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Théa Greboval : « Autant prendre Barcelone au prochain tour ! »

Propos recueillis par Quentin Ballue

Déjà tombeur d'Arsenal au tour précédent, le Paris FC a signé un nouvel exploit européen en sortant Wolfsburg mercredi (3-3 à l'aller, victoire 2-0 au retour). Théa Greboval raconte cette soirée historique pour le PFC et pour le football français, qui place trois clubs en phase de poules de la Ligue des champions pour la toute première fois.

Théa Greboval : « Autant prendre Barcelone au prochain tour ! »

Tu as bien dormi la nuit dernière ?

Dormir, non… J’ai souvent du mal à dormir, après n’importe quel match. Alors là, avec les émotions, non, pas du tout ! Mais la nuit sera meilleure ce soir.

Tu réalises la portée de ce que vous avez réalisé ?

Pas encore totalement. Au coup de sifflet final, je pense qu’on ne réalisait pas du tout. Là, avec les réactions qu’on reçoit de l’extérieur, un petit peu. Il nous faudra un peu de temps pour mesurer ce qu’on a fait, on doit digérer tout ça.

Notre qualification face à Arsenal a été un déclic. Ça a forgé un groupe et donné de la confiance. On est dans un cercle vertueux assez incroyable.

Théa Greboval

Au moment du tirage, alors que vous veniez de sortir Arsenal, vous n’étiez pas un peu dégoûtées de tomber à nouveau sur un morceau aussi gros ?

Quand c’est tombé, on était toutes ensemble, à table, avant de partir en déplacement. On s’est dit qu’on avait une certaine chance avec les tirages. (Rires.) Certes, on les prend un peu tôt dans la saison, mais on dispute cette compétition pour jouer des équipes de ce calibre. Je me rappelle que notre capitaine, Gaëtane (Thiney), nous a tout de suite dit qu’on allait se qualifier. On y a toujours cru, même si ça peut paraître un peu fou. Après le match aller (3-3, à domicile), on était un peu frustrées parce qu’on aurait pu repartir avec une victoire. Finalement, on s’est très vite dit que tout restait à faire.

On voit maintenant le PFC regarder droit dans les yeux n’importe quelle équipe, sans aucun complexe. Il y a eu un déclic mental ?

Oui, c’est vrai qu’on a rarement gagné contre des gros calibres du championnat ces dernières années. Face à Lyon ou au PSG, on a fait des matchs nuls, on a rivalisé dans le jeu, mais sur le plan comptable, on ne sortait pas vainqueur. On a une grosse force collective, et je pense que notre qualification face à Arsenal a été un déclic. Ça a forgé un groupe et donné de la confiance. On est dans un cercle vertueux assez incroyable.

 

Comment avez-vous préparé cette rencontre ?

On n’est pas forcément habituées à jouer des matchs couperets, des doubles confrontations avec un match retour, mais on l’a préparé de manière classique. Le staff a beaucoup insisté sur notre plan de jeu. On savait ce qu’il y avait à faire. On sentait que le staff et le club étaient derrière nous. Ils ont surtout insisté sur le fait qu’il fallait qu’on pense au jeu et pas à l’enjeu. Une phrase de la coach (Sandrine Soubeyrand, NDLR) m’a marquée, c’était : « Rendre ce moment unique magique et profiter du moment. » Peu importe l’issue, ce qu’il fallait qu’on fasse, c’était produire notre jeu et profiter de chaque instant. Je pense que c’est ce qu’on a fait, on a été récompensées. C’est beau.

Tu as ressenti une certaine tension quand même ?

Oui, il y avait un peu plus de tension, un peu plus de pression. On le sentait dans le vestiaire et même au début du match. Après, ce qui fait la force de l’équipe, c’est que notre maîtrise technique est contagieuse. Du coup, au fur et à mesure de la première mi-temps, on s’est mieux senties et on a réussi à produire un peu plus de jeu. Le discours de la coach, c’était vraiment de jouer pour gagner, tout en profitant du moment, parce c’était déjà merveilleux d’être là. Il fallait y croire et jouer, sans se laisser inhiber par la pression.

Tu t’étais préparée spécifiquement à ton duel avec Alexandra Popp ?

J’ai pas mal étudié avec le staff, on a travaillé des analyses vidéo pour voir comment faire pour essayer de contrer leur excellent jeu sur les coups de pied arrêtés. Elle est très forte là-dedans, donc on a observé ses courses, etc. Il fallait rivaliser avec elle, la gêner, faire en sorte qu’elle saute dans les moins bonnes conditions possibles. Elle est plus grande physiquement et athlétiquement. On sait qu’on est un peu en déficit par rapport à elle, donc il fallait qu’on lutte avec nos armes, c’est ce qu’on a fait. J’ai beaucoup appris. C’est une très grande joueuse, ces deux confrontations m’ont fait grandir.

 

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Si tu devais n’en choisir qu’un, quel moment tu retiendrais de cette journée ?

C’est dur… Je dirais l’émotion au coup de sifflet final, partagée après avec toute la délégation. Il y avait pas mal de gens du Paris FC, des administratifs, des partenaires, les familles. La coach n’avait plus trop de mots. Elle nous a dit que c’était fantastique, nous a remerciées de leur faire vivre des émotions pareilles. C’était un mélange de joie, de soulagement, de fierté. C’est un peu indescriptible. Ça fait partie des plus grands moments que j’ai vécus dans ma carrière, avec le match d’Arsenal qui était assez incroyable. On avait dû repousser nos limites, et là, ça s’est joué au niveau mental.

