David Balavoine passera son chemin. Ce jeudi soir, sur huit pelouses à travers l’Europe, les représentants de seize nations auront l’occasion d’endosser le costume du héros. Le temps d’une soirée, ils pourront inscrire leurs noms dans l’histoire de leur sélection, en quête d’un des quatre derniers billets européens pour le Mondial 2026.
(Voie A) Italie – Irlande du Nord
Pio Esposito
Vingt ans, 1,89 mètre de muscles, un rôle de plus en plus imposant avec l’Inter Milan. Et si c’était lui qui évitait aux Azzurri une énième catastrophe ? Pio Esposito fait partie de la pointe de l’attaque de Gennaro Gattuso pour affronter l’Irlande du Nord. Le très jeune bambino impose sa patte à l’Inter ces derniers mois ; depuis la blessure de Martinez, il grappille minute après minute. En sélection, le jeune a planté trois pions en cinq sélections. Emmener son peuple au Mondial lui permettrait certainement de faire taire les nombreuses critiques des Juventini et des Milanisti. Alors oui, le moment est crucial, mais l’histoire serait si belle.
Jamie Donley
L’Irlande du Nord n’a battu l’Italie qu’une seule fois, en 11 rencontres, lors des qualifications pour la Coupe du monde 1958. Mais les dix autres fois, avait-elle Jamie Donley dans son effectif ? Le tout jeune attaquant, qui a fait ses débuts à Tottenham, évolue actuellement en deuxième division anglaise, à Oxford United. Et bonne nouvelle pour les deux millions d’habitants : le jeune Donley a offert la victoire à son club dans le temps additionnel, il y a quelques jours. Simple échauffement ou prémonition ?
(Voie A) Pays de Galles – Bosnie-Herzégovine
Harry Wilson
Qui est ton sosie footballistique ? À cette question, Harry Wilson n’hésiterait pas une seule seconde à répondre : Gareth Bale. Depuis le départ de l’as du golf, c’est l’expérimenté Wilson qui prend les commandes des Gallois. Impliqué dans 17 buts lors de ses 20 dernières sélections, le joueur de Fulham porte tous les espoirs d’un peuple sur ses épaules. Vif et précis, comme le jeune Bale à l’époque, Wilson trouvera le moyen de faire vibrer son pays, comme Bale l’a fait pendant des années. Et c’est pas son papy qui dira le contraire.
🏴 Harry Wilson is the first Welsh player to score 10+ goals in a Premier League season since Gareth Bale (11) with Tottenham in 2020/21 when he was on loan from Real Madrid. pic.twitter.com/f1fiHs0ZEf
Il y a des choses qui sont faites pour durer. Par exemple, l’amour entre Edin Džeko et sa sélection nationale dure depuis 19 ans. Le diamant bosnien a fait ses débuts avec la sélection en 2008. Et alors que son compère Miralem Pjanić a raccroché les crampons, lui le meilleur buteur de sa nation (72 pions) cherche à 40 piges à ramener la Bosnie-Herzégovine sur la plus grande scène mondiale, douze ans après l’édition au Brésil. Dans tous les films d’action, les héros méritent une dernière danse, n’est-ce pas ?
(Voie B) Ukraine – Suède
Anatoliy Trubin
Vive les films aux scénarios hitchcockiens. Anatoliy Trubin réalise un match parfait, solide sur sa ligne ; le gardien de Benfica repousse une à une les offensives suédoises. Le match s’emballe, les minutes défilent. Sur une audace parfaitement maîtrisée, Trubin file dans la surface de réparation suédoise, saute plus haut que tout le monde, coup de tête croisé, barre rentrante. L’Ukraine vient à bout de la Suède (et l’OM est éliminé, évidemment).
Zlatan Ibrahimović
Quand on a terminé dernier de son groupe sans la moindre victoire, et qu’on doit sa place, comme la Suède, à un jeu de chaise musicale en Ligue des nations, peut-on légitimement prétendre à une qualification au Mondial ? Graham Potter a prolongé son contrat, mais tout porte à croire que la mission s’avère impossible. Cette génération n’a visiblement pas de héros dans ses rangs (encore plus quand on sait qu’Alexander Isak est blessé), alors autant sortir du musée le véritable dernier héros – pardon, dieu : Monsieur Zlatan. Le futur attendra.
🤔 Who else could score this goal?
🇸🇪 A brilliant acrobatic goal by Zlatan Ibrahimović (👇) and Sebastian Larsson's late strike handed Sweden a 2-0 win against France at EURO 2012!#OTD | @svenskfotboll | @Ibra_officialpic.twitter.com/TDKoBcBGUC
Un Super Villan pour contrebalancer. Né en Angleterre d’une mère polonaise, le défenseur d’Aston Villa obtient la nationalité polonaise en 2021. Depuis, il s’impose dans la défense de Jan Urban. Mais attention : si le latéral défend son but corps et âme, il est aussi capable de planter, comme en témoignent ces deux pions lors de la phase de groupes. Un défenseur polyvalent qui fait payer cash les erreurs des adversaires.
