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Aguilar : « L'équipe de France est encore très, très loin... »

Arrivé la saison dernière à Montpellier en provenance d'Auxerre, Ruben Aguilar participe à l’excellent début de saison du troisième de Ligue 1. Depuis son domicile, le latéral droit du MHSC cause de ses origines, sa formation et son actualité, où l’homme se refuse pour l’instant à parler d’une sélection chez les Bleus comme d'un objectif et la considère comme « du bonus » .

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Salut Ruben ! Pour commencer, est-ce que tu as des nouvelles de la Fédération bolivienne de football ?
(Rires.) Non. Tout cela s’est terminé par un communiqué que j’ai dû publier sur Facebook où j’expliquais tout simplement que je ne possédais pas la nationalité bolivienne et qu’en aucun cas, je ne pouvais être sélectionné. Je suis français, tout simplement. Après, oui, mon père est né à l’étranger, mais en Espagne, à Grenade.

C’est quand même assez incroyable cette histoire... Peux-tu nous raconter comment se sont passées les choses exactement ?
Il y avait des choses qui étaient sorties et qui n’étaient pas vraies.
« Il y a eu quand même un membre du staff de la Bolivie qui s’est renseigné, mais pas le sélectionneur comme cela avait pu être dit dans la presse. À la base, c'est parti du jeu Football Manager qui m’avait attribué par erreur la nationalité franco-bolivienne. »
Je n’ai pas eu le moindre contact avec le sélectionneur bolivien, mais c’était plus des journalistes locaux. Il y a eu quand même un membre du staff de la Bolivie qui s’est renseigné, mais pas le sélectionneur comme cela avait pu être dit dans la presse. À la base, c'est parti du jeu Football Manager qui m’avait attribué par erreur la nationalité franco-bolivienne. Et déjà à Auxerre, il y avait un journaliste local que je connaissais bien qui m’avait interrogé sur le sujet. À l’époque, il avait déjà expliqué à un autre journaliste qui l’avait contacté que je n’avais pas du tout la nationalité bolivienne. Et puis quand j’ai démarré en Ligue 1 avec Montpellier la saison dernière, ce faux sujet est revenu dans l’actualité et s’est amplifié.

Au moins, cet épisode a permis de te mettre un moment en lumière. Est-ce que maintenant, tu peux nous parler de tes réelles origines ?
Je suis né à Grenoble, d’une mère française et d’un père espagnol. Mes parents ont vécu à Échirolles, où mes deux grands frères ont passé leur jeunesse. Ensuite, ils ont déménagé dans la commune de Sillans, un petit patelin à quarante minutes de Grenoble. C’est là où j’ai grandi. J’ai commencé à faire du foot à Saint-Siméon-de-Bressieux où mes frères jouaient. C’était plus simple pour tout le monde, car mes parents ont divorcé dès mes 3 ans. Mon père avait la garde des enfants et il nous a mis dans le même club. J’ai fait mes premières classes là-bas, puis je suis passé à la Côte-Saint-André de 9 à 12 ans. Ensuite, je suis parti à Grenoble qui m’avait repéré après un match contre eux.

Tu intègres ensuite le centre de formation de Grenoble, où tu finis par faire la connaissance de Florian Thauvin. Comment se sont passées vos années ensemble ?
On est arrivé tous les deux en même temps au centre, mais lui était en internat. La première année, je vivais chez mon oncle, qui habitait tout près du centre.
« Au centre de formation de Grenoble, je m’entendais bien avec tout le monde, mais avec Flo (Thauvin), il y avait une belle amitié. Après le dépôt de bilan du club, nous sommes toujours restés en contact, même si chacun faisait sa vie. »
Ensuite en deuxième année, je suis aussi devenu interne. Au niveau de nos placements sur le terrain, on jouait régulièrement sur le côté droit ensemble. Et puis bon, nous avons été surclassés ensuite, puis nous avons joué ensemble en CFA. Je m’entendais bien avec tout le monde, mais avec Flo, il y avait une belle amitié. Après le dépôt de bilan du club, nous sommes toujours restés en contact, même si chacun faisait sa vie.

La saison dernière, vous avez terminé avec la deuxième meilleure défense de Ligue 1 derrière le PSG. Cette année, après dix journées, vous êtes encore la deuxième équipe à prendre le moins de buts. Quelle est la méthode de Michel Der Zakarian pour rendre si imperméable cette défense à cinq ?
Le travail défensif part de nos attaquants, c’est le premier rideau. Si un ou deux joueurs ne font pas les efforts, tout notre système est en péril. C’est ça, la méthode du coach : tout le monde doit travailler sans relâche. Il est exigeant, mais il sait aussi se montrer à l’écoute quand il faut relâcher sur le plan mental.


