Avec un onze profondément remanié, les Bleus ont d’abord séduit sans trouver la faille en Belgique. Mais ça, c’était avant que Michael Olise ne sorte de sa boîte pour libérer Zinédine Zidane et ses potes.
Belgique 0-1 France
But : Olise (88e) pour les Bleus
Il a patienté 77 minutes. Son spleen dans son legging, le chewing-gum entre les molaires, Michael Olise a forcément apprécié ce qu’il a vu depuis le bord du terrain. Face à lui et au reste du banc tricolore, une équipe qui n’avait jusque-là pas partagé grand-chose en sélection, si ce n’est rien, maîtrisait son sujet face à une Belgique elle aussi dans un nouveau cycle. Mais il manquait un déclic. Un coup de feu qu’a fini par déclencher le meneur du Bayern, une fois la chasuble tombée et le pied gauche chauffé. Cette frappe du gauche trouvant le petit filet opposé, il l’adore, il la connaît par cœur. Et c’est ainsi qu’il a pu éteindre le Roi Baudoin, et faire exploser de joie Zinédine Zidane, qui poursuit donc son début de mandat par un sans-faute.
Les Belges sont comme tout le monde : ils aiment Bad Bunny, Dua Lipa, Gala et DJ Ötzi au point de les passer les uns après les autres dans les enceintes pour le before. Une playlist sympathique, mais bien moins surprenante que celle concoctée par Zinédine Zidane pour sa seconde soirée aux platines de l’équipe de France. Neuf changements par rapport au match de la Turquie (Maignan et Lacroix restent, le premier prenant le brassard en l’absence du capitaine Mbappé blessé), le tube n’était pas assuré mais qu’importe : après une première timorée, il fallait balancer les watts.
Les clés furent alors données à Lucas Da Cunha et Eduardo Camavinga, les deux élégants gauchers du mitard formés au Stade rennais. Avec cette paire, bonifiée par la liberté de Maghnes Akliouche, un demi-cran plus haut, les Bleus débloquèrent des espaces et purent toucher Estéban Lepaul. Pour sa première titu, le Vosgien se montra un poil emprunté au moment de reprendre les centres de Pierre Kalulu (5e) puis Désiré Doué (17e), à l’inverse du Parisien qui mena la danse pour mettre trois rouges sur le cul et faire résonner la barre (12e).
Les locaux reprirent de l’air au quart d’heure de jeu, sous l’impulsion de Mika Godts et Kevin De Bruyne. Dans un dialogue de générations, les deux blonds mirent en évidence les trous laissés entre les lignes par Maxence Lacroix et ses potes. KDB fit même couler quelques gouttes de sueur sur les fronts, d’un centre au cordeau, d’une frappe brossée ou encore d’un lob de 40 mètres, tous tentés mais jamais finalisés. Bradley Barcola maladroit et/ou bousculé par l’énergique Nathan Ngoy, un coup franc vicieux d’Akliouche laissé lettre morte par Lepaul puis Kalulu, laissèrent Diable rouge et Bleus sur un score de parité à la pause. Mais une chose est sûre : la musique est plutôt bonne.
La force du groupe
L’importance du contexte, toujours. Forts de 45 minutes de vivre ensemble, les Bleus remirent en place leurs nouveaux automatismes. Et pendant que Charles De Kaetelere continuait de goûter aux jambes immensément longues de Jérémy Jacquet, de l’autre côté, c’est Da Cunha et Doué qui sortaient l’allonge, avec des frappes tapant la base du poteau pour l’un, le panneau publicitaire ou le bout des doigts de Senne Lammens pour l’autre. Les Belges semblaient alors lever le pied, mais pas toujours au bon endroit, ni au bon moment, en témoignent les avertissements à De Bruyne et Tielemans.
Il fallut l’entrée de Dodi Lukebakio pour pousser Mike Maignan dans ses retranchements. Celles du trio Ousmane Dembélé, Rayan Cherki et Michael Olise semblaient faire pschitt… mais c’était avant le grand PAF de Michael Olise, prompt comme jamais pour foutre un grand sourire sur les visages bleus, et faire disjoncter son coach, coupable d’avoir dégagé de toutes ses forces une balle posée sur le bas-côté. Qu’importe : ça fait 6 points au classement, aucune défaite, le tout avec 20 joueurs utilisés sur 23. C’est donc comme ça qu’on forme un groupe ?
Belgique (4-2-3-1) : Lammens – Castagne, Ngoy, Mechele, Seys (De Cuyper, 68e) – Tielemans, Lavia (Raskin, 85e) – Moreira (Lukebakio, 63e), De Bruyne (Vanaken, 63e), Godts – De Ketelaere (Fernandez-Pardo, 85e). Sélectionneur : Mark van Bommel.
France (4-3-3) : Maignan – Kalulu, Jacquet, Lacroix, Diouf – Akliouche (Cherki, 77e), Da Cunha (Koné, 90e), Camavinga – Doué, Lepaul (Dembélé, 68e), Barcola (Olise, 77e). Sélectionneur : Zinédine Zidane.