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Comment Klopp a cuisiné Guardiola

Vainqueur à l'intensité lors de la manche aller, Klopp débarque à Manchester, mardi soir, en position de force. Voilà ce qui a fait jusqu'ici la différence.

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Coincée dans les archives, la vidéo est devenue un must absolu pour les chercheurs du jeu et les amateurs de Jürgen Klopp en particulier. On y voit l’entraîneur allemand de Liverpool armé de ses grosses lunettes, cadré dans une chemise noire largement ouverte et parfaitement décontracté, réciter ses préceptes avec l’appui d’une tablette tactile géante à rendre jaloux Philippe Doucet. Il est sur le plateau de Sky Sports, aux côtés du présentateur Dave Jones et de Jamie Carragher. Et c’est parti : « Vous savez, nous ne pensons pas énormément aux systèmes, le plus important, c’est ce que vous donnez comme consignes à vos joueurs. (...) Notre approche n’est qu’une question de timing, une réflexion sur l’opportunité donnée. Si vous jouez haut, l’adversaire ne peut pas jouer, c’est la clé. (...) Aujourd’hui, le gegenpressing est le meilleur meneur de jeu du monde. » La scène a une date – septembre 2016 –, mais les mots racontent autre chose : peu importe où, peu importe avec qui, Klopp ne changera pas son approche. Là où Pep Guardiola semble avoir confisqué ce que le grand public considère comme le beau jeu, l’Allemand, lui, a fait du football sauvage et efficace son terrain de jeu. Conséquence : après treize confrontations, on en est à six victoires pour le boss des Reds et deux nuls. Personne n’a fait mieux contre Guardiola. Et le quart de finale aller de Ligue des champions, joué à Anfield mercredi dernier, où Klopp a mangé le Catalan dans l’approche (3-0), n’a pas démontré autre chose.

« J'ai laissé filer beaucoup de matchs de C1 sur 10-15 minutes »


Alors, comment l’expliquer ? Il faut d’abord retourner au point de départ et à la cheville du sport de très haut niveau où l’entraîneur est un motivateur, avant d’être un créateur. Entraîner, c’est se livrer à l’imagination face à une feuille blanche, mais c’est aussi faire combiner des hommes et des sensibilités. Il y a quelques années, lors d’un entretien, Xavi avait déguisé Guardiola en « aigle qui observait [ses joueurs] au-dessus de la montagne » , mais un coach peut aussi gagner sur l’émotion. C’est ce dont est capable Klopp, comme Simeone, et son histoire sur un banc le raconte : mercredi dernier, Liverpool a avant tout gagné le match psychologiquement, l’entraîneur allemand étant capable de chauffer ses joueurs comme on souffle sur des braises. Son attitude est contagieuse et celle de certains de ses hommes face à City (Milner, Henderson, Robertson, entre autres) l’a prouvé sous différents angles : le sacrifice, le don de soi, une quantité de courses incroyable, un repli pour les autres. Quelqu’un avait-il imaginé voir un jour le jeune Alexander-Arnold, huit matchs de C1 dans les pattes, hurler sur ses partenaires et éteindre à lui seul Leroy Sané ? Non, et Manchester City s’est pourtant fait essorer à l’intensité, comme en deuxième mi-temps face à United samedi (2-3).


En réalité, on avait déjà vu Pep Guardiola dans cette position : celle de l’entraîneur qui perd tout en quelques minutes, les Reds ayant inscrit trois pions en dix-neuf minutes et Manchester United ayant réalisé la même performance en seize minutes ce week-end. « Il m’arrive souvent de penser à ça, expliquait le coach de City samedi. J’ai laissé filer beaucoup de matchs de Ligue des champions sur dix-quinze minutes. Quand on avait joué le Barça avec le Bayern en mai 2015, il y avait 0-0 après 77 minutes de jeu, et au bout des 90 minutes, il y a eu 3-0. Peut-être est-ce ma faute ? Je dois travailler là-dessus. » Fin observateur du foot de Guardiola, Christian Gourcuff tente d’expliquer la tendance : « Cette fragilité mentale résulte d’une fragilité technique et tactique. Le Barça de Guardiola avait une maîtrise technique largement supérieure à celle de son Bayern ou de son City. Là, on a l’impression que tout peut rapidement partir en vrille, que l’ensemble peut rapidement s’effriter. Et quand ton jeu repose sur la maîtrise du ballon et que ton ensemble perd en qualité technique et tactique, ça se complique forcément... » On revient à la tournure de ce quart de finale aller facilement remporté par Liverpool même si on a l’impression que la manche retour laisse quelques portes de retournement de scénario ouvertes.

