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  1. // Disparition d'Antonio Pennacchi

Antonio Pennacchi : « Si tu enlèves les stades, la société explose »

Antonio Pennacchi s'est éteint le 3 août dernier à Latina, où il était né 71 ans plus tôt. Politiquement incorrect et d'une mauvaise foi absolue, le légendaire auteur de Mon frère est fils unique vouait un culte sans borne à Francesco Totti. Il nous expliquait pourquoi, en 2007, dans le numéro 48 de So Foot.

L’Italie du football a été au cœur d’une polémique sur la violence dans les stades. En tant qu’écrivain en colère, qu’en pensez-vous ?
Ceux qui sont au pouvoir sont cons. Quand ils disent "la violence dans les stades" avec des voix alarmistes... Ils ne comprennent rien. Il faut parler de la cocotte-minute. Dans une cocotte-minute, la pression sort par la soupape. Or la violence dans le sport fonctionne comme la soupape de sécurité de la cocotte-minute. Mon père était bricolo. Ma mère lui disait toujours : « Enlève cette soupape, cette fumée et ce bruit me fatiguent » , et mon père ne l’a jamais enlevée. Quand il est mort, ma mère a dit : « Il s’en est allé sans m’arranger la cocotte-minute comme je le voulais » . Mais mon père disait que c’est la soupape qui sauve tout. Car si tu l’enlèves, la pression augmente, augmente, et boum, la cocotte-minute explose ! Le stade, c’est la soupape et la cocotte-minute, c’est la société. Si tu enlèves les stades, la société explose. Car la violence est inhérente à la nature humaine et à la nature des groupes et des sociétés humaines. On a inventé le sport pour ça. En Grèce, ils étaient toujours en guerre l’un contre l’autre. On la suspendait seulement durant les Jeux Olympiques. Parce que ce n’est pas possible de faire deux guerres en même temps. Quand il y a la guerre des Jeux Olympiques, tu ne peux pas faire une autre guerre.

J’étais à Catane quand le policier est mort (le 2 février 2007, lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et les ultras de Catane, un policier avait été touché au visage par un pétard avant de mourir). Qu’avez-vous pensé de tout ça ?
Je ne suis pas un spécialiste de Catane, j’y suis allé une fois dans ma vie. Il y a des problèmes de nature socio-anthropologique. Et la haine du flic est plus forte que la haine du Palermitain. Parce que c’est lié à l’agitation des jeunes aussi. Quand un adolescent a sa tempête hormonale, il veut démontrer au monde qu’il est farouche. En Italie, on a un jeu, les gendarmes et les voleurs. Vous l’avez aussi ?

Oui, oui.
Bon, et bien chaque jeu a ses règles. Chaque sport a ses règles. Au foot, tu ne peux pas toucher la balle à la main, sauf si tu t’appelles Maradona ou que tu es gardien. En théorie dans le cyclisme, tu ne devrais pas te droguer, ni te faire traîner par les voitures. Je n’ai jamais aimé Materazzi. Son père a entraîné la Lazio. Et puis il est interiste. Mais si tu regardes les règles, c’est lui qui a raison et non Zidane. Car les règles du football disent que sur le terrain, tu peux dire ce que tu veux, mais que tu ne peux pas mettre un coup de boule. D’un point de vue humain, Zidane a raison. Mais d’un point de vue des règles, c’est Materazzi.

Et le rapport avec Catane ?
... On s’est éloigné.

« La mafia, c’est peut-être le seul secteur dans lequel nous, les Italiens, nous sommes compétitifs dans le monde entier. »

Certains journalistes italiens ont supposé que la mafia pouvait être derrière ces incidents…
Des conneries des journalistes italiens. La mafia n’a aucun intérêt à faire le bordel au stade. Si c’est le bordel, elle ne peut pas faire son business. Le seul cas où la mafia a été impliquée dans le foot et où c’est prouvé, c’est avec la Lazio... Pour prendre le club à Lotito. Mais ce sont des affaires différentes.