Quel est ton avis sur Vitorino Hilton, titulaire et capitaine en défense centrale à maintenant 41 ans ?
« Entre Hilton et Buffon, il y a des similitudes, mais la différence principale est que Vito est un joueur de champ. Attention, je ne dénigre en aucun cas le poste de gardien, mais Vito, il court et sprinte tous les jours... »
Pfff... Ce qu’il fait, c’est exceptionnel et magnifique. C'est un exemple. Avoir un corps comme le sien à son âge, j’espère franchement avoir le même un jour ! Physiquement, j’ai envie d’avoir la même patate que lui. Entre Hilton et Buffon, il y a des similitudes, mais la différence principale est que Vito est un joueur de champ. Attention, je ne dénigre en aucun cas le poste de gardien, mais Vito, il court et sprinte tous les jours...

Tu es un arrière droit qui marque peu de buts et signe peu de passes décisives. Est-ce que tu considères que ton poste est avant tout défensif ?
Dans un premier temps, il faut bien défendre. Après, quand je peux y aller, j’y vais et ça me plaît. Évidemment, j’aimerais avoir de meilleures statistiques, mais je préfère avant tout me concentrer sur le plan défensif. Marquer un but et perdre un match, ça ne m’intéresse pas.

En début de saison, Benjamin Lecomte a eu l’opportunité de connaître le château de Clairefontaine avec l’équipe de France. Est-ce que tu as eu l’occasion d’en discuter avec lui ?
Ouais, il nous en a parlé après le rassemblement de septembre. Ce qu’il a vécu, c’est vraiment top et j’espère qu’il va encore le vivre. Il nous a dit que c'était un autre monde, notamment concernant l'exigence. Ce que j’ai senti chez lui aussi, c’est sa grande envie de continuer à travailler pour pouvoir y retourner.

Tu as 25 ans, tu arrives à un moment important de ta carrière sportive. L’équipe de France, c’est un objectif que tu te fixes ?
Je ne sais pas trop quoi dire ! (Rires.) Chaque joueur rêve de porter le maillot de sa sélection. L’équipe de France est championne du monde et le groupe semble vivre super bien, tant mieux. Pour l’instant, l’objectif est de jouer à Montpellier, de travailler et m’améliorer pour faire une belle saison sur le plan collectif. Si de bonnes performances suivent, on verra. Mais cela reste encore très, très loin.



Benjamin Pavard joue dans le championnat d’Allemagne, Sidibé à l’AS Monaco et en Ligue des champions. Malgré tes excellentes prestations défensives actuelles à Montpellier, penses-tu souffrir d’un manque de visibilité par rapport à ces deux concurrents pour une place en équipe nationale ?
Sidibé, tout le monde le connaît. Ça fait un moment qu’il est là. Cette année à Monaco, il connaît un petit coup de moins bien, mais cela arrive à n’importe quel footballeur, et cela est dû à un problème collectif. En attendant, il est champion du monde. De son côté, Pavard a prouvé qu’il avait largement le niveau pour évoluer avec la France. Il ne faut surtout pas dénigrer ces deux joueurs-là car s’ils y sont, c’est qu’ils le méritent plus que moi ou quelqu’un d’autre. Pour en revenir à Montpellier, ce n’est peut-être pas un club qui fait beaucoup parler, mais ça ne nous empêche pas de bien travailler. Il faut confirmer les belles impressions que nous donnons actuellement, et si par exemple nous restons à cette troisième place, les conclusions seront différentes.

Vous êtes invaincus depuis le 11 août dernier (défaite 1-2 contre Dijon lors de la 1re journée, N.D.L.R.) avant votre déplacement à Toulouse ce week-end. C’est quoi le réel objectif de Montpellier cette saison ?
Je vais être honnête : l’objectif principal, c’est de prendre le plus de points possibles pour pouvoir se maintenir. Après, ce serait bien de terminer dans la première partie de tableau.

Étant donné tes racines espagnoles, est-ce que jouer en Liga fait partie de tes plans ?
J’aimerais jouer un jour en Liga. C’est un championnat que je trouve très beau et qui prône le jeu. Dans ma famille, tout le monde parle espagnol, mais je suis le seul à ne pas encore bien le maîtriser. J’adore ce pays et c’est quelque chose d’important vis-à-vis de mon père. Je suis déjà allé trois fois à Grenade, mais ça doit faire six ou sept ans que je n’y suis pas retourné.

Tu as une équipe favorite en Liga ?
Je suis un grand fan du Real Madrid. Chez nous, tout le monde est fan du Real, sauf mon père qui supporte le Barça. Mais mes frères et mes cousins sont tous pour le Real. Dimanche, ça devrait se chambrer par messages normalement !

Propos recueillis par Antoine Donnarieix
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Un samedi de Ligue 1 pour retrouver le moral




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