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« Et là, c'est parti en couilles... »

Le 113e derby du Nord, entre Lens et Lille, aura été le premier du genre à faire l’objet d’un envahissement de terrain. Alors que la commission de discipline se réunit ce lundi après-midi et devrait débiter une valse de sanctions, les supporters des tribunes impliquées dans les incidents se racontent. D’un côté ceux qui condamnent, de l’autre – une minorité – les inconscients.

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En ce début de semaine grisâtre, le quotidien a repris son cours aux abords de Bollaert, où les 36 512 personnes présentes samedi pour le derby ont emmagasiné des émotions pour plusieurs mois. Le succès lensois après quinze années de disette face au voisin honni a fait sauter les coutures de Bollaert, mais les incidents de la mi-temps ne sont pas digérés par tous. Six blessés légers, deux interpellations, des vidéos en pagaille inondant les réseaux sociaux à coups de « c’est toi qui as commencé » , les échanges d’amabilités et d’objets n’ont pas laissé indifférent. Le sous-préfet de Lens Jean-François Raffy a indiqué à l’AFP qu’au moment de la mi-temps, « des supporters lillois ont voulu passer au-dessus des grilles pour s'affronter avec des Lensois dans la tribune voisine, les CRS sont intervenus tout de suite. Les ultras lensois voyant que leurs collègues étaient agressés sont entrés (sur la pelouse, NDLR) pour les protéger, mais les CRS sont intervenus tout de suite, il n'y a pas eu d'affrontement généralisé. »

« J’ai eu le temps de choper un cube noir qui appartenait sûrement à un cameraman et je l’ai balancé sur le parcage. »

Du côté des supporters, chacun a son regard sur la question. « Ça reste un derby, tu as toujours envie qu’il se passe quelque chose » , jure Jeff, la quarantaine, deux décennies de présence en Marek, le kop lensois. Samedi, cet inconditionnel est passé au-dessus des grilles de la tribune pour aller « défendre les Lensois » , de toute manière, « on n’aurait pas pu se frapper avec les Lillois vu la sécurité. Si on avait voulu faire ça, on l’aurait fait à l’extérieur du stade » . Jeff rembobine ce « mouvement de foule qu’on a vu dans le parcage du LOSC. Des gars grimpaient sur les grilles et balançaient des sièges sur une tribune familiale. Je ne me suis pas posé de question. » De son côté, Quentin, 17 piges, est dans les gradins réservés aux 1200 Lillois quand tout dérape. De son point de vue, « un Lensois est monté sur la barrière du parcage, et là, c’est parti en couilles... » À quelques mètres, Basile est en tribune Trannin niveau 0, avec les Lensois. Le jeune homme passe d’une première période classique « avec des échanges verbaux, rien de plus » , à voir défiler devant lui « des morceaux de barre de fer, des sièges, des chaussures, des lunettes de soleil, des briquets, du papier toilette. C’était n’importe quoi. Pendant plus de deux minutes, on reçoit tout ça sans que personne ne réagisse. Les Lillois parviennent à percer le cordon de sécurité, des gars grimpent sur des grillages à plus de deux mètres de haut et se font attraper par les chaussures via des stewards. Très rapidement, je vois débarquer une quarantaine de Lensois dans le couloir réservé aux photographes derrière les buts. »

L'envahissement a eu lieu à la pause.


Jeff le Lensois déboule lui aussi via la pelouse : « Je ne me suis même pas vu passer au-dessus du grillage de la Marek, tout s’est passé en quelques secondes. Stewards, stadiers, CRS, tu t’en fiches, tu y vas. Après, quand tu es sur la pelouse et que tu vois les CRS te charger, tu te dis : "Merde, qu’est-ce que je fous là ?" J’ai quand même eu le temps de choper un cube noir qui appartenait sûrement à un cameraman et je l’ai balancé sur le parcage. »

« À un moment, cette équerre lui arrive en plein dans le front. Il était en sang. » Corentin, dont le frère a eu une plaie de 7 centimètres sur le front

Cet objet n’est pas celui reçu par Clément, 15 ans, jeune Lillois, qui finit tout de même par être touché avec « une grosse équerre métallique qui sert à tenir les sièges » , souffle Corentin, son grand frère. Déjà, avant le match, leur bus avait été caillassé à leur arrivée dans les artères lensoises. « On ne s’est pas mêlé de ce qu’il se passait, je trouvais ça débile, ça n’a pas sa place dans un stade. J’ai pris mon frère contre moi. C’était le premier derby... On ne bougeait plus. Mais à un moment, cette équerre lui arrive en plein dans le front. Il était en sang. » Avec un ami, Corentin parvient à extraire son frère de la tribune, « en lui mettant une écharpe sur le front pour stopper l’hémorragie. La Croix-Rouge arrive au bout de cinq minutes et il est pris en charge. Mais on ne pouvait pas évacuer, il y avait trop de pression dans le stade. »

Clément a eu deux plaies au visage après avoir reçu une équerre.