On dit aussi que la N’Drangheta (la mafia calabraise) vend de la drogue dans tous les stades d’Italie...
Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais en Italie, la drogue est partout. Dans mon pays, on vend de la drogue au Parlement. Excusez-moi, mais il y a des députés drogués. C’est Totti peut-être qui leur vend la drogue ? Arrêtez de casser les couilles, il y a de la drogue partout en Italie. Vous avez de la drogue en France, dans les stades ou ailleurs ?

Oui, bien sûr.
Et qui est-ce qui la vend ? C’est la N’Drangheta aussi ? (rires) En France, vous avez plein de policiers. Un policier, il est là pour arrêter les voleurs. Si vous avez plein de policiers, c’est que vous avez plein de voleurs aussi. La mafia, c’est peut-être le seul secteur dans lequel nous, les Italiens, nous sommes compétitifs dans le monde entier. Moi j’ai travaillé dans une fabrique de câbles pendant 35 ans. Et puis elle a été achetée par Alcatel, c’est français. Dans les câbles, vous avez démontré plus de professionnalisme. En mafia, c’est nous.

Quel pourrait être le rôle de l’écrivain sur un terrain de football ?
Ça dépend lequel. Moi, dans l’esprit, je suis plus un boxeur. Je ne lâche jamais l’affaire. Dans le football, je serais un défenseur, mais qui monterait aussi.

Quel rapport aviez-vous au foot gamin, et pourquoi la Roma ?
Pourquoi la Roma ? Parce que quand j’étais gamin, la Juve enchaînait les titres : 1957, 1958. Ma ville était nouvelle, on était tous fils d’immigrés du Nord. Tous les gosses étaient pour celui qui gagnait, donc pour la Juve, et une minorité pour la Lazio, l’équipe de la région. Par esprit de contradiction, je suis devenu supporter de la Roma.

Moi je préfère la Lazio...
Vaffanculo ! Si vous m’aviez dit ça avant, je n’aurais jamais accepté cette interview ! La Lazio est un club de droite ?!

J’ai une théorie selon laquelle les tifosi de la Roma, qui est une équipe historiquement de gauche, se cachent et se protègent derrière cette tradition alors même qu’ils sont de plus en plus nombreux à se revendiquer de la droite sociale... Les limites droite/gauche, qui hier correspondaient à une réalité sont aujourd’hui arbitraires...
La Roma, au contraire de la Lazio, a une tradition de gauche. Basta. Des provocations d’extrême droite, il y en a bien plus chez la Lazio, j’ai écrit un essai sur ces choses-là. Ça s’appelle Neuménologie du Football. Hegel écrit sa Phénoménologie de l’Esprit, moi j’ai ma Neuménologie du Foot.

« Ma vaffanculo ! Vous ne savez jouer qu’au rugby, arrêtez avec la balle ronde. Votre seul joueur, c’est Platini. »

En 1998, avant la Coupe du Monde, l’écrivain italien Toni Negri a justement publié un texte qui disait que la séparation gauche/droite des grandes métroplitaines italiennes (Toro/Juve, Milan/Inter, Roma/Lazio…) était en train de se complexifier et de devenir de plus en plus étroite... Vous en pensez quoi ?
Je ne pense pas qu’on puisse écrire ça comme ça. Moi j’ai toujours pensé que Toni Negri était une testa di cazzo (tête de pine, ndlr). Toni Negri n’a jamais compris une couille de politique. Et si ce que vous venez de dire est vrai, ça montre qu’il n’a même pas compris une couille de football. Laissons tomber, c’est que des conneries.

