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Top 10 : ne parlez pas de remplaçants, dites supersubs
Entrer en jeu sans prévenir, changer le scénario et repartir avec le costume de héros, ainsi se résume le rôle de supersub. Des finales de Coupe du monde à Matignon, ils sont quelques-uns à avoir bâti leur légende en seulement quelques minutes. Top 10 de ceux qui n’avaient pas forcément vocation à jouer, mais qui ont fini par tout décider.

→ Gonçalo Ramos
Gonçalo Ramos ne joue pas beaucoup cette saison, comme d’hab’. Mais quand il joue, le PSG est certain de gagner. Entrée à la 77e contre Tottenham ? Égalisation à la 90e+4. 72e face au Barça ? But de la gagne à la 90e+4, encore. 72e contre Nice ? Victoire à la 90e+2. 89e face à l’OM ? Sauvetage à la 90e+5, transformation du péno comprise. L’an dernier déjà, le Portugais avait planté la dernière dague dans le dos de Manchester City. Alors, en tant que titulaire, c’est souvent décevant, mais en tant que supersub, c’est peut-être le meilleur de l’histoire du club de la capitale. Comme le géant violet Thanos, Ramos est devenu inéluctable.
→ Mario Götze
« Je lui ai dit : montre au monde entier que tu es meilleur que Messi, que tu peux faire la différence dans ce match. » Comme quoi, une petite phrase d’encouragement, ça peut suffire pour écrire l’histoire. En l’occurrence, les mots doux susurrés par Joachim Löw à l’oreille de Mario Götze peu avant son entrée à la 88e minute de la finale du Mondial 2014 ont été déterminants pour permettre au Bavarois d’enchaîner un contrôle de la poitrine avec une reprise du gauche qui ont offert à l’Allemagne sa quatrième étoile aux dépens de l’Argentine. Un but royal marqué grâce à un service tout aussi royal d’André Schürrle, autre supersub de la partie, mais pas pour les mêmes raisons.

→ Eder
Éderzito António Macedo Lopes, dit Eder, est l’un des plus grands criminels de l’histoire du foot hexagonal. Au panthéon des assassins des Bleus, aux côtés de Messi, de Kostadinov ou encore d’un certain Materazzi, le Portugais n’a rien à envier à tous ces noms lorsqu’il s’agit d’avoir fait pleurer bon nombre de Français. Presque invisible sur toute la compétition, l’attaquant n’avait réussi que dix passes dans tous les matchs d’Euro 2016 auxquels il a participé. Sans oublier sa saison de Ligue 1 avec Lille dont il sort avec seulement 6 buts. Malgré cette pluie d’échecs, ça ne l’a pas empêché de venir fissurer la défense Umtiti-Koscielny, avant de loger une frappe fuyante dans les filets de Hugo Lloris à la 109e pour faire exulter un CR7 en béquilles. Après être devenu héros pour l’éternité, Eder s’est transformé en porteur du trophée lors de la finale d’édition 2020, remportée par… l’Italie. Cher payé.
→ Mei
Plus besoin de répéter que Shaolin Soccer est le plus grand film de foot de l’histoire. En revanche, il est toujours bon de rappeler que la victoire de l’équipe de Pied droit d’or en finale de la Coupe face à la Team Evil a été rendue possible par l’association du kung-fu avec le taï-chi. Décimés au fil des minutes par les sales tricheurs de l’infâme Hung, les shaolins ne sont plus que sept sur la pelouse et l’arbitre menace de les déclarer perdants par forfait. C’est là que, sortie de nulle part, intervient Mei, une vendeuse de rue qui s’est rasé le crâne pour passer inaperçue et tenir les cages jusqu’au coup de sifflet final. Cette arrivée inattendue se matérialise d’abord par une parade miraculeuse, suivie d’une relance tout en douceur, directement dans les pieds de Jambe d’acier qui, au terme de la 456 832e pirouette acrobatique du film, trouve enfin la faille en détruisant littéralement la surface adverse. Comme quoi, pas forcément besoin de faire simple pour être efficace.
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→ Émerse Faé
Cette lourde défaite face à la Guinée équatoriale (0-4) a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Avec neuf orteils dans le wagon des éliminés, la Côte d’Ivoire vit un scénario cauchemar dans la CAN qu’elle organise. Avant que le fiasco ne se confirme, la fédé réagit en virant le sélectionneur Jean-Louis Gasset pour le remplacer par son adjoint Émerse Faé. Bilan de l’ancien Nantais : une qualification en huitièmes sur le fil grâce au tableau des meilleurs troisièmes, suivie de victoires à l’arraché contre le Sénégal, le Mali, puis la RD Congo, avant un triomphe en finale face au Nigeria. On n’avait pas vu une remontada aussi intense depuis le 8 mars 2017.