Après avoir filé à l’autre bout de l’antre jusqu’en tribune Delacourt pour être soigné, le gamin de 15 ans se retrouve avec une plaie de 7 centimètres sur front, une deuxième entaille sous l’œil et un passage obligatoire à l’hôpital dans la nuit après avoir retrouvé à la maison une mère de famille forcément choquée. « Notre mère voulait absolument que mon frère aille aux urgences. À deux centimètres près, il aurait pu perdre son œil pour un match de foot, réalise à peine Corentin. On n’a rien vu de la deuxième mi-temps. » Côté lensois, Basile voit « une fille se prendre une bouteille remplie en pleine tête. J’ai vraiment cru à un moment que le match ne reprendrait pas. Les gars qui ont fait ça, que ce soient des Lillois ou des Lensois, n’ont aucun moyen de se justifier, c’est honteux. »

Des affrontements prévisibles ?


De l’autre côté du stade, Jeff et ses compères lensois, finalement contraints de retourner dans la Marek par les forces de l’ordre et les stadiers, réalisent à peine ce qu’il vient de se passer. Les quelques heures qui se sont écoulées depuis les affrontements ne sont visiblement pas suffisantes pour permettre à Jeff de comprendre où est le problème : « Je sais que ça ne va pas plaire, mais ce sont des images que j’aime. Même en en reparlant plusieurs heures après, je trouve que c’était plaisant. J’ai eu les Lillois à trois mètres de moi. Les avoir en face de soi, les narguer en étant aussi proche, c’était fort. » Peu soucieux des conséquences de ces actes de violence, Jeff admet seulement s'être posé une question : « J'ai eu peur que notre comportement stoppe définitivement le match. »


Un autre Lensois de la Marek, lui aussi en première ligne sur la pelouse, dégaine l'argument de la solidarité : « On devait y aller pour aider les copains. Au moment où on entre sur la pelouse, je ne me demande pas si je vais être interdit de stade plus tard, j'y vais et basta. » Après 11 années sans derby dans un Bollaert plein à craquer, « ça ne pouvait qu’arriver, complète Jeff. Et je ne nous compare pas aux événements de Nice-Marseille, c’était beaucoup plus violent, les joueurs et le staff étaient impliqués, c’était en plein match. Là, c’était à la pause. » S’il admet que « si mon gamin avait été touché, j’aurais eu une autre réaction » , le Lensois a finalement le même regard que Quentin, son homologue dans le parcage. « Tout le monde était psychologiquement prêt à ce que ça se passe comme ça. Un derby reste un derby. Il y avait eu plus de dix années sans affrontement, c’était impossible que tout se passe bien. »

Une sécurité décriée


Tous s’accordent, en tout cas, sur la gestion de la sécurité et les soucis de parcage où 80 sièges ont été cassés. « C’est vrai qu’on est l’une des rares tribunes latérales à avoir un kop avec aussi peu de grilles, reconnaît Jeff, qui se prépare déjà au huis clos. Je pense que la Marek sera fermée ce mercredi contre Strasbourg. Mais je n’espère pas tout le stade, ce serait injuste pour les autres. »

Le parcage lillois à l'issue de la rencontre.


Corentin en veut au Racing Club de Lens. « On avait l’impression que c’était un Lens-Angers, un match comme les autres. Il y avait trop peu de stewards devant la tribune lensoise. Il y a des torts des deux côtés de toute façon. Quand tu vois qu’il suffit de taper dans un grillage pour que des gars partent en cacahuète... Dans notre tribune, sans même vouloir la violence, une trentaine de sièges étaient cassés avant la mi-temps. Mon frère, qui est tout léger, en avait cassé deux juste en sautant. Et après, ils sont devenus des projectiles. Nous sommes passés proche d’un drame. Il faut des sanctions. » Réponse cet après-midi.

Par Florent Caffery
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