Quel rapport entretenez-vous avec la Nazionale ?
La Nazionale, c’est la Nazionale. Le seul titre mondial qu’on a gagné, c’est celui d’Espagne. Là, on a vraiment bien joué, on a battu l’Argentine, le Brésil. Le titre de 2006, je le prends. Mais l’équipe ne jouait pas aussi bien qu’en 82. La faute à l’atmosphère hostile à Totti qui régnait dans le vestiaire. En même temps, les deux premiers titres qu’on a gagnés, je ne les ai pas vécus.

Mais les deux meilleures équipes de 82 étaient la France et le Brésil !
Ma vaffanculo ! Vous ne savez jouer qu’au rugby, arrêtez avec la balle ronde. Votre seul joueur, c’est Platini.

Évidemment, il est à moitié italien...
Qu’est-ce que j’y peux ? Vous aussi vous êtes à moitié italiens ! La vérité, c’est que la France et l’Italie, on est tellement mélangés qu’on ne peut plus rien y faire. Vous nous avez commandé pendant des siècles avec Napoléon III, nos histoires sont très proches.

Et Zidane, ce n’est pas un grand joueur ?
Bah, disons que c’est un petit joueur.

Changeons de sujet… Pourquoi le stade de Milan s’appelle encore Meazza ? Il était fasciste, non ?
C’était un joueur. Et puis, en Italie, Mussolini et Meazza n’étaient pas les deux seuls fascistes. En 1938, tout le monde était fasciste. Mon père était fasciste, mais aussi le père de Toni Negri.

« Si mon pays a été fasciste pendant 20 ans, ce n’est pas seulement à cause du diable Mussolini, mais à cause de mon peuple. »

Il était communiste le père de Negri.
Ma vaffanculo ! En 1938, toute l’Italie était fasciste. En fait, moi j’en ai rien à foutre de Meazza. Mais quand une dictature reste au gouvernement durant tant d’années, il n’est pas possible que ce soit une dictature de la minorité. C’est forcément la dictature d’une majorité. Ils ont commis des crimes très graves, notamment les lois raciales et la guerre mondiale. Mais ce qu’il y a d’encore plus grave, c’est d’avoir perdu cette guerre. Car il y a quelque chose qui est encore plus grave que de déclarer les guerres : c’est de les perdre. Si c’est pour perdre une guerre, mieux vaut rester chez soi. Mais il y a eu des aspects positifs : des progrès sur le plan social, l’industrialisation du pays. On devient un pays industrialisé avec le fascisme. Ils n’ont pas mené qu’une politique de droite sociale. Ils ont eu des réformes vraiment sociales. Sur la question agraire, ils ont pris les terres pour les donner aux pauvres. Le phénomène est complexe. Jusqu’en 1938, tout le monde est fasciste. Ils arrêtent de l’être quand les alliés débarquent en Sicile et qu’on est sur le point de perdre la guerre. Mais l’Histoire c’est l’Histoire. On ne peut pas tout annuler. Si mon pays a été fasciste pendant 20 ans, ce n’est pas seulement à cause du diable Mussolini, mais à cause de mon peuple. Ce sont ces fils de pute style Toni Negri qui oublient que leur père était fasciste aussi.

Vous faisiez quoi dans les années 70 en Italie ?
Dans les années 70, au début je militais dans l’extrême gauche maoiste. Après, j’ai flirté avec la lutte armée, je suis devenu ouvrier. J’étais marxiste-léniniste.