→ Sébastien Lecornu
Démissionnaire de son poste de Premier ministre en octobre 2025 après seulement 27 jours passés à Matignon, Lecornu est finalement renommé par Emmanuel Macron au bout de 96 heures de crise institutionnelle. Faire re-rentrer un mec qu’on a sorti dans le même match, c’est souvent signe que le coach a un gros problème de profondeur de banc. Ou bien une panne d’inspiration tactique, c’est selon.
→ Ole Gunnar Solskjær
Un supersub pour les gouverner tous et les marquer dans les arrêts de jeu. Peut-être le plus évident de ce top avec une simple stat pour résumer le bonhomme : 28 de ses 126 buts pour Manchester ont été inscrits en sortie de banc. Froidement. Solskjær n’entrait jamais pour faire le nombre, mais pour finir le boulot. D’où son surnom de Babyface killer, sourire d’enfant, sang glacé. Et puis il y a eu Barcelone 1999. Finale de Ligue des champions, le Bayern célèbre déjà, mais les Red Devils refusent de mourir. 90e+3 : corner, cafouillage dans la surface, pointe du pied, le chaos s’abat sur la Bavière. Solskjær est tellement le supersub le plus historique de United que lorsqu’il revient pour sortir son club du bourbier post-Mourinho, il devient le coach avec le plus de victoires depuis Sir Alex Ferguson. Un supersub n’est jamais en retard, ni en avance d’ailleurs, il arrive toujours à l’heure prévue !
→ Bonaventure Kalou
Le supersub programmé. À la veille de la finale de la Coupe de France 2005 entre l’AJ Auxerre et Sedan, l’international ivoirien dispute un match en Libye avec les Éléphants. La suite, on la connaît : Guy Roux le fait rapatrier illico en jet privé et l’installe sur le banc pour le faire entrer en fin de seconde période à la place du capitaine Yann Lachuer. Coût total de l’opération : un million d’euros pour 20 minutes de jeu et un but à la 90e+4 qui a offert à l’AJA le dernier titre majeur de son histoire.
→ Le supersub amateur
Steve Davis, supporter de West Ham, ou l’un des plus grands braqueurs de légitimité de l’histoire du football anglais. Loin des bulles toutes mignonnes soufflées par les fans des Hammers, c’est le mec en survêtement qui répète qu’il aurait fait mieux après le raté d’un pro payé 30 bâtons par mois mais, pour une fois, le fait vraiment. Le 27 juillet 1994, en match de présaison à Oxford, Steve, quelques clopes et bières déjà consumées, est en tribune et passe 45 minutes à détruire Lee Chapman et son inefficacité face au but adverse. Jusqu’à ce que le coach des Irons Harry Redknapp se retourne et lui demande s’il pense être meilleur. Steve répond que oui, avec un flegme tout britannique. Dont acte : à la pause, il reçoit une paire de crampons, un maillot floqué du numéro 3 et un short trop grand. Chauffeur-livreur la semaine, footeux du dimanche matin, il entre en jeu et, évidemment, marque à la 71e en reprenant un ballon qui traîne après un contrôle raté. Bilan : victoire 4-0. Force à Lee Chapman qui, en hommage à son nom de famille, va colporter cette anecdote toute sa vie.
→ Jun Misugi
Il y a des supersubs qui renversent le cours d’un match, et ceux qui renversent le cours d’une vie. Jun Misugi (Julian Ross en V.F.) appartient clairement à la deuxième catégorie. Inspiré du légendaire Johan Cruyff, Misugi n’a jamais pu profiter pleinement d’un talent que tous les experts jugeaient supérieur à celui de n’importe quel Samurai Blue, loin devant Mark Landers et Olivier Atton. La faute à une insuffisance cardiaque qui l’oblige à ne jouer que quinze minutes par match. Quinze minutes souvent suffisantes. Notamment en poules de la Coupe du monde U20 face à l’Argentine de l’odieux Juan Díaz, numéro 10 aussi talentueux que vicieux. Talonnade sortie de nulle part, une-deux avec Olive, ciseau, but. Qualification en huitièmes. Supersub par contrainte médicale, clutch par nature.
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Par Julien Duez et Mohamed Helti























































