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Comment les coureurs du Tour de France suivent la Coupe du monde ?

Par Mathis Blineau-Choëmet
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Comment les coureurs du Tour de France suivent la Coupe du monde ?

Entre les matchs dans la chambre après les étapes, les chambrages des coureurs et les maillots des équipes nationales, le Tour de France vit au rythme de la Coupe du monde. Immersion au cœur du peloton.

Le Tour de France avance à vive allure en direction de Bergerac. L’asphalte des routes de Dordogne dépasse les 50 degrés. Niché au-dessus de leur tête, le soleil tape sur le casque des 176 coureurs encore engagés dans cette Grande Boucle. Pour braver cette chaleur insoutenable, les forçats de la route s’arrosent le corps et portent des gilets remplis de glaçons. D’autres décident de se rafraîchir l’esprit en parlant des matchs de la Coupe du monde. Kevin Vauquelin est l’un d’eux. Grand sourire aux lèvres, la révélation du Tour 2024 s’était donné la peine dans l’étape de samedi de redescendre en queue de peloton pour charrier Remco Evenepoel. « Il a le seum. Hier soir, ils ont perdu. Il y a plus de Belges », balançait le Français à l’ancien joueur d’Anderlecht, toujours abattu par la défaite de la veille des Diables rouges contre l’Espagne en quarts de finale de la Coupe du monde.

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Chambrage en queue de peloton

« J’étais derrière eux quand ça s’est passé », raconte Benjamin Thomas, roule-toujours de Cofidis. « Le jour d’Espagne-Belgique, beaucoup de coureurs sont allés voir Remco pendant l’étape parce qu’ils savent à quel point il est passionné de football. Ils lui demandaient s’il croyait à une qualification de la Belgique, mais il se montrait plutôt sceptique. Le lendemain de l’élimination, quand j’ai vu Kévin aller le voir, j’ai tout de suite compris qu’il allait le chambrer sur le sujet. »

Pendant le Tour de France, il faut être à 100% du temps concentré, et ce genre de discussion vous permet de respirer un peu.

Jonas Rickaert

Grimpeur de Décathlon CMA-CGM, Aurélien Paret-Peintre affirme qu’Evenepoel, habitué à porter des maillots de foot, « est aussi le premier à chambrer ». « C’est typiquement du chambrage de cycliste, assure de son côté le Belge Jonas Rickaert. C’est cool de voir qu’on parvient à rigoler lors des étapes. Pendant le Tour de France, il faut être à 100% du temps concentré, et ce genre de discussion vous permet de respirer un peu. »

Au lendemain du soleil de l’équipe de France contre l’Espagne en demi-finales, Kevin Vauquelin avait la pancarte. Le puncheur de Netcompany INEOS s’est mangé un retour de bâton dans les roues. Sur la route de Nevers ce mercredi, le Français a réagi à la défaite des Bleus face aux caméras : « On a le seum, ouais ! Ouais, on a le seum… » Quelques secondes après, le coureur espagnol Javier Romo le doublait à gauche de la route en lui montrant le score du match avec ses doigts, 2-0. L’arroseur arrosé.

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Comme en 2018, l’ambiance du Mondial s’invite au cœur de la Grande Boucle. Au moment de signer la liste de départ de l’étape 8, la formation norvégienne UNO X s’est par exemple essayée au Norwegian Row. Les rameurs scandinaves ont coulé au foot face à l’Angleterre, mais les coureurs de cette équipe les ont suppléés à la barre, puisque mercredi, Søren Wærenskjold a remporté la première étape de sa carrière sur le Tour de France.

Chez les autres équipes, Lotto-Intermarché a offert un maillot des Diables rouges floqué au nom de chaque coureur belge de l’équipe. Le baroudeur français de cette formation, Baptiste Veistroffer (« le Sanglier » pour les intimes), a quant à lui apporté le maillot des Bleus dans sa valise. Le soir de Belgique-Espagne, les coureurs de Lotto étaient devant leur télévision quand le porteur d’eau Mikel Merino a éliminé la bande de Rudi Garcia. Habituée à rouler devant la voiture-balai, la lanterne rouge du début de Tour Marco Haller a également suivi avec attention les rencontres de la Suisse, renvoyée par l’Argentine de Lionel Messi. D’après Jonas Rickaert, son coéquipier Mathieu van der Poel regarde aussi les matchs depuis sa chambre. L’occasion de reprendre de l’énergie après un début de Tour effréné sous la canicule.

À 2-0 contre le Maroc, on s’est dit avec Paul Seixas qu’il fallait se coucher pour gagner du sommeil.

Aurélien Paret-Peintre, coureur de Déchatlon CMA CGM

Lorsqu’ils rentrent à l’hôtel, les coureurs passent par la case massage, repas et terminent leurs journées éreintantes par les matchs de la Coupe du monde. Enfin, quand ils ne sont pas diffusés trop tard. « On va rarement se coucher avant 23h donc ça passait pour les matchs à 21h. Autrement, c’est trop tard », précise Aurélien Paret-Peintre, qui pour ce Tour, partage sa chambre avec la pépite Paul Seixas. Supporters de l’Olympique lyonnais, les deux hommes ont regardé le France-Maroc sous la couette. « À 2-0, on s’est dit qu’il fallait se coucher pour gagner du sommeil. » Basé dans un autre hôtel, Benjamin Thomas a également regardé le quart contre les Lions de l’Atlas avec son partenaire de chambre Hugo Page. « Quand il y avait 2-0, Hugo est allé se coucher. J’ai coupé la télé et j’ai regardé la fin sur mon téléphone pour ne pas le déranger. Au coup de sifflet final, je me suis dit que je pouvais dormir tranquille. » Thierry Roland appréciera.

Le foot prend le relais

Les coureurs interrogés l’attestent : regarder le foot permet de se relaxer après les étapes parcourues à un train d’enfer. « C’est une bonne manière de se détendre avant de dormir », indique Rickaert, fidèle à Harry Kane malgré son passeport belge. Fan de Rayan Cherki, Aurélien Paret-Peintre estime que « les matchs permettent aux coureurs de penser à autre chose ». Un constat partagé par Benjamin Thomas : « Pendant trois semaines, on parle vélo matin, midi et soir. Le foot permet de sortir un peu du rouleau compresseur qu’est le Tour. »

Le coureur de la Cofidis s’était préparé à chambrer le chauffeur de bus espagnol de l’équipe nordiste en cas de victoire contre l’Espagne mardi soir. En revanche, pas question de taquiner ses coéquipiers espagnols Ion Izagirre et Alex Aranburu. « Eux, ils n’en ont rien à cirer du foot. Ils n’ont regardé aucun match de l’Espagne. Ils disent : “Nous, le foot, ça ne nous intéresse pas.” Ce n’est vraiment pas leur truc et c’est moi qui les tenais au courant des résultats jusqu’au quart de finale », concluait le champion olympique sur piste aux JO de Paris 2024 pendant la journée de repos lundi. Mercredi matin, il n’est pas certain que Benjamin Thomas ait annoncé à ses deux coéquipiers que la France était hors délai du Mondial.

Quel adversaire préférez-vous pour la France en demi-finales de la Coupe du monde ?

Par Mathis Blineau-Choëmet

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