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Les tribunes anglaises réclament le droit de pinter

Interdit depuis 1985 dans les stades du Royaume, le retour de l'alcool dans les tribunes anglaises est une possibilité qui repointe le bout de son nez, alors que plusieurs clubs de D2, D3 et D4 - dont Sunderland et Ipswich Town - demandent aux instances dirigeantes de revoir leur copie. Et de mettre fin à une drôle de prohibition, car le football reste le seul sport concerné...

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« Un pays n'existe pas s'il ne possède pas sa bière et une compagnie aérienne. Il est bien qu'il possède également une équipe de football et l'arme nucléaire. Mais ce qui compte, surtout, c'est la bière.  » Les mots sont ceux du célèbre guitariste Frank Zappa. Un type qui savait que le droit à une bonne mousse fait partie des choses auxquelles il convient de ne pas toucher. Voilà pourtant belle lurette que les supporters de football anglais ne peuvent plus s'envoyer dans le gosier un peu de bonheur liquide, depuis leur siège dans les tribunes. Bizarre, alors que leur homologues fans de rugby et de cricket peuvent enchaîner les pintes sur le bord du terrain.

Bouc émissaire


L'interdiction dure depuis 1985. En pleine ère thatchérienne, l'Angleterre décide qu'elle n'en peut décidément plus de ses hooligans. Surtout après le drame du Heysel. Parmi les mesures prises pour mettre au pas les fans, cette interdiction de boire « within sight of the pitch » , autrement dit à la vue du terrain. Mais pas en coursive donc. Une ligne blanche qui ne concerne pas les autres sports pratiqués dans le Royaume. Une mesure de précaution qui a fait son temps selon Shaun Harvey, le directeur général de l'English Football League, l'organisme qui représente les divisions 2, 3 et 4 britanniques, soutenu entre autres par des clubs comme Sunderland, Ipswich Town, Doncaster Rovers, Accrington Stanley, Port Vale, Forest Green Rovers ou Lincoln City : « Le football a radicalement changé depuis plus de 30 ans... Cette interdiction de l'alcool en 2018 est disproportionnée par rapport au niveau de risque actuel. »



De fait, la sociologie des tribunes anglaises a considérablement évolué depuis le milieu des années 1980 : la gentrification des stades a à la fois permis d'attirer une audience plus familiale et féminisée, tout en engendrant aussi ses propres effets pervers, l'augmentation radicale du prix des places contribuant à chasser les classes populaires des tribunes. Au milieu de tout cela, la bonne vieille pinte si chère au supporter anglais semble pour certains faire office de bouc émissaire du passé. « L’environnement actuel n’a plus rien à voir avec celui des années 1980, où on est dans la période noire du hooliganisme et où l'interdiction de l'alcool dans les stades est perçue comme une réponse raisonnable et pratique » , pose John Williams, sociologue du sport à la Leicester University.

L'axe du mâle


Reste que pour certains chercheurs, l'interdiction de boire de l'alcool en vue du terrain n’aurait eu qu’une influence anecdotique dans le processus de pacification des tribunes anglaises : celle-ci serait, entre autres facteurs, d'abord due à la reprise de contrôle des travées effectuée par les clubs, comme à l'augmentation calculée du prix des billets, qui a éloigné un public plus jeune et populaire des stades. « Prenez l’Italie : on sait qu'ils ont de graves problèmes de hooliganisme, pourtant les fans là-bas n'ont pas adopté cette pratique du binge drinking » , avance John Williams. Néanmoins, les liens entre consommation d'alcool excessive et violence sont une réalité statistique, comme en attestent les rapports de structures de référence comme l'Organisation mondiale de la santé.



Comment expliquer alors qu'un pays comme le Danemark, où les fans peuvent boire autant de bières qu'ils veulent en regardant leur équipe au stade, n'aient que très peu de problèmes de violence dans ses enceintes sportives ? « Certaines recherches ont démontré que c'est la représentation que les fans se font de la masculinité qui est l'un des cœurs du problème, déroule John Williams. En Angleterre, via le heavy drinking, les jeunes hommes pensent qu'ils sont supposés tester leur masculinité au sein d'un contexte sportif. Et cette masculinité est plus agressive que celle qui est promue et diffusée au Danemark et dans les pays nordiques. Là-bas, il y a aussi une culture du heavy drinking, mais les supporters n'ont pas de réputation violente. Pourquoi ? Parce que les attentes culturelles liées à comment un homme est censé se comporter diffèrent de celles qu'on a en Angleterre, et encore plus de celles qu'on avait dans les années 1980 au Royaume-Uni. »

Le changement, c'est pas maintenant


Autre question en suspens : l'impossibilité pour les fans anglais de boire en vue du pré n'a-t-elle pas engendré ses propres effets négatifs, loin des travées des stades ? Dans les années 1990, les chercheurs américains William J. Boyes et Roger L Faith avaient étudié l'impact d'une interdiction de l'alcool lors de matchs de football américain universitaires. Ils avaient constaté que les supporters augmentaient probablement leur consommation avant et après la fin des matchs de football. Selon eux, une telle substitution pourrait être plus préjudiciable que les effets d’une prise d'alcool dans le stade, des conséquences négatives pouvant être mesurées, comme l’augmentation du nombre de supporters conduisant avant et après le match alors qu'ils avaient absorbé une quantité d'alcool supérieure à la dose maximum autorisée au volant. Des résultats à relativiser, entre autres parce que l'étude reste consacrée à un sport différent du football, dans un autre pays que l'Angleterre. Qui, à entendre John Williams, n'est de toute façon pas prête à autoriser à nouveau ses fans à pinter en tribune : « Même si le hooliganisme a globalement disparu ici, l'association négative qui est faite entre les fans de foot et l'alcool, elle, persiste. Et cela devrait décider les instances gouvernantes à préserver le statu quo. » Remarquez, le cricket, c'est pas mal non plus.

Par Adrien Candau Propos de John Williams recueillis par AC
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