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Alessandro Longoni au PSG, vice repetita

Par Mamadou Junior Diop
4' 4 minutes
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Alessandro Longoni au PSG, vice repetita

Salvatore Sirigu, Gianluigi Buffon, Gianluigi Donnarumma, Denis Franchi et plus récemment Renato Marin : le PSG et les gardiens italiens, c’est toute une histoire. Le prochain devrait s’appeler Alessandro Longoni. Né à Côme en 2008, formé au Milan et présenté en Italie comme l’un des plus grands talents de sa génération à son poste. À ce rythme-là, le Campus PSG va finir par ouvrir un rayon portieri italiani.

Côme, Chelsea, Manchester City : plusieurs clubs ont pris la température. Mais c’est Paris qui est en passe de mettre la main dessus. Bon sur sa ligne, à l’aise au pied, déjà très costaud sur penalty : le genre de profil qui coche quelques cases dans un club entraîné par Luis Enrique, où même le gardien doit parfois donner l’impression d’avoir grandi à la Masia. Avec le départ attendu de Renato Marin en prêt, Alessandro Longoni devrait arriver dans un rôle de troisième gardien, avec le groupe pro comme objectif et le temps de grandir sans brûler complètement les étapes.

Dans les pas de Donnarumma

Gardien italien, formé au Milan, qui arrive libre à Paris. Forcément, tout le monde pense à Gianluigi Donnarumma. La comparaison est pratique, un peu facile, mais elle raconte quand même quelque chose. Donnarumma était un ovni du football italien : débuts professionnels à 16 ans, titulaire à 17, capitaine du Milan à 19. Longoni, lui, part avant même que le club rossonero ne lui donne vraiment la possibilité de copier son prédécesseur.

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Précocité. Le mot colle bien au parcours de ce 2008. Au Milan comme avec l’Italie, Longoni a très vite été surclassé. Avec les Rossoneri, il découvre la Primavera à 16 ans, avant de s’y installer la saison suivante. En sélection, même histoire : il remporte l’Euro U17 2024 avec l’Italie en jouant avec des 2007. Une compétition où il brille, titulaire en poules puis en quarts de finale, avant d’être stoppé net par une commotion cérébrale qui lui fait manquer la demi-finale et la finale. Les Azzurrini iront chercher le titre sans lui dans le but, mais pas sans lui dans l’histoire. Un an plus tard, le couvert est remis au Mondial U17. Pour le match de la troisième place contre le Brésil, l’Italie tient le 0-0 puis file aux tirs au but. Longoni en sort deux, offre le bronze aux siens et permet à la Nazionale de signer un résultat historique dans la compétition. Pour un gardien de 17 ans, il y a pire comme carte de visite que de calmer deux Brésiliens.

Milan a choisi d’autres gants

Malgré tout ça, le chemin s’est bouché à Milan. Le club a décidé de miser sur Matteo Pittarella, un autre 2008, pourtant doublure de Longoni la saison précédente. Pittarella part en tournée avec Mike Maignan, Pietro Terracciano et Lorenzo Torriani. Torriani, lui, garde une longueur d’avance dans la hiérarchie et s’installe dans le rôle de jeune gardien proche du groupe pro. Longoni reste surtout avec la Primavera et voit l’ascenseur passer sans lui. À partir de janvier, la rupture se voit même sur les feuilles de match. Après son refus de prolonger, son temps de jeu s’écroule : seulement 14 minutes disputées avec la Primavera jusqu’à la fin du championnat, plus une apparition symbolique avec Milan Futuro. Milan considère Torriani et Pittarella devant lui ; Longoni ne croit plus vraiment au projet. En tant que gardien, difficile de gratter du temps de jeu en entrant piston gauche à la 78e.

Ce départ raconte aussi quelque chose du football italien actuel. Le pays continue de former, continue de gagner chez les jeunes, continue de sortir des générations très intéressantes. Mais au moment de transformer un gamin de Primavera en joueur adulte, ça coince souvent. La Serie A adore parler de ses jeunes. Elle aime juste un peu moins leur donner les clés. Samuele Inácio a quitté l’Atalanta pour le Borussia Dortmund. Andrea Natali est passé par le Barça puis l’AZ Alkmaar. Dans les équipes de jeunes italiennes, on retrouve maintenant des joueurs à West Bromwich Albion, Reims, Dortmund ou Bruges. Les jeunes Italiens existent encore. Ils existent juste de moins en moins en Italie. Longoni ne sera peut-être jamais Donnarumma. Peut-être qu’il deviendra seulement un autre gardien italien passé par Paris. Mais son départ dit déjà beaucoup : Milan sait encore former, l’Italie sait encore gagner avec ses gamins, et le PSG sait encore se glisser au moment où tout bloque. Comme quoi, le problème du football italien, ce n’est pas toujours de ne plus avoir de talents. C’est parfois de les voir partir avant même d’avoir eu le temps de leur faire confiance.

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Par Mamadou Junior Diop

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