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Faut-il vraiment s’inquiéter pour Lucas Chevalier au PSG ?
Avant d’accueillir Newcastle, les débats autour du niveau de Lucas Chevalier sont intenses à Paris. L’international français doit laisser passer la tempête, se rassurer, et attendre que le temps lui donne raison.

Sans donner son avis sur la nécessité, ou pas, de déboulonner la statue de Jean-Baptiste Colbert devant l’Assemblée nationale, celle d’Edward Colston à Bristol, ou plus récemment celle de Louis XVI à Nantes, Luis Enrique a tranché l’été dernier. « Gigio est l’un des meilleurs à son poste, mais on cherchait un profil différent », a-t-il justifié pour destituer Gianluigi Donnarumma, vainqueur de la Ligue des champions et héros d’Arsenal. Dans la foulée, le recrutement de Lucas Chevalier était accueilli comme une chouette nouvelle pour le PSG, pour Lille et pour le foot français en général. Sauf qu’après 28 buts encaissés en 26 sorties, une shitstorm après le like d’un post Insta pro-RN, la première saison de l’international français est chahutée. L’intéressé le dit lui-même : il « aime le feu ». Alors pas de panique ?
Le Chevalier, un succès à graver
Ses cagades lors de son baptême à Tottenham, du match à Marseille, contre Strasbourg à l’automne ou plus récemment contre le Sporting Portugal attisent les braises. Ces souvenirs récents inquiètent. Dans ces rencontres où il n’est pas beaucoup sollicité (le Sporting n’a cadré que quatre tirs par exemple), le gardien né en 2001 doit être ultra-concentré. Après les erreurs, il doit très vite digérer et changer d’approche mentale pour faire un autre arrêt, puisqu’on le juge surtout à cette aune. Si son déménagement, sa surexposition et la suite de Donnarumma ne sont pas faciles à gérer, lui-même l’a avoué après la victoire au Trophée des champions : ses six premiers mois parisiens ont été compliqués.
30 - Lucas Chevalier 24/25 vs 25/26, une comparaison statistique 📊 Gants. pic.twitter.com/UnN0Wy7cQ8
— OptaJean (@OptaJean) January 23, 2026
Avant de le comparer au magnifique Christophe Revault, resté une seule saison à Paris malgré son talent, ses coéquipiers viennent à son secours. Ce mardi, avant l’accueil de Newcastle et la fin de la phase de ligue de Ligue des champions, Willian Pacho a développé : « C’est un joueur exceptionnel. J’aime beaucoup la manière dont il joue, son envie. Je lui fais confiance et lui apporte mon soutien, car il est toujours là pour l’équipe, avec envie et humilité. » Des propos dans la droite ligne de ceux de Luis Enrique, expert en défense de ses joueurs, cette fois après Strasbourg : « Je suis très content de Lucas, pour moi c’est l’une des meilleures options, si ce n’est la meilleure. » Ces témoignages montrent que Chevalier est loin d’être lâché. Et que le temps de promouvoir Matvey Safonov n’est pas encore arrivé.
« J’essaie d’apprendre et de faire abstraction de ce qui peut se faire autour, racontait-il après un clean sheet à Brest. En étant gardien du PSG, on se doit de remplir des attentes. Le contexte fait que c’est en ébullition. C’est un nouveau job, une nouvelle vie, de nouvelles consignes et une adaptation globale sur le terrain et en dehors. […] Je me sens monter en puissance, en confiance. Je vais beaucoup aider l’équipe à l’avenir. » Ses difficultés rappellent que, de Keylor Navas à Kevin Trapp, être gardien du PSG est un boulot plus bruyant que celui de bibliothécaire. Sous l’ère QSI, si Salvatore Sirigu avait réussi sa première saison, ni Trapp, ni Alphonse Areola, ni les Gianluigi n’avaient brillé lors de leurs premiers mois, comme l’a rappelé L’Équipe ce mardi. D’ailleurs, en 2015 (avec Trapp) et en 2021 (Donnarumma), le Real Madrid s’en souvient.
Le Chevalier, un bijou à tailler
Lors des onze dernières saisons, quinze gardiens se sont succédé à Paris. C’est sept de plus qu’à Barcelone ou à Madrid. Si Alexandre Letellier ou Arnau Tenas n’ont jamais eu l’étoffe du titulaire, les autres ont tous vécu une grosse concurrence. Et on a du mal à imaginer que la victoire en Ligue des champions aurait pu clore le débat. Reste que Luis Enrique a souhaité un nouveau profil. C’est la condition de la gloire des grands clubs : durer, rester imprévisibles et se fixer de nouveaux objectifs.
J’ai la place du mort.
Lucas Chevalier débarque de Lille pour que le PSG « continue de marquer l’histoire » (Luis Enrique). En échange de 55 millions d’euros, bonus inclus, et de solides armes en matière de buts évités et de passes réussies à Lille, son recrutement n’est pas à remettre en question : il est un gardien complet. Il a fait ses preuves dans des grands matchs, le Real Madrid s’en souvient la saison dernière. Dans Goals, le collègue Maxime Brigand dédie un chapitre au parcours de Lucas Chevalier. Il évoque un ado devenu très tôt et par la nécessité des évolutions du poste un gardien « fiable » avec les pieds mais aussi très doué sur sa ligne. Pour les panards, l’intéressé raconte : « J’ai compris qu’envoyer une patate dans le camp adverse est beaucoup plus aléatoire. Moi, à chaque fois que j’ai le ballon au pied, j’essaie qu’il se passe quelque chose de spécial. » Et pour la ligne ? « J’ai la place du mort », a-t-il admis après une cagade. C’est seulement à partir de cette cruauté que pourra s’asseoir sa statue.
Qui sont les 29 premiers qualifiés pour la prochaine Ligue des champions ?Par Ulysse Llamas
Le livre "Goals, comment les gardiens de but sont devenus des joueurs (presque) comme les autres", signé Maxime Brigand et Thierry Barnerat, est disponible dans toutes les bonnes librairies.






















































