39 millions d’euros sur sa tronche. Le riche travaille-t-il mieux, donne-t-il l’illusion qu’il travaille bien, ou l’argent permet-il de rattraper les erreurs ? Luis Enrique a eu 175 matchs pour y répondre.
Les deux futures recrues du PSG ont atterri dans la capitalePar Ulysse Llamas





















