Sylvinho
Quoi, l’Albanie, ça ne ressemble pas à la plage de Rio de Janeiro ? Pourtant, c’est bien à Tirana que l’entraîneur Sylvinho a posé ses bagages depuis 2023. Avec un effectif solide dans tous les secteurs, l’ancien coach de l’OL a transformé les Aigles de l’Est. Après avoir marqué l’histoire en qualifiant les Aigles pour l’Euro 2024, nul doute que le Brésilien est prêt à taper très fort dans les mains des supporters pour s’approcher du rêve ultime.
(Voie C) Turquie – Roumanie
Arda Güler
Imaginer le crack Arda Güler claquer de sublimes frappes du pied gauche en pleine lucarne ne fera jamais de mal. Très inspiré cette année avec le Real Madrid, le jeune Turc enchaîne les buts de dingue. On signe pour un lob de 70 mètres pour amener la Turquie jouer son premier Mondial depuis 2002. De plus, le Merengue est un atout majeur de la sélection ; alors au stade Beşiktaş, la Roumanie a intérêt à surveiller sérieusement le numéro 10.
Roumanie – Ianis Hagi
Tel père, tel fils, dit-on ? La Roumanie n’a pas vécu de Coupe du monde au XXIe siècle, et la dernière en date, c’était avec la légende Gheorghe Hagi, portant les Tricolori en huitièmes de finale en 1998, et sur la dynamique de l’épopée de 1994 avec un quart de finale aux États-Unis. Ce jeudi, c’est l’heure de la passation de pouvoir pour son fils Ianis Hagi, aujourd’hui capitaine de la sélection. Avec la double nationalité turque et roumaine, le génie roumain a presque tout de papa : des passes lucides, une frappe de loin. Alors oui, vivement un doublé pour que la famille Hagi ait une rue à son nom à Bucarest.
(Voie C) Slovaquie – Kosovo
Milan Škriniar
La muraille slovaque, ça vous parle ? Mais si, voyons c’est ce joueur qui n’a pas réussi à s’imposer au PSG à cause de problèmes de dos. Ah, voilà : Milan Škriniar. Ces temps sont révolus, la muraille a retrouvé sa force. Fort de son expérience, le joueur du Fenerbahçe a connu toutes les dernières compétitions internationales avec la Slovaquie. Blessé depuis quelques semaines, le colosse serait en passe de revenir exclusivement pour le match face au Kosovo. On a hâte de voir des tacles défensifs et la baraque tenue tout le match.
Vedat Muriqi
Et si le match avec le plus de héros se jouait là ? Le Kosovo est un pays d’1,5 million d’habitants, longtemps frappé par la guerre et les migrations de son peuple vers d’autres pays. Après toutes ces années, le Kosovo va peut-être réaliser l’exploit de ces barrages. À sa tête, Vedat Muriqi, le buteur en série qui a connu la guerre des Balkans durant son enfance, réalise la meilleure saison de sa carrière. Déjà héros du pays en représentant fièrement ses couleurs, un but pour un voyage en Coupe du monde vaut bien plus que mille buts, non ?
(Voie D)
Danemark – Kasper Høgh
Être héros de son club, c’est bien, mais être héros de son pays, c’est mieux. Kasper Høgh est le nouvel attaquant qui a terrorisé les défenses des cadors européens cette saison. Auteur d’une saison hors du commun avec le fringant Bodø/Glimt, le Danois est convoqué pour la première fois avec la sélection. La concurrence est rude, certes, mais finalement l’attaquant est injouable lorsque personne ne l’attend. Høgh les cœurs ?
Aleksandar Trajkovski
Tu peux éliminer un favori, mais pas deux. Et pourquoi pas, finalement ? On prend les mêmes et on recommence : Aleksandar Trajkovski entre en fin de match, claque une frappe en volée dans le petit filet de Kasper Schmeichel, et la Macédoine du Nord réalise un nouvel exploit. Quatre années après avoir éliminé l’Italie, le pays des Lego ne peut rien, lui non plus. La magie de la Coupe, rien d’autre.
(Voie D) Tchéquie – Irlande
Pavel Šulc
Une coupe de cheveux comme on en voit de moins en moins. Pavel Šulc, déjà pelo de l’attaque lyonnais, est aussi l’atout majeur de l’attaque tchèque. Irrésistible en Ligue 1, l’histoire raconte qu’il change enfin de coupe de cheveux, marque de la tête, et qu’en guise de célébration, il se rase la moustache. Comme un air de déjà-vu : son geste devient une tendance sur les réseaux, et le supporter de Manchester United arrête ses bêtises.
Troy Parrott
C’est donc un joueur à la tête d’élève de BTS qui fait rêver les Irlandais. Troy Parrott, à 24 ans, est devenu en l’espace de quelques matchs l’unique espoir de tout un peuple. Bonne nouvelle pour les Boys in Green : l’attaquant a déjà ses repères contre les équipes tchèques. Son dernier but en club, c’était contre le Sparta, jeudi dernier en C4. Plus qu’un objectif, il est en mission pour emmener l’Irlande au Mondial, chose que le pays n’a pas connue depuis 24 longues années. Les stocks de bière à Prague ne vont pas se vider tout seuls.