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On a revu les fins de matchs ratées de l’OM cette saison
À l’heure de retrouver le SCO, qui avait arraché le 2-2 à la 96e au Vélodrome, l’OM sait qu’il n’a pas toujours connu des fins de rencontres heureuses cette saison. Avec huit buts encaissés après la 85e, pour six points perdus en Ligue 1, trois en C1 et un trophée au Koweït contre le PSG, Marseille est le plus mauvais élève en Europe dans ce domaine (sept buts marqués, mais un seul avec un impact sur le résultat). On a revu dix fins de matchs ratées, à partir de la 80e, pour trouver des points communs et des différences.

→ Rennes 1-0 OM
Ligue 1, J1. But de Ludovic Blas à la 90e+1.
Dès la première sortie de la saison, l’Olympique de Marseille avait donné le ton : une défaite en Bretagne dans le temps additionnel après avoir passé plus d’une heure à onze contre dix. Les Rennais ont beaucoup couru après le ballon, la fatigue s’est installée, et pourtant… Dans une configuration à l’avantage des Phocéens, ces derniers montrent une limite que l’on retrouve à plusieurs reprises dans les dernières minutes des rencontres où il faut débloquer une situation : des schémas offensifs trop stéréotypés, des centres qui ne trouvent personne et une tendance à se reposer sur Mason Greenwood en espérant le voir faire un exploit. En face, en infériorité numérique, le SRFC parvient à se créer trois situations dangereuses de la 80e à la 90e+7 (une alerte d’Ibrahim Salah dans le dos de CJ Egan-Riley, le but de Blas et une dernière occasion qui aurait pu faire 2-0 pour Mahamadou Nagida). Sur l’ouverture du score surprise rennaise, une ritournelle bien connue des Marseillais, avec une ligne défensive très haute et un Leonardo Balerdi qui se fait totalement avoir par Blas dans son dos à la suite d’une ouverture de Quentin Merlin. Tout cela valait bien une bagarre dans le vestiaire.
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→ OL 1-0 OM
Ligue 1, J3. But de Pavel Šulc à la 87e.
Deux semaines plus tard, l’OM se retrouve dans la situation inverse : CJ Egan-Riley est expulsé dès la 29e minute au Groupama Stadium, Roberto De Zerbi fait bouger les lignes et sort Greenwood à la pause, et Marseille fait ce qu’il faut pour ne pas craquer. Sauf que l’équipe phocéenne finit par céder sur un mouvement vu et revu depuis le début de la partie. Quand ce n’est pas Corentin Tolisso qui se faufile dans le dos du latéral, en l’occurrence Pol Lirola, entré en jeu, c’est Tyler Morton qui s’en charge, centre dans la boîte et laisse la défense phocéenne faire n’importe quoi pour laisser Pavel Šulc être plus costaud que Balerdi pour envoyer le ballon au fond. Au menu : une certaine mollesse sur les seconds ballons, de la fébrilité dans les duels et une grande nervosité. Ce dernier point, comme les errances défensives (collectives et individuelles), est une autre mauvaise habitude marseillaise dans ces fins de matchs tendues. Ce qui n’a pas empêché Pierre-Emile Højbjerg d’avoir le ballon du 1-1 à la dernière seconde.
→ Real Madrid 2-1 OM
Ligue des champions, J1. But de Kylian Mbappé à la 81e.
Encore une histoire de carton rouge (celui de Dani Carvajal à la 72e), mais cette fois, ce n’est pas vraiment dans son comportement de la dernière ligne droite que l’OM perd la rencontre. Il y a les hésitations phocéennes sur les premières minutes de supériorité numérique : faut-il se lâcher pour aller chercher la victoire ou plutôt se méfier des espaces laissés aux dragsters madrilènes ? Il y a surtout un penalty très sévère accordé au Real Madrid pour une main difficilement sanctionnable, dans l’esprit du jeu, de Facundo Medina. Derrière, quand il ne faut plus calculer, Marseille confisque parfaitement le ballon (75% de possession à partir de la 80e) et se rapproche de la surface de Thibaut Courtois, à l’image de Greenwood, dont l’OM semble beaucoup trop dépendant quand il faut attendre un exploit individuel pour (r)allumer la lumière.
