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Lettre à Cristiano Ronaldo : obrigado por tudo, mais il est temps de partir

Par Loriane Pereira
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Lettre à Cristiano Ronaldo : obrigado por tudo, mais il est temps de partir

Face au pays de Galles ce jeudi soir, Cristiano Ronaldo a connu sa 234e cape avec le Portugal. Après la Coupe du monde et le départ de Roberto Martinez, la sélection aurait pu dire au revoir à sa légende et lancer un nouveau cycle. Seulement, l'attaquant de 41 ans s'accroche encore et toujours, quitte à gâcher sa fin.

Cher Cristiano Ronaldo,

Ce jeudi soir, un nouveau cycle s’est ouvert au Portugal. Jorge Jesus est revenu sur ses terres. Cristiano, toi, tu refoulais la pelouse d’Alvalade, un stade que tu avais inauguré 23 ans plus tôt, un soir d’août où tu avais tapé dans l’œil de Sir Alex Ferguson. À la fin de ce même mois d’août, tu avais déjà signé en Angleterre et tu avais fêté ta première cape avec la Seleção. L’histoire était en marche. Et que cette histoire fut riche : il y a bien sûr eu beaucoup de larmes, celles de l’Euro 2004 et le déchirement d’une défaite à la maison. Douze ans plus tard, ces mêmes larmes au moment de sortir de la pelouse du Stade de France. Heureusement, le héros Éder est venu marquer le but le plus important de l’histoire du pays. Ces larmes de détresse s’étaient ainsi transformées en larmes de joie au moment de soulever un trophée tant attendu pour dix millions de personnes, qui vivent le football avec la même fierté que celle d’être Portugais.

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Il y a également eu les deux Ligues des nations, peut-être considérées comme des trophées en bois pour certains, mais qui ont une nouvelle fois permis aux Portugais de se retrouver dans la rue pour célébrer des titres trop rares pour être ignorés. Ton histoire avec le pays, ce n’est pas que des titres : ce sont aussi des moments extraordinaires, le barrage contre la Suède ou le triplé contre l’Espagne en 2018. Et 146 buts. Qui aurait pu imaginer que l’enfant de Madère marque autant sous le maillot rouge ? Personne, si ce n’est toi. Alors, merci. Ou plutôt obrigado. Pour tous ces buts, ces trophées et ces moments inoubliables. Obrigado pour avoir donné de la lumière à un pays qui a tant à offrir. Bien sûr, il y a bien eu Eusébio, Luis Figo ou Deco avant toi. Ces pionniers qui ont contribué à l’amour d’un pays pour sa sélection. Mais aucun d’eux n’a fait ce que tu as fait. Personne n’a fait venir autant de touristes étrangers dans les rues de Porto, Lisbonne ou Braga pour venir te voir. Des Japonais, des Indiens ou des Américains qui entonnent A Portuguesa. Tu as contribué au rayonnement du Portugal, et pour cela obrigado.

Personne n’est au dessus du Portugal

Maintenant, il faut dire stop. Pour le bien du pays auquel tu as tant donné et qui te l’a bien rendu. Car, tout Cristiano que tu es, personne ne peut être au-dessus du Portugal. Et pourtant, c’est ce sentiment qui flotte au-dessus de chaque match de la sélection depuis quelque temps. Après ces éliminations contre le Maroc, la France ou l’Espagne, étaient-ce des larmes qui traduisaient la tristesse de la fin d’un rêve portugais ou celle de ton ambition personnelle ? Pleurais-tu après la défaite contre l’Espagne parce que tu savais que tu n’égalerais jamais Lionel Messi ? Car, dans quelques jours, à quelques milliers de kilomètres de Lisbonne, ton plus grand rival va tirer sa révérence avec l’Albiceleste. Il part quelques semaines après avoir de nouveau éclaboussé le monde de sa classe, pendant que le Portugal se déchirait après la défaite contre les voisins.

Avec huit buts en Amérique, Messi aurait encore pu continuer. Mais il a décidé de partir au bon moment, peut-être pour éviter les scènes entrevues contre le pays de Galles. Des occasions manquées, beaucoup de hors-jeux, des frappes écrasées et des gestes d’énervement nous ramenant à cette drôle de teinture. Mais surtout, l’impression que tu n’es plus là pour les bonnes raisons. D’ailleurs, pourquoi ne t’es-tu pas arrêté ? Pour atteindre les 1 000 buts, un record qui ne « t’obsède pas » ? Pour jouer avec ton fils ? Ou alors pour disputer la Coupe du monde au pays, en 2030 ?

Tu as pourtant assuré ce mercredi que tu pouvais partir « dès aujourd’hui, si l’entraîneur ou le président ne comptent plus sur [toi] ». Pourtant, tu le sais, personne ne te mettra à la porte. Tant que tu seras là, tous les débats se tourneront vers toi : si le Portugal perd alors que tu n’es pas là, c’est que l’entraîneur aurait dû te titulariser. Si le Portugal perd alors que tu es là, c’est que l’entraîneur aurait dû te laisser sur le côté. C’était pourtant impensable à écrire il y a encore quelques années, mais tu es désormais devenu une épine dans le pied de la sélection et de son développement. D’autres générations arrivent et tu dois laisser ta place. Le Portugal n’est pas à toi. Les Portugais te remercient, et continueront de raconter ta légende, mais ne la laisse pas s’écailler.

Jorge Jesus obligé de se justifier après la sortie de Cristiano Ronaldo

Par Loriane Pereira

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