 Tout le monde chante, on danse un peu dans le bus, dans l’avion. Même le staff ou l’administratif.

Tu as pu partager ce moment avec ta famille ?

J’avais la chance d’avoir mes parents au stade. Ça fait trois semaines qu’ils ont un peu plus de temps pour eux, ils peuvent profiter. Avant, ils me suivaient, mais pas forcément en présentiel. Ils me regardaient à travers les écrans. Quand je me suis retournée et que je les ai vus dans la tribune, c’était une fierté. J’étais heureuse qu’ils aient pu vivre ces émotions en même temps que moi. Ça m’a ramené des années en arrière, quand j’étais petite et que mes parents traversaient la Normandie pour m’emmener au foot. C’était de longs après-midi dans le froid et sous la pluie par moments. C’est beau de pouvoir leur rendre ça à travers de telles émotions. Je n’ai pas vu la larme à l’œil, mais ils ont dû l’avoir.

Comment vous avez fêté ça avec l’équipe ?

On a bien célébré dans le vestiaire. Il y avait deux filles au contrôle antidopage, Julie Dufour et Gaëtane Thiney, c’était un peu frustrant de ne pas avoir tout le monde. On sait que ce qu’elles aiment, c’est aussi vivre ces émotions-là. On a essayé de partager avec elles en FaceTime comme on pouvait. Après, il fallait vite se dépêcher parce qu’il y avait l’avion. On décollait à 23h30, le timing était assez serré. Mais on a bien profité. On avait nos musiques références, notamment celle qu’on met après chaque victoire, Petit Génie. On avait nos ambianceuses, Kessya Bussy et Margaux Le Mouël. Tout le monde chante, on danse un peu dans le bus, dans l’avion. Même le staff ou l’administratif. C’était assez sympathique, même si on était très fatiguées après le match.

 

Le président a annoncé une petite prime ?

Oui, il était très heureux ! Une prime était déjà prévue, mais il a rehaussé un petit peu, sous le coup de l’euphorie.

Ce début de saison, c’est un sacré message envoyé de la part du PFC.

C’est vrai, j’imagine qu’il n’y a pas beaucoup d’équipes qui ont envie de nous tirer vendredi au tirage, mais on doit garder les pieds sur terre. On a fait deux exploits, mais dimanche, on a le championnat qui reprend. On va continuer de travailler. On ne veut pas s’arrêter là. On a les poules, et on veut voir après. On n’a pas à avoir peur de quiconque. On ne va pas se mettre de limites, on va continuer de rêver et travailler. On sait que ça va être dur, que ça va être une grosse saison. On est dans un cercle vertueux et on veut que ça continue le plus longtemps possible.

Comment expliques-tu que ça marche si bien ?

Déjà, on a la chance d’avoir un club qui nous soutient vraiment, avec un président à fond derrière nous. Oui, il était là en Allemagne, mais il n’est pas là que quand on prend le jet pour aller jouer un match de Ligue des champions. Il est aussi présent quand on va jouer en championnat dans des clubs où les infrastructures sont loin de ça. On a un staff de qualité qui s’est encore étoffé cette année, ça fait aussi la différence. Et surtout, le club a réussi à former un groupe, à recruter vraiment, pas forcément dans la quantité, mais dans la qualité, sur le terrain et en dehors. Ce qui nous permet d’avoir une vraie force collective. On aime travailler, on aime appliquer ce que le staff nous demande. Sandrine Soubeyrand est là depuis cinq ans et je suis très heureuse d’être une de ses joueuses. Chaque jour, quand je vais à l’entraînement, je suis toujours en train d’apprendre, même après cinq ans. Elle est très exigeante, mais on se sent progresser. Pour moi, c’est le club parfait pour évoluer.

On a beaucoup interrogé le niveau de la D1 Arkema ces derniers mois. Ça t’inspire quoi de voir trois clubs français qualifiés pour la phase de poules ?

Je suis très heureuse pour le football féminin français. On a beaucoup entendu qu’on était en retard, etc. Le meilleur moyen de montrer que le foot français est de qualité et qu’il se développe, c’est par nos performances et nos résultats. Aujourd’hui, c’est ce qu’on fait. Si on veut qu’il y ait plus de monde au stade, il faut du spectacle, que ce soit attractif pour le public et les spectateurs. C’est ce qu’on fait avec le PSG et Lyon. Tous les matchs de la D1 Arkema sont vraiment intéressants maintenant, c’est de bon augure pour l’avenir.

 

Ça te piquait d’entendre que le foot français était en retard ?

Oui, ça peut piquer. Après, c’est factuel. En Espagne, ils sont capables de remplir le Camp Nou. Nous, même un match entre Lyon et le PSG, on en est très loin. On se concentre sur ce qui est à notre portée, c’est-à-dire le jeu. Ce que les instances font, ça ne dépend pas de nous.

Tu as des envies pour le tirage de la phase de poules, vendredi ?

Vu qu’on est chanceuses au tirage, quitte à tomber sur un gros, autant prendre Barcelone ! On a envie de vraiment kiffer notre aventure et de vivre de beaux moments contre des grosses équipes. On fait cette compétition pour ça. On ne veut pas calculer, mais le Barça, ce serait assez fou !

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