La fermeture de l'intérieur


Mercredi, comme en janvier, Jürgen Klopp a gagné la bataille en « fermant » l’intérieur du jeu. « Guardiola a abordé la rencontre en tentant de mettre en place son jeu de position, à savoir mettre le maximum de joueurs derrière la ligne du milieu de Liverpool (d’où la titularisation de Gündoğan à la place de Sterling, au risque de laisser ouvert le côté droit, N.D.L.R.), décrypte Fabien Mercadal, coach du Paris FC, passionné par le travail de Klopp. Mais Liverpool a très bien défendu en le faisant de devant et en se projetant ensuite rapidement. C’est facile à dire, difficile à animer, tu peux le faire sur un match, mais c’est plus complexe sur la durée. Mais encore une fois, Klopp a parfaitement lu l’approche de Guardiola. » Car en réduisant les espaces au cœur du jeu, grâce à ses milieux, mais aussi à la position axiale du trio Salah-Firmino-Mané, Liverpool a découpé la zone d’expression de Kevin De Bruyne et Gündoğan. Gourcuff précise : « On a beaucoup parlé de la quantité de duels de cette rencontre (près de 140, là où City en joue moins de cent en moyenne depuis le début de saison, N.D.L.R.), mais le duel, en football, ça n’existe pas. C’est une notion primaire. En réalité, c’est l’intensité qu’a su mettre Liverpool en première mi-temps qui a changé la donne. Face à ça, on a vu City en décalage dans la spontanéité, notamment Sané, la fluidité et quand cela disparaît, ce qui est très sensible, notamment pour les mouvements collectifs, tout s’effondre. »

« La sécurité est conditionnée par la maîtrise de la possession »


Cela touche à la différence d’approche dans le pressing entre Guardiola et Klopp. « La sécurité du jeu de Guardiola est conditionnée par sa maîtrise dans la possession. Le pressing que City met en place fait suite à une phase de construction : l’objectif principal n’est pas de récupérer le ballon, mais plutôt de mettre en place des conditions de construction qui permettent de le récupérer grâce à une grosse densité autour du porteur de ballon, ce qui a été impossible contre Liverpool, poursuit Gourcuff. Klopp, lui, voit la chose différemment : c’est moins organisé, c’est plus intense, et l’idée est avant tout de profiter de l’erreur de l’adversaire en jouant en contre, parfois long pour récupérer le ballon plus haut dans les pieds adverses. C’est ce qu’on a vu sur le but d’Oxlade-Chamberlain, par exemple. » Et sur toute une première période absolue dans l’intensité et les récupérations hautes là où la seconde période a montré autre chose, notamment à cause de la sortie de Salah.


On repense alors à Diego Simeone, qui avait un jour raconté ce que Sven-Göran Eriksson lui avait enseigné : « Plus on a de possession, plus on donne du temps à l’adversaire pour se mettre à l’aise. » Mardi soir, ce pourrait en être une nouvelle démonstration, sauf séisme. Il ne faut pas oublier qu’en septembre dernier, lorsque Liverpool avait été démoli à l’Etihad (5-0), les Reds avaient la main jusqu’à l’expulsion de Sadio Mané à la 37e minute. Voilà Guardiola, coach capable de mettre en place une symphonie collective incroyable, mais aussi de devenir une caricature difficilement capable de s’adapter à ses propres faiblesses, condamné à l’exploit et aujourd’hui, en est-il capable ?



Par Maxime Brigand Propos de Mercadal et Gourcuff recueillis par MB
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