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Tactique : Boulaya à facettes

Imbattable en 2021, le FC Metz a confirmé sa bonne forme dimanche en dominant le FC Nantes (2-0) d’un Raymond Domenech qui a donc ramassé la première baffe de son mandat nantais. Au milieu de l’intrigue, Farid Boulaya a de nouveau rayonné. Tout sauf un hasard. Coup de projecteur sur un interprète à part.

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Farid Boulaya a un secret pour attaquer tous les matchs : « On ne sait jamais où il va aller. » C’est Ludovic Genest, son ancien coéquipier à Istres et Clermont, qui a un jour vendu la mèche et, spoiler, rien n’a changé. Boulaya fait partie de ces mecs dont on vante « l’œil » , le toucher et l’état d’esprit créatif. Si chaque numéro 10 a sa manière d’interpréter le rôle, le meneur de jeu du FC Metz a décidé de répondre à plusieurs critères. L'homme est tour à tour inventeur et organisateur, deux costumes installés depuis toujours dans l’armoire du natif de Vitrolles. Cette ville, qui a vu naître un autre artiste, Pierre-Paul Emiot, Farid Boulaya s’en extirpait lorsqu'il était enfant pour jouer à la Jeunesse sportive des Pennes Mirabeau afin d’épouser la trajectoire de son modèle : un certain Samir Nasri.


Petit hic : si l’international algérien a passé sa vie de footballeur à appuyer sur l’interrupteur pour allumer et éteindre la lumière sur un terrain, tout n’a pas toujours été aussi simple qu’en janvier 2021. Il y a d’abord eu Istres, d’où Boulaya est parti à l’été 2015 après avoir « lâché » selon son entraîneur en Provence, Lionel Charbonnier, qui a un jour expliqué l’affaire : « À mon goût, il dribblait un peu trop. Il devait épurer son jeu. En National, j’avais besoin de guerriers. Et Farid n’en était pas un. » Puis, il y a ensuite eu Clermont, où Corinne Diacre lui a taillé une plate-forme sur mesure pour qu’il se révèle avant un transfert en Ligue 1, à Bastia. Décollage raté, départ à Gérone, puis arrivée à Metz, où, là aussi, sa courbe n’a pas été lisse.


En cause, notamment, une panenka ratée en pleine séance de tirs au but lors d’un huitième de finale de Coupe de France face à Caen, en février 2018. Celle-ci a provoqué l’élimination de ses nouveaux potes et a fait du joueur un homme sur lequel Saint-Symphorien a adoré hurler avant de se faire retourner progressivement par les performances du bonhomme. Aujourd’hui, Farid Boulaya, relancé par Frédéric Antonetti après avoir un temps été boudé par Frédéric Hantz, est le soleil d’un FC Metz qui a traversé la première partie de saison avec l’étiquette de référence en matière de résistance défensive. Les chiffres ne mentent pas : s’il possède le septième plus gros total de tirs concédés, le club mosellan a la troisième meilleure défense du pays, affiche le taux le plus élevé d’interceptions par match de Ligue 1 (le deuxième d’Europe) et le cinquième plus gros total de tacles effectués. Reste qu’au milieu de la toile, il faut bien une araignée.

L'araignée de la toile


Une araignée qui pique comme son équipe en ce début d’année 2021, où Metz n’a toujours pas connu la défaite (deux victoires, dont une à Lyon, et deux nuls). Face à Nantes, dimanche, on a de nouveau retrouvé une équipe solide, qui n’a concédé aucun tir cadré, et, ce sans plusieurs éléments sur le flanc (Pajot, N’Doram, Cabit, Maïga, Niane, Nguette). Encore une fois, Antonetti a, de l’autre côté du terrain, pu compter sur son meilleur créateur d’occasions : un Boulaya qui est sorti de la pelouse rincé physiquement, mais avec un combo but-passe décisive symbole d’une nouvelle performance de dix à l’ancienne. Entre les plumes des Canaris, l’instinctif a décroché, construit et joué avec les structures tactiques (le 3-4-3 pour Metz, le 4-4-2 pour Nantes) pour faire ce qu’il sait faire de mieux : prendre le contrôle d’une rencontre. Résultat, Farid Boulaya a été partout.


Dès les premières minutes, on a vu Boulaya décrocher dans le rond central pour être le « trait d’union » messin : ici, alors que Bronn n’hésite pas à sortir balle au pied dans le demi-espace droit, l’Algérien est trouvé avec assez d’espace pour se retourner.


Il peut ensuite temporiser et trouver Udol dans le couloir gauche alors que Vagner attire l’attention de Corchia.


Un peu plus d’une minute plus tard, Boulaya est de nouveau trouvé face au jeu et peut ouvrir le jeu sur les côtés avec Centonze : dimanche, le FC Metz a attaqué à 72% via ses ailes.


Plus important encore : Boulaya, comme Fulgini à Angers, sait toujours se créer un espace suffisamment important pour pouvoir danser en toute sécurité. On le voit sur cette séquence.


Sur celle-ci.


Ou encore sur celle-ci où, après avoir été un bon relais pour Pape Sarr...


... il va être retrouvé dans le dos des milieux nantais.

