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Alexis Flips : « Ce que je préfère, c’est les caviars  »

Propos recueillis par Adrien Hémard-Dohain
Alexis Flips : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Ce que je préfère, c’est les caviars  »

Si Will Still et le Stade de Reims font causer dans l'Europe entière, c'est en grande partie grâce à un discret milieu de terrain, rouage essentiel de la machine champenoise : Alexis Flips. À 23 ans, l'ex-pépite du LOSC a choisi la Champagne pour s'épanouir. Logique pour quelqu'un qui veut juste servir des caviars.

La série d’invincibilité incroyable du Stade de Reims a pris fin dimanche soir face à l’OM. Pas trop mal à la tête ?

Dans la tête, quand tu revois les images, c’est dommage. On a eu des occasions, des poteaux, on n’est pas passé loin. On a vraiment titillé le grand Marseille, mais on tombe la tête haute. La série était folle (19 matchs d’invincibilité, NDLR), on a déjà écrit l’histoire, c’est beau tout ça, et maintenant on se remet au travail. Mais cette série ne nous mettait pas la pression. De toute façon, si tu veux une grande carrière, dans des grands clubs, et que tu ne supportes pas cette petite pression-là au Stade de Reims, c’est compliqué…

À titre personnel, tu passes cette trêve au chaud, chez toi, alors qu’on commençait à parler de toi chez les Espoirs. La pilule est passée ?

Ma présélection était confidentielle, c’est Will (Still) qui l’a dit à la TV contre Monaco, c’est de sa faute ! (Rires.) Mais j’étais super heureux d’être présélectionné, parce que j’ai beaucoup joué en Bleus chez les jeunes (15 capes entre les U18 et U19, NDLR). J’étais devant la télé pour la liste, très stressé, et forcement déçu de ne pas voir mon nom dedans. Mais il y a encore une dernière ligne droite en championnat pour tout donner et aller à l’Euro. S’il y a une minichance à saisir, je vais le faire ! En tout cas, je ne vais pas baisser la tête. Il faut montrer au sélectionneur qu’il se trompe. L’Euro, c’est un objectif annexe, on va dire.

D’ailleurs, quand tu jouais au LOSC, on t’a vite collé l’étiquette de grand espoir français. Ce n’était pas dur à porter ?

Franchement, j’étais très détaché de tout ça, ça ne me faisait ni chaud ni froid. C’est beau, c’est flatteur, mais je ne suis pas du genre à prendre la grosse tête, à changer ma façon d’être. Et puis, quand tu vas en équipe de France chez les jeunes, tu deviens directement un grand espoir français, donc ça ne veut rien dire.

Puisqu’on parle de Lille, tu n’as jamais joué en pro au LOSC. C’est un regret ?

J’ai passé plus de dix ans là-bas, et le LOSC aura toujours une grosse place dans mon cœur. J’aurais bien aimé fouler la pelouse du stade, ouais… Quand ils jouaient encore au Stadium, j’allais à tous les matchs à pied… Et puis, j’y ai signé à 8 ans à peine, mon père était déjà abonné avant. J’ai vécu le doublé de 2011 à fond en tribunes… Mais c’est comme ça, et puis finalement je m’en sors bien.

Grâce au Stade de Reims, qui est venu te chercher alors que tu étais prêté à Ajaccio en Ligue 2.

C’est ça, c’est parti d’un zoom en plein Covid, avec Mathieu Lacour et Pol-Edouard Caillot. Ils m’ont expliqué que j’irais d’abord dans le groupe Pro 2, pour m’acclimater, peaufiner les détails. Ça peut freiner quand tu sors d’un prêt en Ligue 2, mais c’était pour mon bien. J’y ai passé six mois, aux côtés d’Hugo Ekitike, Fodé Doucouré, Dion Lopy, Bradley Locko… Tous en équipe première ou en pro aujourd’hui ! J’ai bien aimé ce discours honnête, franc.

Avec Garcia, je me souviens du match à Troyes, j’étais ailier sur le papier, mais en fait on était six défenseurs. Je ne prenais aucun plaisir !

Alexis Flips

Depuis, tu t’es fait une place dans le onze, après la prise de commande de Will Still. Qu’est-ce que ça a changé ?

