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Le guide très pratique du Mondial 2026

Par Enzo Leanni et Ulysse Llamas
6' 6 minutes
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Le guide très pratique du Mondial 2026

Eh, au fait, il y a une Coupe du monde qui commence jeudi. Vous n’étiez pas au courant ? Rien de grave, on récapitule tout juste ici.

→ Encore de nouvelles règles

Le Mondial 2018 était celui de l’entrée en vigueur de la VAR – ou du VAR, huit ans après, on ne sait toujours pas –, la Coupe du monde 2022 était celle des temps réglementaires interminables, l’édition 2026, elle, sera un parfait mariage des deux. Les assistants vidéo vont voir leurs pouvoirs accrus, avec la possibilité d’examiner plus d’actions et d’intervenir sans (trop) retarder la reprise du jeu. Dans une quête de temps de jeu effectif toujours plus importante, chaque seconde pourrait être précieuse. Ainsi, lorsqu’un joueur remplacé quittera la pelouse en plus de dix secondes, son remplaçant ne pourra entrer qu’à la prochaine interruption de jeu après la minute de pénalité. Le premier Français à avoir été pris par la patrouille est Michael Olise au détriment de Manu Koné. Pas de place pour les nonchalants !

→ Des calculs savants : 495 combinaisons pour sortir des poules

Pour la première fois de l’histoire, 48 pays seront sur la ligne de départ, répartis dans douze groupes. De quoi se farcir 104 matchs au total, soit 40 de plus que lors des dernières éditions. À l’issue de la troisième journée, il faudra peut-être sortir la calculette pour savoir qui sort de poule. Les deux premiers sont assurés de se qualifier pour les seizièmes, ainsi que les huit meilleurs troisièmes. Si, depuis 2006, le premier critère pour départager des équipes à égalité était la différence de buts générale, ce sera désormais le nombre de points lors de l’affrontement direct. Les plus dingues peuvent déjà tenter d’établir l’une des 495 combinaisons possibles pour dessiner le futur tableau des phases finales.

→ Les Globe-Trotters

Gianni Infantino ne veut décidément rien faire comme les autres. Il le prouve en devenant le premier président à organiser une Coupe du monde dans trois pays différents : le Canada, les États-Unis et le Mexique. Avant 2026, seule la Coupe du monde 2002 s’était déroulée dans plusieurs pays, le Japon et la Corée du Sud. Infantino ne cherche pas à apaiser les tensions géopolitiques, mais juste à contenter son ami Donald Trump sans trop froisser le reste du continent. Diabolique(s).

Qu’est-ce qu’on se poigne
Qu’est-ce qu’on se poigne

→ Les Globe-Trotters, bis

Dans leur dossier de candidature, Canada, Mexique et États-Unis avaient promis que la compète serait « la plus verte » et « la moins émettrice en carbone de l’ère moderne ». Que nenni ! Ce Mondial devrait devenir le plus polluant de l’histoire. Selon Greenly, spécialiste de la comptabilité carbone, le tournoi pourrait générer au moins 7,8 millions de tonnes de CO2. C’est le double des émissions du Mondial du Qatar, mais aussi l’équivalent des déplacements annuels d’1,7 million de voitures. Ce montant astronomique est en partie imputable aux gros déplacements à venir. Certaines sélections devront se farcir des milliers de kilomètres. Curaçao effectuera par exemple 10 150 bornes pendant les poules, quand l’équipe de France en parcourra 1 500. Et Aramco, American Airlines et d’autres entreprises sponsorisent la compète.

→ À la bonne heure

Qui dit plusieurs pays, dit décalage horaire. Il y aura entre six (sur la côte Est, où joueront les Bleus durant la phase de groupes) et neuf heures (à l’Ouest, CQFD) de différence avec la France. Problème d’européo-centrés : les premiers matchs de la journée commenceront à 18 heures. Il faudra parfois se farcir des nuits blanches pour ne rien rater. Ainsi, lorsqu’il sera 13 heures à Mexico pour le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud, il faudra allumer sa télé à 21 heures à Paris.

→ Où trouver tout ce beau monde ?

Mais d’ailleurs, sur quelle chaîne faudra-t-il se brancher pour regarder ce genre de rencontres plus qu’alléchantes ? Pour la première fois, M6 est le principal diffuseur en clair de la compétition, coupant l’herbe sous le pied de TF1 et laissant Grégoire Margotton enfin profiter d’un été une année paire. La Six, autour de son commentateur phare Xavier Domergue, va ainsi retransmettre les 54 matchs les plus sexy, dont tous ceux de l’équipe de France, les deux demi-finales et la finale. Pour ceux qui ne veulent rien rater, même les insupportables pauses fraîcheur, c’est sur beIN Sports que ça se passe. Et sinon, il y a toujours ce bon vieux site sofoot.com qui proposera des lives pour tous les matchs.

→ Les stades

Un joli gloubi-boulga. Les 16 stades des 104 matchs du Mondial ne sont pas tous des stades destinés à accueillir du foot. Derrière le stade Azteca, ce nom qui fait autant frissonner que le Maracanã et qui rappelle les finales des Mondiaux 1970 et 1986, trône une forêt de stades américains. Le Mercedes-Benz Stadium, baptisé stade d’Atlanta pendant la compétition, va accueillir huit matchs, dont une demi-finale. Aucun stade n’a été utilisé lors du Mondial 1994. Certaines enceintes servent surtout pour le football américain, comme le stade de Dallas et ses 94 000 places, où résident les Dallas Cowboys, ou le stade de New York, où jouent les New York Giants et les NY Jets en NFL. Celui-ci accueillera le France-Sénégal du 16 juin, mais aussi la finale, le 19 juillet. Les pelouses de football américain étant la plupart du temps artificielles, leur état va être particulièrement scruté. Comme la chaleur.

→ Les pays en guerre

Les États-Unis sont en conflit avec à peu près tout le monde, et l’incertitude géopolitique règne. L’Iran symbolise ce Mondial sous tension. Alors que la guerre frappe encore le Moyen-Orient depuis l’offensive conjointe d’Israël et des États-Unis le 28 février, la délégation iranienne va finalement s’établir à Tijuana, au Mexique. Reste à savoir si les Iraniens auront le droit de supporter leur sélection. L’Iran a en effet accusé les États-Unis d’avoir supprimé leur quota de billets. Pour d’autres délégations, comme l’Irak, être au complet devrait déjà être une victoire. Finalement, on serait presque tentés de dire que le Qatar, ce n’était pas si mal.

→ En fait, c’est quoi l’enjeu ?

Pour Haïti, Curaçao et l’Irak, éviter de partir avec des valises constituerait déjà un bel exploit. Sinon, cette Coupe du monde sera celle des premières. Un pays atteindra les seizièmes de finale du Mondial pour la première fois. Le vainqueur devra disputer neuf matchs avant de soulever la coupe pour la première fois. Aussi, Ghana et Panama s’affronteront pour la première fois. Concernant le palmarès, le Brésil peut remporter sa sixième Coupe du monde, évidemment un record. L’Argentine peut égaler l’Allemagne et l’Italie au rang des pays quatre fois vainqueurs de l’épreuve, mais aussi devenir le premier pays à conserver le trophée depuis le Brésil de Pelé, en 1958 et 1962. Les treize buts de Just Fontaine, eux, devraient rester tranquilles.

Pourquoi le stade Azteca est le plus mythique de l’histoire ?

Par Enzo Leanni et Ulysse Llamas


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