- Allemagne
Pourquoi il ne faut surtout pas arrêter le Klopp

En retrait des bancs depuis bientôt deux ans, Jürgen Klopp refait doucement parler de lui. Comme le signe que son retour dans le survêtement d’entraîneur doit se faire au plus vite.
Les dents en céramique sont là, le bronzage aussi. En apparence, Jürgen Klopp n’a pas changé. Mieux, il a même excellente mine. Après tout, le gaillard de 58 ans ne fait plus grand-chose depuis son départ de Liverpool en juin 2024. Enfin si, il est devenu « directeur du football à l’international » du groupe Red Bull, soit le genre de job impossible qui fait seulement effet sur LinkedIn. Klopp se balade ainsi dans un costume de VRP censé représenter la firme aux taureaux, en prêtant son sourire à des matchs de Leipzig, du Paris FC ou de NBA. Ces dernières semaines pourtant, son nom revient doucement dans les discussions, parfois alimentées par lui-même.
Impossible de décrocher
Au détour de meetings ou de conférences de presse, il évoque ainsi son envie de prendre du temps avant d’éventuellement retrouver un banc, sans pour autant être catégorique. Un flou sérieusement entretenu ce lundi par son agent, Marc Kosicke. Dans un entretien accordé à Transfermarkt, l’agent a ainsi avoué que son protégé est bien sur le marché : « Avant de rejoindre Red Bull, Jürgen aurait pu entraîner les États-Unis ou l’Angleterre. Probablement aussi l’Allemagne, si Julian Nagelsmann n’avait pas été engagé avant. […] Même Chelsea et Manchester United se sont renseignés, bien que Jürgen ait clairement indiqué qu’il n’entraînerait aucun autre club en Angleterre. Ces demandes continuent d’affluer. » Avant d’ouvrir une brèche : « Peut-être qu’un jour, il dira qu’il a besoin de retrouver l’ambiance des vestiaires. » Une brèche dans laquelle on s’engouffre volontiers pour demander à l’Allemand de revenir entraîner.
Love it, boss 😍 pic.twitter.com/MZYPKnCFPZ
— Liverpool FC (@LFC) April 25, 2022
Qu’on se le dise : Jürgen Klopp manque beaucoup au football. Au-delà de ses principes de gegenpressing, c’est surtout la gouaille du Teuton que doit regretter tout amoureux du ballon. Dans un univers que l’on ne cesse de décrier en raison de son aseptisation, les entraîneurs ont un sérieux rôle à jouer. Trop intellectuels pour certains (Arteta, Nagelsmann par exemple) ou incapables de fédérer autour d’eux (De Zerbi, Slot), les coachs semblent avoir perdu l’énergie qui caractérise leur poste et ne sont plus qu’une poignée à véhiculer une identité propre. Problème, tous arrivent au bout du chemin. Véritables marqueurs générationnels, Simeone, Deschamps ou Mourinho – pour ne citer qu’eux – s’apprêtent à prendre une longue pause. Idéal pour voir Jürgen Klopp revenir en grande pompe afin de poursuivre la tradition. Aux côtés de Pep Guardiola et Luis Enrique, il serait donc l’un des derniers garants de la vieille garde d’entraîneurs encore en poste.
Entre le Real Madrid et l’Allemagne
Mais pour aller où ? Si Klopp devait se targuer d’une seule ligne sur son CV, ce serait d’être toujours parvenu à soigner des bêtes blessées. Lorsqu’il reprend Mayence en 2001, le club végète en deuxième division allemande. Trois ans plus tard, il le hisse en Bundesliga, puis en Coupe d’Europe. Lorsqu’il reprend Dortmund en 2008, le club est un fantôme endetté. Trois ans plus tard, il en fait un double champion d’Allemagne. Enfin, lorsqu’il reprend Liverpool en 2015, le club est exclu du top 5 depuis belle lurette. Quatre ans plus tard, il remporte la Ligue des champions puis la Premier League. Des accomplissements fous, que Klopp pourrait vite remettre au goût du jour. Deux choix s’offrent à lui : le Real Madrid, au sein duquel son nom revient sans cesse, ou l’équipe d’Allemagne, son rêve absolu.
Dans les deux cas, les possibilités sont grandes. JK n’a jamais vraiment réfuté les rumeurs l’envoyant chez les Merengues, comme il le suggérait aux médias espagnols fin janvier : « Pour l’instant, je dirais non, mais il ne faut jamais dire jamais. Je ne pense pas changer d’avis, mais on ne sait jamais. » Quant à la sélection allemande, son agent a donc précisé que les liens étaient très sérieux. Une élimination précoce lors du prochain Mondial et l’éviction de Nagelsmann n’étant pas à exclure. Dans ce contexte, Klopp y trouverait facilement son compte, à savoir deux équipes bancales à redresser comme il sait le faire et la possibilité d’en devenir le personnage principal, en éteignant les ego de certains joueurs. La proposition est alléchante et excite, bien plus qu’une canette de Red Bull.
Sami Khedira balance son top 5 des meilleurs milieux de l’histoirePar Adel Bentaha
















































