Le back-to-back ! Dans une finale beaucoup moins spectaculaire et surtout moins facile que l’année dernière, le PSG a attendu la séance de tirs au but pour remporter sa deuxième Ligue des champions d’affilée contre une équipe d’Arsenal plus occupé à bien défendre qu’à jouer (1-1, 4-3 T.A.B.). Paris conserve sa couronne et écrit un peu plus sa légende.
PSG 1-1 (4-3 T.A.B.) Arsenal
Buts : Dembélé (65e SP) pour le PSG // Havertz (6e) pour les Gunners
Tirs au but réussis : Ramos, Doué, Hakimi, Beraldo pour le PSG // Gyökeres, Rice, Martinelli pour Arsenal
Tirs au but manqués : Mendes pour le PSG // Eze, Gabriel pour Arsenal
Ce ne pouvait pas être la même histoire, la même finale de Ligue des champions et la même joie. Le Paris Saint-Germain n’a pas collé une manita, mais il a réalisé ce que seul le Real Madrid avait réussi à faire depuis le début du siècle : conserver sa couronne de roi d’Europe. Tout a été plus dur, plus frustrant et c’est aussi dans la souffrance que se réalisent les grands champions. Les Parisiens le sont un peu plus, ce samedi soir, après avoir privé une équipe d’Arsenal au jeu trop restrictif d’une première coupe aux grandes oreilles. Il aura fallu plus de 120 minutes et une séance de tirs au but, comme lors des trois autres finales disputées cette saison (Supercoupe d’Europe, Coupe intercontinentale et Trophée des champions) pour faire éclater la joie de tout un club et d’un Luis Enrique qu’on avait rarement vu aussi heureux. Il en avait bien le droit.
Les gentils et les méchants
Les dix mêmes hommes qu’à Munich, en plus de Matvey Safonov dans sa cage, connaissaient la recette. Ils s’attendaient aussi à un autre adversaire que l’Inter avec le champion d’Angleterre et ils savaient le plus important : ne pas se faire planter en premier. Le show à l’américaine n’a pas sorti les Gunners de leur mission, et loin de Budapest, un peu moins du Parc des Princes, il était toujours possible de tomber sur un énergumène décidé à bidouiller les réglages de la télé pour arranger le son. Écran noir pendant une trentaine de secondes, bingo : le retour des images sur des supporters anglais en pleine fête. Kai Havertz vient de marquer, encore lui après son but du sacre de Manchester City en 2021. Un dégagement de Marquinhos en plein sur Leandro Trossard, les bras en avant et collés au corps, pour permettre à l’Allemand de foncer vers Safonov, sans être rattrapé par Willan Pacho, pour envoyer un pétard sous la barre (0-1, 6e). Les Parisiens, sur le terrain, en tribunes et partout ailleurs, ont eu la même pensée : c’est la pire chose qui pouvait arriver.
KAI HAVERTZ OUVRE LE SCORE POUR ARSENAL APRÈS 5 MINUTES DE JEU 😱
Cette finale commence très fort et c'est à vivre sur CANAL+ 🔥#PSGARS | #UCLFinalpic.twitter.com/9ysHRKqVai
Pendant plus d’une heure, tout cela s’est confirmé. C’est une histoire vieille comme le foot, les beaux contre les moches, les gentils contre les méchants, l’équipe qui essaie de jouer contre celle qui ne jure que par la défense. C’est plus facile quand c’est la meilleure d’Europe et de la compétition (six pions encaissés, neuf clean sheets avant ce match). Cristhian Mosquera a longtemps réussi à canaliser Khvicha Kvaratskhelia, puis Désiré Doué, moins inspiré qu’un an plus tôt, et il y avait toujours un pied, une tête et un Gunner pour éteindre les trop rares situations chaudes dans la surface anglaise. Au point que personne ne veuille sortir le ballon quand Nuno Mendes a eu l’air d’agoniser devant David Raya durant une bonne minute, après avoir vu Bukayo Saka toucher la chique de la main à cause d’un dégagement raté. Rien à signaler pour l’arbitre allemand, comme sur cette sortie de Safonov sur un centre de l’ailier anglais, les tentatives de Fabián Ruiz (13e, 43e, 45e+5) ou les frappes foirées d’Ousmane Dembélé et de Doué (45e, 45e+2).