CARTON ROUGE POUR CARVAJAL, L'OM EST À 11 CONTRE 10 FACE AU REAL MADRID ! 🔴 La fin de match s'annonce brulante, en direct sur CANAL+ 🥵#RMAOM | #UCL pic.twitter.com/aPaYGzW4VZ
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) September 16, 2025
→ Sporting 2-1 OM
Ligue des champions, J3. But d’Alisson Santos à la 86e.
Et si les difficultés de Marseille dans les fins de matchs étaient liées à cette curieuse habitude (en tout cas au début de saison) à ne pas les vivre à 11 contre 11. Cette fois, c’est l’OM qui retrouve les joies de passer un bon bout de rencontre à dix à la suite de l’expulsion d’Emerson Palmieri avant la pause. Ce qui saute aux yeux, dans le dernier quart d’heure de cette partie comme dans d’autres, c’est l’incapacité d’adaptation de l’équipe de Roberto De Zerbi, peut-être parfois trop concentrée sur ses principes de base et dans le dur quand il faut activer les plans B, C ou D. Les Phocéens répètent ainsi des schémas inefficaces et laissent leurs éternels défauts les plomber. Dans les intentions, l’approche marseillaise est louable dans ces dernières minutes contre le Sporting. Sauf qu’aller chercher très haut les Portugais en infériorité numérique, ça peut coûter cher et c’est finalement sur un petit coup de pot, d’une frappe contrée par le naufragé Benjamin Pavard, qu’Alisson Santos offre la victoire aux locaux. La défaite de la naïveté, quelque part.
"C'est SCANDALEUX" 😡 Pierre-Emerick Aubameyang très remonté contre l'arbitrage après la défaite de l'OM face au Sporting 🗣️#SCPOM | #UCL pic.twitter.com/0kJdBOvyBU
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) October 22, 2025
→ OM 2-2 Angers
Ligue 1, J10. But d’Ousmane Camara à la 90e+6.
Si les Marseillais finissent possiblement perturbés par le malaise de Bilal Nadir à l’aube du temps additionnel, ils proposent ce soir-là un modèle de plantage dans une fin de match. De la 80e à la 90e+10, l’OM est derrière le SCO à la possession (45%), ne tente pas un dribble, pas un tir et ne bénéficie même pas d’un petit corner. Nada. Face à une belle équipe angevine, entreprenante et pas effrayée, Marseille enchaîne les passes ratées, les courses dans le vide et les signes de nervosité (Lirola, O’Riley). « Ils sont fatigués », tremble même le regretté Jean-Louis Gasset, aux commentaires sur Ligue 1+, en voyant Nayef Aguerd s’arracher avec des crampes. Au fond, cette déliquescence se termine avec une défense encore une fois disloquée devant le numéro d’Amine Sbaï pour laisser Ousmane Camara offrir un 2-2 mérité aux hommes d’Alexandre Dujeux. À ne surtout pas reproduire ce samedi, à Raymond-Kopa.
Un festival d’Amine Sbaï 🤝 un bon placement opportuniste d’Ousmane Camara La recette d’une égalisation méritée 👨🍳🥶 pic.twitter.com/F0diq9YUbz
— Angers SCO (@AngersSCO) October 30, 2025
→ OM 0-1 Atalanta
Ligue des champions, J4. But de Lazar Samardžić à la 89e.
Comme face au Real Madrid, l’OM est victime contre l’Atalanta d’un fait de jeu et d’un drôle d’enchaînement qui pourrait faire mal à l’issue de la phase de ligue en cas d’élimination aux portes des barrages. À 88’48, Ederson touche le ballon de la main dans la surface sous les yeux de Pierre-Emerick Aubameyang ; à 89’02, Lazar Samardžić refroidit le Vélodrome sur un bijou. Si on peut reprocher aux Marseillais de s’arrêter de jouer, dans l’espoir d’une décision arbitrale positive, ce sont surtout les minutes précédentes qui sont à blâmer. Des combinaisons qui n’en sont pas, des changements de De Zerbi qui ne sont pas payants (comme trop souvent dans les derniers quarts d’heure) et une équipe beaucoup plus électrique, une fois de plus, quand il faut partir à l’abordage sans trop réfléchir. Oui, mais l’OM a aussi su marquer dans les cinq dernières minutes (7 fois) cette saison, diront les sceptiques. Un seul de ces pions tardifs a vraiment fait basculer une rencontre, celui d’Amir Murillo à Strasbourg.
