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On a regardé Chelsea-Liverpool dans le village de Salah

À Nagrig, en Égypte, on vibre à chaque match de Liverpool. Et pour cause, il y a un peu moins de 26 ans, c'est dans ce village que naissait Mohamed Salah. On est allé regarder le match Chelsea-Liverpool là-bas. Impartialité garantie.

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Dans l’air flotte un parfum de jasmin, qu’exhalent les champs alentours. Ici, aux confins de la vallée du Nil, à cent vingt kilomètres au nord-est du Caire, le petit village agricole de Nagrig a deux fiertés : le jasmin donc, qui servira à fabriquer des parfums bon marché vendus dans les bazars du Caire. Et l’autre fine fleur du coin, Mo’ Salah. Lui vaut des millions. C’est lui qu’on vient admirer depuis qu’il cueille, une à une, les défenses d’Angleterre.

École et terrain de foot


Sous le ciel gris et lourd (près de 35 degrés) de ce dimanche, l’éclaircie est à chercher sur les visages au moment d’évoquer le « fils du village  » . Un homme, qui se présente comme un parent de la star, coupe le moteur de sa Suzuki : « Mohamed a placé Nagrig sur la carte. Pas sur la carte de l’Égypte. Sur la carte du monde ! Il revient ici pour chaque Ramadan. Il n’a jamais changé, il est toujours humble. » Ici plus qu'ailleurs, Salah est aimé, respecté. « Et il nous le rend  » , poursuit l’homme à la moto en désignant la madrasa (école coranique) qui sort de terre en plein cœur du village, financée par le numéro 11 des Reds. L’école, le terrain de foot, l’attaquant de Liverpool est sur tous les terrains pour son village d’enfance. Dernier projet en date : il vient de dépenser 450 000 dollars pour acheter des terres qui serviront à un vaste programme d’assainissement des eaux potables.

Chicha, tongs et Peaky Blinder


Dans un café situé à l'entrée de Nagrig, le match Chelsea-Liverpool est diffusé. L'assemblée – des hommes exclusivement – est réunie sous un petit auvent de tôle pourpre. Ahmad tire sur sa chicha bruyamment, non content d’avoir trouvé une bonne place en face de l’écran suspendu au plafond par un montage un peu acrobatique. Tongs aux pieds, une coupe de Peaky Blinder version égyptienne, Ahmad vient ici chaque fois que son idole joue. « Il nous fait rêver. Ici, on voudrait tous être comme lui. » 23e minute : Salah tente une talonnade aux abords de la surface des Blues. Cela finit dans les pieds d’Azpiculueta, mais c'est suffisant pour provoquer un frisson général.


Juste derrière le café, un playground aux cages rouillées. Celui-là même où le meilleur buteur de Premier League a planté ses premiers pions, dix piges auparavant. C’est la fin de l’entraînement pour la cinquantaine d’enfants du club de Nagrig, rebaptisé au nom du nouveau «  Pharaon » . Et voilà la horde de gamins qui vient se ruer vers l’écran. Presque tous portent un maillot. La carrière de leur héros se lit sur leur dos. El-Mokawloon, Bâle, Fiorentina, Roma, Liverpool... Il ne manque que Chelsea, hasard du sort.

Des supporters sur le billard


À peine arrivés, leurs espoirs sont douchés. Olivier Giroud saute plus haut que tout le monde et les Londoniens prennent l’avantage. Dans le café, on entend plus que le bruit des tasses de thé. Hany Ragab, le patron du lieu, polo orange sur les épaules, passe entre les chaises en pestant. Mais temporise. « Ce n’est pas grave, il nous rend heureux tous les jours. » Et puis c’est bon pour le business. Hany Ragab dégaine son Smartphone de sa poche, fier comme un pape. « Ça, c’était pour la demi-finale contre la Roma » explique-t-il en montrant des images du café plein à craquer, certains étant même assis sur le vieux billard au tapis usé qui trône dans le fond.


Mais ce dimanche, le scénario n’a pas grand-chose à voir avec la double confrontation face aux Romains. La deuxième mi-temps est un ennui sans fin et beaucoup quittent le lieu avant la fin du match. Coup de sifflet final. Chelsea vient de relancer la course à la Ligue des champions. Ahmad a fini sa chicha. Ses yeux en amande sont embués de larmes. « J’espérais jusqu’à la dernière seconde que Salah marque pour dépasser Messi au Golden Boot (meilleur buteur européen). » Il soupire et quitte son siège. Un à un, les spectateurs l’imitent, en silence. En arrière plan, le terrain de foot est maintenant plongé dans le noir, englouti par la nuit. Quand Salah perd, c'est tout Nagrig qui pleure avec lui.

Par Hugo Nazarenko // Photos : Sabry Khaled
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