L’ironie du foot, c’est qu’Arsenal aurait très bien pu passer à la pause avec deux buts d’avance, Havertz étant tombé sur un Marquinhos surgissant tel un sauveur au bout de la seule séquence positive du champion d’Angleterre avec le ballon (45e+3). Jamais une équipe n’avait tenté aussi peu de passes à mi-chemin d’une finale de C1 depuis plus de 20 ans (69, en tout), ce qui raconte beaucoup d’une première période qui aura rarement ressemblé à un sommet européen. Il restait la manière remarquable de défendre de la bande de Mikel Arteta et son vice, heureusement toujours autorisé dans ce sport, qui aura coûté un ultime corner à Saka à force de prendre le temps de jouer chaque phase arrêtée et qui aurait pu provoquer un carton jaune pour Achraf Hakimi sur un geste de frustration sur ce petit malin de Havertz. Il n’était pas question de dérouler un tapis rouge aux tenants du titre.
Ainsi s’écrit la légende du PSG
Tenir un match entier dans cette configuration aurait été une prouesse ; peu spectaculaire, mais une prouesse. Arsenal avait son plan et il en aurait peut-être fallu un autre quand le sort a commencé à leur échapper, avec deux biscottes très tôt après les citrons (Mosquera et Saka) et un début de révolte sonné par Vitinha et un coup franc de Hakimi trop axial (55e). Le PSG n’avait gagné aucun de ses huit matchs où il avait été mené au score à l’entracte cette saison, mais Luis Enrique avait prévenu que ses poulains s’étaient préparés à toutes les possibilités. Dont celle de voir Kvaratskhelia et sa grosse trace de sang sur la jambe aller chercher un penalty devant Mosquera, qui aurait pu ramasser un deuxième jaune, pour laisser ce Ballon d’or de Dembélé prendre Raya à contrepied (1-1, 65e). Ce n’était plus le pire scénario, c’était le meilleur, face à une équipe incapable de confisquer le cuir, de réussir trois passes et qui a donc subi les assauts parisiens.
Il n’y aura qu’une longue touche éteinte par Pacho et un parpaing de l’entrant Gabriel Martinelli au milieu des séquences de possession parisiennes. Kvaratskhelia a fracassé le poteau après un rush dingue (77e), Vitinha a caressé le haut du filet d’un enroulé (89e) et Bradley Barcola est tombé sur Raya (85e) puis ses limites dans la finition en bout de course sur ce qui ressemblait à une balle de match (90e+6). Dembélé n’en pouvait plus, à boiter sur le terrain pendant le temps additionnel, et la prolongation ne pouvait pas être pour tout le monde dans cette fin de saison éreintante. Mis à la porte de Roland-Garros après un nouveau match bluffant, Moïse Kouamé a pu souffrir comme tous les Parisiens et souffler en voyant l’arbitre ne pas accorder de penalty à Arsenal après un duel entre Noni Madueke et Nuno Mendes.
Rien ne ressemble plus à une prolong’, entre ces acteurs qui n’en peuvent plus, ces rares opportunités et l’envie d’en finir. Avec Illia Zabarnyi et Lucas Beraldo sur le terrain, parce que Vitinha et Marquinhos n’avaient plus de force, le PSG a tourné autour d’Arsenal, tombant encore sur Raya et laissant le frisson d’une frappe de Gyökeres accoucher seulement d’un corner. Une finale de C1 se décidant aux tirs au but, une première depuis dix ans, cela ne pouvait pas effrayer le PSG, qui avait gagné ses cinq dernières séances et qui a béni l’ultime raté de Gabriel pour se libérer. L’histoire s’écrit ainsi, la légende aussi.
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