C'EST SURRÉALISTE : LA MAIN D'EDERSON DANS SA SURFACE N'EST PAS SIFFLÉE ET L'ATALANTA MARQUE DANS LA FOULÉE 😱😱😱#UCL pic.twitter.com/7DGGyOpvgL
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) November 5, 2025
→ OM 2-2 Toulouse
Ligue 1, J14. But d’Emersonn à la 90e+2.
Un copié-collé de la réception d’Angers ? Pas du tout. Au moment d’entrer dans la dernière phase du match contre le TFC, l’OM est encore dans l’euphorie d’avoir réussi à retourner une rencontre qui était devenue piégeuse. Marseille maîtrise son sujet, lâche des séquences de possession qui perdent les Toulousains et vont chercher les ballons très haut sur le terrain pour ne pas se laisser dicter le tempo de la fin de partie par leurs adversaires violets. Deux choses à déplorer, quand même : l’état physique des Phocéens, et ce n’est pas la première fois qu’ils semblent tirer la langue à l’approche du coup de sifflet final ; et une nouvelle fuite des responsabilités en défense quand ce petit malin de Mark McKenzie claque une touche longue gagnante pour voir Santiago Hidalgo marquer le 2-2. Deux points de perdu ? Ou peut-être un point de gagné, quand on voit l’OM remercier Géronimo Rulli d’avoir sauvé les miches de son équipe pour empêcher la défaite. À chaque scénar, cette faculté à subir les évènements, même quand tout semblait aller dans le bon sens.
→ Union saint-gilloise 2-3 OM
Ligue des champions, J6.
Une sale fin de match peut heureusement déboucher sur une victoire. C’est précisément ce qui est arrivé à l’OM contre l’Union saint-gilloise lors de sa dernière sortie en Ligue des champions. C’est un cocktail de tout ce que Marseille sait trop bien faire dans ces moments clés : la perte du fil d’une rencontre, de la fatigue, une dislocation collective, des individualités qui sombrent dans le même temps et une naïveté de tous les instants. La défense marseillaise est trop peu protégée et a toujours la plus grande difficulté à gérer ce qui se passe dans son dos, ce qui aurait pu conduire à l’égalisation de Promise David sur un lancement de Sofiane Boufal si l’attaquant canadien n’avait pas été hors jeu d’un ou deux millimètres (les Marseillais avaient déjà été avertis un peu plus tôt avec un but refusé à Anan Khalaili). Ce dernier aura même fait hurler – mais vraiment hurler – ce pauvre Paga après avoir poussé Rulli à l’exploit dans une surface où sept joueurs marseillais (!) ont réussi à oublier deux adversaires belges. Comme quoi, Marseille a aussi le droit au bonheur.
L'arrêt héroïque de Geronimo Rulli pour sauver l'OM à la 94e minute 😱#USGOM | #UCL pic.twitter.com/IoYc1ysMWI
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) December 9, 2025
→ OM 2-2 (4-1 TAB) PSG
Trophée des champions. But de Gonçalo Ramos à la 90e+5.
Chassez le naturel, il vient au galop. Un paradoxe dans ce dernier quart d’heure du Trophée des champions koweïtien : l’OM va chercher le CSC de Willian Pacho et le but du 2-1, sans aucune peur, sans trop de complexes et sans signes d’usure physique. Les Marseillais ne reculent pas, vont chercher les Parisiens à six voire sept dans leur camp et Hamed Junior Traoré ressemble à un supersub – c’est d’ailleurs lui qui fait la bonne accélération et le bon centre pour mettre son équipe devant. Les Phocéens ont même eu les balles de contre pour le 3-1, dont celle pour Pierre-Emerick Aubemayang qui précède le nouveau naufrage défensif marseillais. En trois passes, le PSG met en lumière les habituelles lacunes du rival cette saison : une ligne de défense plantée très haut et des individualités coupables (Murillo hésitant devant Barcola, Balerdi à l’arrêt, Pavard aspiré). Une nouvelle situation mal appréhendée au sein d’une équipe qui manque peut-être d’un vrai patron dans ces moments chauds, ainsi que de meilleures prises d’initiative. Et à la fin, c’est l’OM qui tire la tronche.
Valère Germain annonce la fin de sa carrièrePar Clément Gavard





















































