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Anatoliy Trubin, un but pour l’Ukraine

Par Jonas Emrich
4' 4 minutes
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Anatoliy Trubin, un but pour l’Ukraine

Anatoliy Trubin était un gardien comme un autre avant de se transformer en buteur dans une soirée dingue contre le Real Madrid, fin janvier. Le héros ganté retrouve déjà le club espagnol, ce mardi soir, avec Benfica en barrage aller de C1. Sa nouvelle notoriété ? Il en profite surtout pour parler de son pays, l’Ukraine.

La vie d’Anatoliy Trubin a-t-elle changé depuis cette soirée du 28 janvier ? Le nom du gardien ukrainien sera pour toujours associé à cette image folle, celle d’un homme ganté monté dans la surface adverse pour marquer un but contre le Real Madrid qui restera dans la grande histoire de Benfica, du foot et malheureusement aussi celle de l’OM. Trois semaines plus tard, l’heure d’un grand remake est déjà arrivée, à l’occasion des barrages de cette même Ligue des champions. Trubin est au centre de l’attention, de CNN à la BBC, où il assurait que « rien » n’avait changé, si ce n’est qu’on ne cesse de lui parler de son but. « C’est un peu étrange, parce que tu travailles dur pour défendre ton but, mais tout le monde se souvient que tu as marqué. » Le comble du gardien buteur.

Trubin ne peut pas se planquer ou faire mine de rien, lui aussi est marqué par cette ironie. « C’était quelque chose d’incroyable. Cela restera gravé dans ma mémoire toute ma vie, disait-il à CNN. Je raconterai cela à mes enfants. C’est quelque chose d’unique. […] Je ne suis pas quelqu’un de très émotif, mais à ce moment-là, c’était complètement fou. » Ne comptez pas sur lui pour aller plus loin dans l’émotion. Le foot compte énormément dans la vie de Trubin, la situation de son pays natal le touche davantage. « À l’Ukraine. À ceux qui savent se battre jusqu’au bout », publiait-il sur son compte Instagram après son but.

Loin de Kyiv, près du cœur

Comme de nombreux joueurs ukrainiens, il est question de jouer pour le pays, pour donner de la force à ceux qui en ont besoin et pas vraiment pour oublier. « Cela m’affecte beaucoup, parce que cela fait déjà quatre ans que je suis parti », posait-il. En réalité, la guerre le poursuit depuis bien plus longtemps : Trubin est né à Donetsk et a joué dès sa jeunesse pour le club phare local, le Shakhtar, qui a dû déménager à plusieurs reprises depuis 2014 en raison du conflit dans l’est de l’Ukraine et évolue aujourd’hui à Kyiv. « Seule ma famille peut venir me voir, raconte-t-il. C’est donc difficile de ne pas les voir, et je ne peux pas retourner chez moi à Kyiv. Je ne me souviens même plus de la dernière fois que je suis allé à Donetsk. Pour moi, c’est vraiment difficile. »

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Trubin n’est pas n’importe qui en Ukraine. Il y a son nombre de sélections (26 à 24 ans) et la précocité d’un portier attendu au plus haut niveau depuis un moment. Il a 17 ans quand il fête sa première chez les pros, en mai 2019 avec le Shakhtar ; il en a 19 quand il s’impose comme titulaire à l’été 2020, reléguant sur le banc la légende du club Andriy Pyatov. Six mois plus tard, il faisait ses débuts dans les bois de la sélection ukrainienne et en devenait le gardien numéro un en 2023. Il ne lui manquait plus que le grand saut, celui qu’il a osé faire en signant à Benfica la même année.

Peut-être que ce but apporte un peu de lumière au peuple ukrainien.

Anatoliy Trubin

Il vit au Portugal, mais l’Ukraine et la guerre ne sont jamais très loin. « Je sais que c’est dur et difficile, alors peut-être que ce but apporte un peu de lumière au peuple ukrainien », espérait-il sur CNN. Il n’a pas seulement fait le bonheur des fans de Benfica ce soir-là, comme en témoignent les nombreux messages venus du pays : « Ils essaient de saisir chaque bon moment. Et ce but était l’un de ces moments. J’en suis vraiment heureux. » Peu de choses ont changé au fond pour Trubin, si ce n’est qu’il peut mettre un peu plus en avant ce qui se passe en Ukraine et ce que vivent ses compatriotes. Niveau foot, des clubs anglais et même le Real Madrid, où évolue Andriy Lunin et l’équipe face à laquelle il avait fait ses débuts en C1, en 2020. Il n’a qu’un souhait, en vérité : « J’espère que la guerre s’arrêtera le plus vite possible. » Il y a plus important qu’un barrage aller de Ligue des champions.

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Par Jonas Emrich


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