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Trump et Infantino : dans le monde à eux

Par Théo Juvenet
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Trump et Infantino : dans le monde à eux

Les aventures du duo Trump - Infantino se poursuivent. Dans ce nouvel épisode, c'est au tour du président des États-Unis de se ranger derrière les opinions de celui de la FIFA, qui invite soudainement l'équipe d'Iran à jouer sur le sol américain cet été, tout en jouant les médiateurs de paix. Preuve d'une amitié qui n'a jamais été aussi forte.

À quoi jouent vraiment Donald Trump et Gianni Infantino ? Si le rapprochement entre le président des États-Unis et le boss de la FIFA n’est plus à expliquer, leurs soutiens respectifs sur les problématiques de chacun ont de quoi interroger. Dans cette amitié qui n’en finit plus de se renforcer à un gros mois du coup d’envoi de la Coupe du monde nord-américaine, Gianni Infantino est sans doute celui qui avait fait le premier pas, en décernant à Donald Trump le premier « Prix de la paix FIFA » en décembre dernier, puis en étant l’invité surprise de son premier « Conseil de paix » (et marquant une présence de l’instance mondiale du foot dans un sommet politique, tout en affirmant que les deux doivent rester séparés).

Des efforts bien éloignés des vraies problématiques du football, qui finissent par payer pour le dirigeant suisse. Et pour preuve, alors qu’Infantino confirmait ce jeudi lors du congrès annuel de la FIFA la participation de l’Iran au Mondial, ce même pays contre qui les États-Unis s’enlisent dans un conflit aux issues incertaines, Donald Trump a décidé de rendre la pareille à son bro.

« Gianni, c’est un ami »

« Si Gianni l’a dit, ça me va. (…) Gianni est fantastique, c’est un ami. Ont-ils une bonne équipe ? C’est dur à croire, en réalité, mais je pense qu’il faut les laisser jouer », a déclaré Trump jeudi en conférence de presse depuis la Maison Blanche. Son dédain envers le niveau de la sélection iranienne ne fait d’ailleurs que confirmer sa méconnaissance du foot, sachant que l’équipe d’Iran reste sur quatre participations d’affilée à la Coupe du monde, soit une meilleure série que les États-Unis, non qualifiés en 2018 et qualifiés d’office cet été du fait d’être pays hôte.

Soit, le message principal à retenir est que Trump n’a, à son tour, pas peur de se ranger derrière Infantino. Ce qui peut-être interprété comme une manière de le remercier pour toute la bonne pub faite ces derniers mois. D’autant que ces derniers temps, l’image de Gianni Infantino s’est considérablement écornée sur la scène internationale : potentiel retour des équipes russes en compétition, tarifs de tout ce qui entoure la Coupe du monde réservés à une certaine élite, délégation iranienne non présente au sommet de la FIFA (refoulée par la douane canadienne)… sans oublier le clou du spectacle qui s’y est déroulé.

Infantino, politicien refoulé ?

Si Donald Trump incarne l’idéal qu’imagine Gianni Infantino, cela se voit particulièrement dans sa manière de faire les choses. Pendant le congrès FIFA, sa tentative de poignée de main entre les représentants des fédés israéliennes et palestiniennes (Basim Sheikh Suliman et Jibril Rajoub) est tombé à l’eau, le second refusant logiquement la mascarade montée de toutes pièces pour alimenter les Unes du monde entier. Là où il imaginait incarner un Bill Clinton 2.0 dans un glorieux remake des accords d’Oslo s’est transformé en un moment très gênant, qu’il a tant bien que mal tenté de combler par de chaudes embrassades avec les deux représentants avant de gentiment se rassoir à sa place, tout penaud. Un contexte nécessaire qui explique un peu plus ce pourquoi Trump, d’habitude si incompressible sur les questions de défense nationale, a finalement volé au secours de son ami et invité les Iraniens à taper leurs meilleurs foot sur son sol cet été.

Est-ce que ceci irait dans le sens des timides négociations entre Washington et Téhéran ? Il y a une semaine encore, l’administration Trump poursuivait sa communication agressive, le secrétaire d’État des États-Unis Marco Rubio visant les potentiels dangers de la délégation iranienne, jusqu’à proposer de mettre l’Italie à leur place : « Le problème avec l’Iran, ce ne serait pas ses athlètes. Ce serait certaines des autres personnes qu’ils veulent faire venir avec eux », en référence au président de la fédé iranienne Mehdi Taj, refoulé à Vancouver ce jeudi. Cette main tendue à l’Iran sonne-t-elle le début de la parenthèse sportive d’une Coupe du monde, où tous les problèmes dans le monde semble disparaître ? Si celle-ci a vraiment débuté, elle symbolise alors une amitié Trump-Infantino qui n’a jamais été aussi forte, et une FIFA plus politique que jamais. En attendant les prochains épisodes de cette bromance

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