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  • Coupe du monde 1994

Et si la Coupe du monde 1994 était la meilleure de l’histoire ?

Par Chérif Ghemmour

D’accord : le Mundial 1970 fut magnifique. Mais la Coupe du Nouveau Monde plus ouverte, justement, à toute la planète charrie toujours autant de souvenirs envoûtants, sublimes et dramatiques. Rappelez-vous...   

Et si la Coupe du monde 1994 était la meilleure de l’histoire ?

En 1994, une Coupe du monde réussie se devait de respecter un des fondamentaux de base : une finale Brésil-Italie. En souvenir du sommet de rêve de Mexico 1970 avec Pelé puis de la revanche époustouflante de la Sarrià 1982 avec Paolo Rossi. Alors bingo ! On a bien eu ce clash des Titans, avec une Seleção et une Squadra Azzurra au départ à égalité parfaite, avec trois World Cups chacune… Autres fondamentaux attendus : un Brésil qui enchante le tournoi et une Italie qui galère, mais qui va (presque) au bout. Cases cochées aussi ! Les Brasilieiros ont rempli leur mission avec leur irrésistible duo d’attaque, les lutins Romário-Bebeto, présents au jour J du plus beau match du Mondial US contre les Oranje pour marquer lors de ce quart un joli but chacun (3-2) et bercer bébé pour notre plus grand bonheur.

Romário, Baggio, Brolin, Stoichkov : sacré carré d’as !

Les Azzurri, bien entendu, ont vu la mort en face, en poules : après une défaite surprise face à l’Irlande (1-0), ils peinent à dix contre onze contre la Norvège, après l’expulsion du gardien Gianluca Pagliuca et sans leur capitaine Franco Baresi, sorti sur blessure au ménisque à la 49e ! Mais Dino Baggio plantera le but de la victoire à la 69e et l’Italie passera les poules dans un trou de souris, parmi les meilleurs troisièmes, après un pauvre nul face au Mexique (1-1). L’ange Roberto Baggio inscrira ensuite les buts qu’il faut contre le Nigeria, l’Espagne et la Bulgarie pour emmener les siens en finale. Le 17 juillet, au Rose Bowl de Pasadena, sous l’enclume solaire de ce Brésil-Italie débuté à 12h30, c’est aux tirs au but que se décide la finale après un 0-0, deux premières pour une finale de Coupe du monde ! La détresse de Roberto « divin codino » Baggio après son shoot dans les nuages et la joie conséquente des Brésiliens resteront à jamais gravées dans nos mémoires. Et de quatre pour la Seleção !

La veille, toujours au Rose Bowl, la petite finale nous avait réconciliés, nous les Français, avec nos bourreaux des éliminatoires : la Suède et la Bulgarie. Après leur splendide victoire en quarts contre l’Allemagne (2-1), on avait fini par aimer ces brigands de Hristo Stoichkov, Yordan Letchkov, Trifon Ivanov et cie. Et comme Emil Kostadinov n’en avait pas planté un seul du tournoi, on était quittes ! Les Suédois les ont finalement balayés 4-0 avec leurs cracks offensifs Kenneth Anderson, Martin Dahlin et Tomas Brolin et ses célébrations en toupie, plus classes que celle du chien qui pisse de Finidi George… Pour clore sur les fondamentaux des grandes Coupes du monde, il fallait aussi un drame énorme, et ce fut celui de l’exclusion de Diego Maradona pour dopage à l’éphédrine.

Des flocages, du soleil et des Nigérians !

Après un but inouï hurlé face caméra contre la Grèce (4-0), la sanction a plombé une Albiceleste emballante mais éjectée en huitièmes face à la Roumanie (3-2). Pas grave ! Un Maradona de perdu, un de retrouvé, celui des Carpathes : Gheorghe Hagi, aussi diaboliquement gaucher. Son lob excentré jailli de l’autre bout du monde en pleine lucarne contre la Colombie en poules (3-1) dispute au raid insensé du Saoudien Saeed Al-Owairan contre la Belgique (1-0) le titre de plus beau but de ce Mondial. Diego, Gheorghe, Saeed, que des splendides 10 comme Rai, Carlos Valderrama, Valeri Karpine ou Enzo Scifo que les coachs n’avaient pas encore mis au rancart. Vrai numéro 9, le Russe Oleg Salenko avait tapé un quintuplé inédit contre le Cameroun auquel notre Roger Milla adoré avait répondu par un but inscrit à 42 piges (6-1) ! Au nom de la défunte URSS, le bon Oleg, comeilleur buteur du tournoi avec Stoichkov (six pions), s’était offert une petite revanche symbolique au pays des Yankees, grands vainqueurs de la Guerre froide…

Grâce à deux règles innovantes – interdiction de la passe en retrait au gardien et la victoire à trois points – l’esprit offensif avait inspiré ce Mondial US au point d’en faire un des plus prolifiques de l’histoire (141 buts, deuxième meilleur total à l’époque). Pour faire culture locale, le pli pris lors de l’Euro 1992 des maillots floqués aux noms des joueurs s’y est institué pour toujours, imprimant dans nos mémoires des patronymes en madeleines de Proust comme Larsson, Răducioiu, Houghton. Ou bien Jorge Campos, le gardien mexicain au kit short-maillot flashy et ultra-bigarré. Au Mondial US, avec du soleil et des stades énormes toujours pleins, y avait plus qu’à ! Et c’est le Nigeria qui avait créé la sensation, sous le signe du K, avec les AmoKachi-AmuniKe-YeKini partis en sarabande ambiancer le premier tour avant de tomber avec les honneurs face à l’Italie.

Hôtes du tournoi, les novices Étatsuniens avaient agréablement surpris en passant le premier tour avec leurs chevelus magnifiques, Cobi Jones, Marcelo Balboa et Alexi Lalas. Hélas, ils ne se doutaient pas que le CSC qu’ils firent subir au malheureux Colombien Andrés Escobar allait signer son violent arrêt de mort par balles en rentrant au pays… Autres tristesses, mais moins graves : la phobie de l’avion devenue irréversible du dieu ailé Dennis Bergkamp aux USA et la non-entrée en jeu totale de ce crack brésilien de 18 ans qu’on appelait « Ronaldo ». Enfin, pour se consoler de l’absence des Bleus, mieux que le sifflet de Joël Quiniou, le duo de casquettes Didier Roustan-Éric Cantona aux commentaires TV nous aura agréablement accompagnés durant ce road-trip américain.

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