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Gonçalo Ramos, l’art de partir au sommet

Sorte d’Ole Gunnar Solskjær de Paname, Gonçalo Ramos quitte le Paris SG pour l’AC Milan contre un montant quasi record — plus de 70 millions d’euros —, soit la plus grosse vente de l’histoire du club après celle de Neymar en 2023. En trois saisons, celui qui aura amassé 12 trophées part avec l’étiquette d’un joueur trop léger pour prétendre à être le neuf titulaire, mais avec de sérieuses références en sortie de banc. Merci pour tout, pistolero.
On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. En l’occurrence, pour Gonçalo Ramos, ce bruit ressemble à la sonorité d’un tir au but qui termine dans les ficelles adverses un soir de sacre en Ligue des champions. Après trois saisons dans la capitale (131 matchs, 45 buts, 10 passes décisives), le numéro 9 portugais rejoint l’AC Milan contre la rondelette somme de 70 millions et des patates (les patates étant laissées à l’appréciation des différents agents et intermédiaires).
C’est bien simple, à l’exception de Neymar en 2023, aucune vente n’a autant rapporté au PSG. C’est beaucoup pour un simple remplaçant, mais c’est là où l’histoire de Ramos est différente. Gonçalo n’était pas qu’un simple remplaçant. Il était LE remplaçant. Celui qui marque en fin de match, en sortie de banc, contre Tottenham en Supercoupe d’Europe et contre l’OM au Trophée des champions. Mais aussi contre le Barça, contre Nice, contre Toulouse, contre Rennes, contre Manchester City, contre Brest, contre le Real Madrid, contre Lyon, contre Monaco, contre Lens, au Vélodrome, etc. Bref, quand il fallait jouer un quart d’heure, faire basculer une rencontre et planter des pions décisifs, Ramos était létal, unique, fantastique, machiavélique, magique.
Le Toni Kukoč du PSG
Le souci réside dans son autre face, celle moins glorieuse, celle de titulaire. Recruté pour 80 millions avec bonus à l’été 2023, en même temps que Randal Kolo Muani, Ramos n’a jamais réussi à s’épanouir, et donc à performer, quand il a commencé des matchs. S’effaçant même lors des grands rendez-vous (aucun but lors de la campagne de C1 de 2023-2024). Comme si le garçon ne parlait pas le même football que ses coéquipiers ou celui voulu par son coach. Difficulté à combiner dans les petits espaces, unidimensionnel, invisibilisation pendant de nombreuses séquences, des mi-temps à 10 ballons touchés et aucun tir : Ramos a traversé des matchs, y compris des affiches quelconques de Ligue 1, comme un fantôme, faisant planer le doute sur sa capacité à endosser le rôle d’attaquant de pointe dans ce PSG-là. La révélation de Dembélé à ce poste et sa polyvalence aussi développée que son bagage technique ont fait du Français une évidence. Reléguant Ramos à son meilleur rôle : celui de sixième homme.
C’est injuste ce que je fais avec lui, mais il montre que je me rate.
Rien de déshonorant, des hommes ont fait des carrières brillantes ainsi, comme Toni Kukoč dans les Bulls de Chicago du deuxième three-peat. D’autant que le Portugais n’a jamais râlé, jamais pesté, jamais traîné son spleen ou son irritation. « Aujourd’hui, Gonçalo Ramos a joué cinq minutes et il marque. Il lutte tout le temps. C’est incroyable. C’est injuste ce que je fais avec lui, mais il montre que je me rate », lançait Luis Enrique en avril dernier à la sortie d’un PSG-Toulouse au cours duquel le Portugais avait planté un énième but en sortie de banc.
Planter ailleurs
Mais la vie d’un club est parfois faite de décisions dénuées de sentiments. Après trois saisons, Ramos voulait sans doute trouver une place de titulaire assurée, dans un club moins enclin à briller sur la scène européenne, du coup. Ce sera le Milan. Pas le Grande Milan, mais un club mythique, au passé doré et où les buteurs ont toujours eu la cote : Van Basten, Weah, Ibrahimović, Ronaldo, Nordahl, Shevchenko, Altafini, Inzaghi. En Serie A, le Portugais trouvera, on l’espère, un terrain de jeu idéal pour planter pléthore de pions.
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Jusqu’au bout, l’homme aura été classe. Même son message d’adieu au PSG l’est. « Aujourd’hui, je pars, mais je laisse une partie de mon cœur dans ce club. Le PSG restera toujours une maison pour moi, et je garderai la fierté d’avoir contribué à écrire un chapitre de son histoire. » Ce n’est pas le bruit du bonheur qui s’en va que l’on entend, mais celui de nos larmes. On l’aimait bien, au fond, notre baby-face killer venu du banc. Mais aimer, c’est savoir se quitter au bon moment. Et c’était le bon moment. Partir sur une praline en lucarne en finale de Ligue des champions, quel plus bel adieu que ça ? Rien.
Le PSG officialise un premier départPar Mathieu Faure




















