Vous n’avez jamais eu envie de vous engager vraiment dans la lutte armée ?
Les anciens de Lotta Continua (groupuscule d’extrême gauche italien, ndlr) sont tous des fils de pute, surtout ceux qui sont devenus directeurs de journaux, de télévision, députés. Car ils font passer la fausse idée que ceux qui ont tiré, aussi nombreux qu’ils puissent être, étaient fous. Et qu’eux n’avaient rien à voir avec ces fous-là. C’est pareil qu’avec le fascisme. Pendant cette période, j’ai eu la chance de n’avoir pas tiré et de ne pas avoir de sang sur les mains. Mais comme tous ceux du mouvement, j’étais dans la posture mentale pour tirer, sincèrement. J’étais convaincu que c’était juste. J’ai participé à la violence ouvrière, mais je m’en suis repenti. J’ai reçu des coups, j’en ai donnés. J’en ai reçu plusieurs. Que ce soit par la police ou par les fascistes. Mais les seuls coups qui me font mal, ce sont ceux que j’ai donnés. Mais ces fils de pute, eux aussi, devraient se sentir coupables de leur violence. L’État, le pouvoir. La violence des autres ne justifie pas ma violence. Ma violence, c’est ma violence. Mais bordel de merde, ta violence c’est ta violence aussi. Erri de Luca (écrivain italien génial, ndlr), comme moi, a pris la plume après avoir eu les mains ruinées à l’usine. C’est un des rares, comme moi, à ne pas oublier ses responsabilités passées. C’est un grand, il a des couilles.

Pourquoi la Roma n’a gagné que trois titres dans son histoire ?
Pour gagner, dans le foot, c’est compliqué. L’équipe ne suffit pas. Il faut avoir la structure, le club. Ce n’est pas simple. Les équipes du nord sont plus organisées que nous. Rome, c’est le bordel. Mais déjà dans l’histoire, la ville naît d’un bordel. En 1500, Luther, Calvin, la réforme religieuse… Tout ça parce que c’est le bordel à Rome. Il y a des statistiques tenues par les états pontificaux : en 1500, sur une ville de 30 000 habitants, il y avait 2 000 putes. Elles payent les impôts, elles vont voir les prêtres. C’était comme ça et c’est resté ainsi. Alors évidemment, l’équipe de foot, c’est compliqué…

« Zebina, il ne vaut pas grand-chose. Mais Mexès... »

On peut dire que Rome c’est le début du sud ?
Non, on ne peut pas dire ça. C’est l’histoire de la langue et des dialectes qui nous le disent. Il y a beaucoup plus de choses en rapport entre Rome et Florence qu’entre Rome et Naples, et cela est lié aux flux qui ont eu lieu durant la Renaissance, quand des familles se sont installées à Rome. Mais de toute façon, Rome c’est Rome.

Vous avez vu passer pas mal de Français à Rome, Candela, Zebina, Dacourt...
Mexès ! Zebina, il ne vaut pas grand-chose. Mais Mexès... Candela, c’était aussi un beau lutteur. Vous savez, nos entraîneurs sont bien meilleurs que les vôtres. Capello, sur le plan humain, c’est un abruti. Mais côté entraîneur, chapeau bas. C’est lui quoi a décidé de mettre Totti avant-centre. On repère donc les talents mieux que les autres. Mexès, on l’a juste suivi. Depuis Rome, on voyait vraiment qu’il était fort.

Et Totti ?
À Rome, on reconnaît le talent de Totti depuis ses 9 ans. Il a toujours été adoré à Rome et détesté partout ailleurs. La presse le déteste car c’est un garçon simple, qui parle en dialecte romain, et on déteste Rome dans toute l’Italie. Car on dit que les Romains ne travaillent pas. Totti n’a fini par être accepté que parce que son talent était au firmament. Dans la Nazionale, ça n’a d’ailleurs jamais vraiment marché. Pour réussir, il doit se sentir aimé dans le vestiaire. Quand il n’est pas aimé, cela ne donne rien.

Son livre de blagues, vous en pensez quoi ?
Ça a été une belle opération. L’Italie, c’est pas comme la France. En Italie, on lit très peu. Le directeur de ma maison d’édition me disait que son salaire, c’était Totti qui lui payait car ils ont gagné un paquet d’argent avec le livre de blagues de Totti. Tu peux faire un livre d’art comme le mien, tu ne vas rien gagner.

Propos recueillis par Rico Rizzitelli et Lucas Duvernet-Coppola Entretien réalisé en septembre 2007 (So Foot #48)
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