Will, c’est grâce à lui que je suis devenu un titulaire. J’ai commencé avec lui par dépanner à droite derrière, il m’a demandé de l’aider. J’ai fait des gros matchs et je pense qu’il m’a rendu la pareille ensuite, quand il m’a remis devant. Ça a bien fonctionné, l’équipe ne perdait pas, c’était un bon changement. Mais surtout, avec Will, ce n’est pas comme avec (Oscar) Garcia : on a une relation de confiance, on peut se parler franchement. Le principal changement : c’est le dialogue. Sinon, il prône un jeu qui va de l’avant, on n’attend plus derrière, c’est fini ! Avec Garcia, je me souviens du match à Troyes, j’étais ailier sur le papier, mais en fait on était six défenseurs. Je ne prenais aucun plaisir ! Là avec Will, on a un jeu très offensif, avec beaucoup de pressing, une volonté de se projeter vite. C’est super agréable.

D’autant qu’il t’a replacé en numéro 10 aussi, ce qui est ton poste de prédilection ?

J’ai été formé sur l’aile en vérité, mais en 10 ça fonctionne mieux, parce que je n’ai pas une grosse pointe de vitesse, et il en faut sur le côté. Là, dans l’axe, j’ai mes pieds, ma vision du jeu, et les flèches Balogun et Ito autour. Je prends beaucoup de plaisir, et j’arrive à être efficace. Je joue aussi souvent à gauche, dans un rôle d’électron libre. Peu importe en vérité, je me régale dans ce groupe, j’adore notre façon de jouer. En plus, on a enfin créé des automatismes avec un onze type. Sous Garcia – qui reste un bon coach attention -, on ne comprenait pas tout. Mbuku, Kebbal et moi, on jouait avec une pression supplémentaire, gênante, parce qu’on savait que si on loupait un seul geste, on sortait à la pause. Et puis, des fois, il te faisait jouer trois semaines à un poste à l’entraînement, et le jour du match tu étais aligné ailleurs. Ce n’était pas toujours facile à suivre.

 

Tout le monde parle de la méthode Still, mais de l’intérieur du vestiaire, c’est quoi concrètement ?

Sa méthode, c’est de se faire comprendre par tout le monde : les anglophones, français, néerlandais. Il parle bien avec tout le monde et surtout : il parle football, il comprend le football. En plus, il est jeune et nous comprend. C’est pour cela que je me permets de dire que c’est un frérot, parce que tu peux lui parler de tout et de rien. Et grâce à cette confiance à 100%, on a envie de se battre pour lui. Surtout qu’il n’a pas changé d’attitude quand il est devenu numéro un.

Ses discours en anglais sont devenus un mème internet, ça vous fait marrer aussi ?

Les premières fois, on était choqué par sa fluidité dans les deux langues. D’ailleurs, on ne rigole toujours pas, on l’écoute ! Grâce à lui, il y a plein de Français du vestiaire, moi y compris, qui commencent à comprendre l’anglais ! C’est très intéressant. En revanche, il a interdit aux caméras de venir à la fin des matchs au milieu de terrain, après l’incompréhension contre Toulouse. Et puis, c’est notre moment, après il ne reprend pas la parole dans le vestiaire. Avant le match, il parle peu de tactique aussi, il a déjà tout dit dans la semaine et à la causerie. Au contraire, il vient bavarder. Ce sont les adjoints qui distribuent les derniers détails.

Tu es le meilleur passeur du club, avec 6 offrandes. Ça a toujours été une de tes forces ?

Je l’étais déjà l’année dernière, je crois (4 passes décisives en 2021-2022, comme Ilan Kebbal et El-Bilal Touré, NDLR). En fait, j’aime bien faire marquer et je respecte le football. Je n’ai pas envie de tuer une action par une frappe alors qu’il fallait faire la passe. C’est aussi satisfaisant que de marquer. Ce que je préfère, c’est trouver la passe clé qui transperce la ligne, les caviars. J’ai envie que le supporter se lève et dise : « Oh, le caviar ! » Mais je sais que je dois maintenant marquer plus pour franchir une étape. À l’entraînement, j’y arrive pas mal pourtant… Peut-être que je ne prends pas assez ma chance en match. Mais le jour où ça passera, ça débloquera tout !

Vous avez fait une série record de cartons rouges en début de saison, et maintenant une série d’invincibilité incroyable. C’est quoi la prochaine série du Stade de Reims ?

J’espère que ce sera du positif déjà, tout sauf une série de défaites, et si possible une série qui nous rapproche des premières places pour ne pas perdre le wagon. Il reste beaucoup de points à prendre, et on a des grosses équipes devant nous mais… L’Europe n’est pas un objectif, c’est un rêve. Pour l’instant.

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Propos recueillis par Adrien Hémard-Dohain

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