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Mark van Bommel, l’intense avec les Diables

Par Julien Duez
5' 5 minutes
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Mark van Bommel, l’intense avec les Diables

Successeur de Rudi Garcia sur le banc des Diables rouges, Mark van Bommel tranche avec le caractère latin du Français et a déjà imposé le retour d’une patte néerlandophone au sein du groupe belge. Après avoir démarré tambour battant face à l’Italie, l’ancien international oranje attend la France de pied ferme pour confirmer ses ambitions.

Mark van Bommel porte en lui ce trait de caractère typiquement néerlandais, tantôt taxé d’arrogance, tantôt d’assurance. Une chose est sûre, le Batave est ambitieux et sûr de lui. Comment pourrait-il en être autrement chez un homme qui a surpris la Belgique entière en remportant un triplé historique (championnat, Coupe, Supercoupe) avec l’Antwerp en 2023, ramenant le trophée de champion de Belgique dans l’armoire du Great Old pour la première fois depuis 1957 ? Et comment cet optimisme dénué de naïveté pourrait-il se tarir après avoir mené les Diables rouges vers leur première victoire en match officiel face à l’Italie depuis 1972, qui plus est à l’extérieur (1-2) ?

Les Bleus de Zinédine Zidane sont prévenus : après leur semi-échec au Mondial nord-américain et une courte défaite face à l’Espagne en quarts de finale, les partenaires de Kevin De Bruyne ont les crocs et attendent la France de pied ferme ce lundi soir à Bruxelles. « Je suis très heureux de mes débuts avec cette équipe, du contact avec les joueurs. Le niveau de ce noyau est très élevé ! […] J’ai des attentes élevées pour ce groupe. On doit continuer d’être dominant, à l’image des 45 premières minutes contre l’Italie », a d’ailleurs prévenu MvB en conférence d’avant-match.

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Cure de jouvence et bases solides

Son objectif est clair : achever la transition du groupe belge, avec l’Euro 2028, puis le Mondial 2030 en ligne de mire, le tout en imposant son 4-3-3 chéri et une « intensité » (un mot qu’il répète à l’envi) permanente sur le terrain. Et pas question d’accorder des passe-droits liés au statut ou à l’ancienneté. Voilà comment Thomas Meunier et Alexis Saelemaekers sont restés à quai de la première liste de Van Bommel, lequel a également répondu avec une pointe d’ironie au fait que Romelu Lukaku (33 ans) avait marqué 14 fois au Stadio Olimpico de Rome, où la Belgique affrontait l’Italie vendredi dernier : « C’est beau, mais ce n’est pas une raison suffisante pour être titulaire. En revanche, je vois à l’entraînement qu’il se rapproche de sa meilleure forme. »

À Rome, le Néerlandais avait aligné peu ou prou le même XI que son prédécesseur Rudi Garcia face à l’Espagne. Les seuls absents (Courtois, Doku, Trossard) étaient blessés, mais leurs remplaçants (Lammens, Godts, Moreira) ont rendu une copie très satisfaisante, en particulier le nouvel ailier du Paris Saint-Germain, écarté de la liste de Garcia pour le Mondial et auteur d’un retour réussi en inscrivant son premier but international pour sa troisième apparition sous la vareuse des Diables.

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Sa place de titulaire ne devrait pas longtemps être remise en question et traduit le rajeunissement du groupe. Indispensable pour aller de l’avant. Ce dont ne se cache d’ailleurs pas Kevin De Bruyne, qui fait désormais figure de vétéran du haut de ses 35 ans et 125 sélections : « De nombreux joueurs m’ont demandé de rester, ça m’a donné envie de poursuivre. Je viens ici pour aider l’équipe, mais faut que les responsabilités changent de main petit à petit. Je suis toujours là pour aider le groupe, [aux jeunes] de prendre les commandes. »

Hij spreekt geen frans, mais on s’en fout, tant qu’il gagne on l’aime beaucoup

Chat échaudé craint l’eau froide, les Belges ont donc appris à ne pas juger trop vite les débuts de leurs nouveaux sélectionneurs. Ceux de Rudi Garcia avaient été timorés (défaite contre l’Ukraine), à l’inverse de ceux de Domenico Tedesco (victoire contre la Suède) et les deux hommes ont finalement vécu un départ inversement proportionnel à leurs démarrages respectifs. « En tant qu’entraîneur, Van Bommel est totalement incomparable à Tedesco. Il sait de quoi il parle, il connaît notre championnat et la mentalité belge », juge cependant l’ancien Diable rouge Marc Degryse dans les colonnes du quotidien Het Laatste Nieuws.

Ce que Van Bommel ne connaît pas en revanche, c’est la langue française. L’intéressé, qui communique exclusivement en néerlandais dans le vestiaire comme en conférence de presse, ne s’en cache pas et maîtriser la langue de Molière ne lui apparaît d’ailleurs pas comme une priorité : « Il y a plusieurs langues en Belgique, mais c’est un seul pays. Nous devons faire ensemble, du mieux possible, peu importe la langue. […] Il faut pouvoir se comprendre et essayer d’obtenir des résultats ensemble. La langue qui est parlée ne m’importe pas », se justifiait-il peu après sa nomination au mois d’août dernier.

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Et alors qu’outre-Quiévrain, certains ont vu dans sa nomination une reprise du pouvoir de l’aile flamande de l’Union belge, laquelle n’avait jamais vraiment accroché au profil de Rudi Garcia (qui ne maîtrisait pas plus le néerlandais que ses prédécesseurs Tedesco et Roberto Martínez, lesquels communiquaient d’ailleurs en… anglais), on est tout de même loin du retour d’un conflit linguistique qui semble appartenir au passé, les joueurs du noyau préférant évoquer la personnalité et le plan de jeu de leur nouveau sélectionneur : « C’est un Néerlandais typique. Il est très direct dans sa communication », résumait ainsi De Bruyne sur le ton de l’humour en conférence de presse, tandis que Charles De Ketelaere insistait sur « les bases de son jeu, qui correspondent bien à la Belgique et aux Flamands, des gens qui aiment être structurés ».

Nicolas Raskin, pourtant Liégeois de naissance et comptant à ce titre parmi les rares titulaires francophones, est lui aussi tombé sous le charme : « C’est une belle philosophie du jeu, moderne, portée vers l’avant, avec un pressing en avançant. Ça peut bien matcher avec le groupe. On voit qu’il donne de l’importance à expliquer ses plans. » Peu importe comment finalement, l’important c’est que le message passe. Face à la France, on verra s’il a bien été compris ou si l’Italie n’était qu’un heureux accident.

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Par Julien Duez

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