Dimanche, Farid Boulaya a alors été le deuxième joueur qui a touché le plus de ballons côté FC Metz (derrière Sarr), pour une cinquantaine de passes tentées (54, 71% de réussite), soit son troisième meilleur total de la saison après le match face à Brest (0-2) et contre Lyon (1-3). Il a surtout eu la tête en permanence tournée vers l’avant et vers le dernier tiers nantais, zone vers laquelle il a déclenché une quinzaine de passes (neuf réussies, meilleur total de la saison). À cela, il faut ajouter trois passes clés et cinq centres. Partout, on disait, mais surtout là où ça compte puisque Boulaya a surtout été passeur décisif et buteur.


Après un coup franc rapidement joué, Boulaya est trouvé par Sarr et peut décaler Centonze côté droit.


Il va alors intelligemment stopper sa course et être retrouvé par Centonze...


Alors que Touré lui laisse trop d’espace pour armer, Boulaya voit l’appel d’Aaron Leya Iseka et déclenche. Derrière, l’ancien joueur de l’OM va réussir le lob parfait sur Lafont : 1-0.


En fin de match, Boye coupe une tentative de relance nantaise et trouve Boulaya seul côté gauche...


Nouveau problème : avec trop d’espace, Boulaya s’amuse et va cette fois astucieusement tromper Lafont : 2-0.

Perturber l'équilibre adverse


Ce match face à Nantes est un bon condensé des multiples facettes de Boulaya. Comme vu un peu plus haut, l’Algérien sait se créer des espaces, mais perturbe surtout en permanence l’équilibre adverse grâce à des variations nombreuses.


Première facette : le décrochage. Boulaya vient ici soutenir Udol...


... et faire respirer son équipe en trouvant Bronn dans sa zone fétiche.


Deuxième facette : la création de triangle. Ici, alors que le FC Metz relance, Boulaya vient se glisser dans le rond central et devient la tête d’un triangle entre Sarr et Centonze qui arrive côté droit avec de l’espace, puisque Traoré est sorti sur Boulaya.


Troisième facette : toujours à la relance, Boulaya peut être une solution courte afin d’aspirer la pression...


... mais aussi pour libérer de l’espace, encore, comme ici avec Udol.


Quatrième facette : celle du type qui se construit des espaces d'expression comme ici.


Ou là.


Un joueur qui devient surtout une arme dans toutes les zones du terrain. Ici, Boulaya tente une ouverture vers Ambrose. Heureusement, bonne intervention de Girotto.


Là, face au jeu, il déclenche un une-deux avec Ambrose qui va être suivi, malheureusement, d’un ballon perdu.

Toutes ces facettes s’accouplent et font de Boulaya un joueur précieux et assez rare dans notre Ligue 1. Rare parce qu’à l’ancienne, placé dans le cœur du jeu par Antonetti, dont le 3-4-3 penche donc naturellement sur un côté (à droite à Lyon, à gauche contre Nantes) puisqu'un premier attaquant fixe l’intérieur, qu’un autre est chargé d’allumer un côté et aussi de le protéger (face à Nantes, Antonetti a voulu protéger le FC Metz de l’influence de Corchia, donc Vagner a évolué bien sur son côté), et que Boulaya s’occupe essentiellement de l’axe. Un milieu vient alors souvent assurer la couverture sur le côté laissé, comme on le voit sur cette séquence avec Angban :




Position moyenne des joueurs lors de Lyon-Metz (0-1) : le 3-4-3 a la tête penchée à droite avec la présence de Gueye et Vagner en pointe. Boulaya (le #10) est plein axe. Delaine a alors tout le côté gauche pour lui. Ce soir-là, le FC Metz a attaqué 52% du temps à... droite.


Position moyenne lors de Metz-Nantes (2-0) : cette fois, le FC Metz a la tête penchée à gauche et a attaqué 40% du temps à... gauche. On retrouve Boulaya dans l’axe, un côté laissé à Centonze et Vagner très à gauche, alors que Leya Iseka prend l’axe.

Défensivement, si Boulaya, quand même intéressant dans ce registre face à Lens il y a quelques semaines, est parfois léger dans les duels, il est malgré tout monté progressivement en régime au fil de la rencontre dimanche pour finalement intercepter trois ballons.


Son rôle varie, là aussi, avec une constante : il a toujours eu pour consigne d’aider Angban et Sarr à contenir le milieu nantais. Ici, il a alors contrôlé Touré dans un 5-3-2.


Là aussi, en venant former un milieu à quatre dans un 5-4-1.


Parfois, il a aussi été utilisé pour presser un central adverse comme ici sur Pallois.


Ça a été parfois utile comme ici pour faire reculer Touré...


Ou là pour contrer un centre de Corchia.

Avec quatre buts et quatre passes décisives, Farid Boulaya vit déjà l’une de ses meilleures saisons en Ligue 1, si ce n’est la plus épanouie. Frédéric Antonetti y est pour beaucoup, et cela a surtout fait basculer le numéro 10 du FC Metz dans une autre sphère, lui dont le nom tourne désormais du côté de l’OM. Dimanche, le coach messin expliquait que la politique du club était de « relancer les joueurs » . Avec du temps, Boulaya a réussi à trouver sa place, et l’Algérien peut placer ce match face à Nantes au rayon de ses belles performances de la saison. Et puisqu'on ne sait jamais où il va aller, tout le monde est impatient de connaître la suite de l’histoire.

Par Maxime Brigand