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Pourquoi Gary O’Neil est une bonne pioche pour Strasbourg
Liam Rosenior s’est envolé de Strasbourg comme un voleur, mais Gary O’Neil atterrit tel un sauveur. Avec sa palette tactique et son flair, l’ancien entraîneur de Wolverhampton et de Bournemouth compte bien redonner du baume au cœur au Racing et à ses supporters, épuisés par les déboires de la multipropriété.

Ode à la patience
« La patience est un arbre dont la racine est amère, et dont les fruits sont très doux. » Ce proverbe persan résumerait bien le passé et l’avenir du nouvel entraîneur de Strasbourg Gary O’Neil. Limogé en décembre 2024 par Wolverhampton après une série de revers, l’Anglais n’a pas couru aussi vite qu’Olivier Létang vers un vestiaire. Pendant plus d’un an, l’ancien entraîneur des Golds and Blacks a travaillé dans l’ombre en attendant un projet excitant. Une période de chômage où il a continué à développer ses connaissances sur le métier d’entraîneur grâce à des échanges avec de nombreux spécialistes de la tactique, entre autres des longues touches.
S’il a reconnu avoir été approché ces derniers mois sans jamais broncher, O’Neil n’a en revanche pas loupé l’occasion de s’engager dans le Bas-Rhin. Une preuve qu’il est le genre de type à ne pas se précipiter et à flairer les bons coups, une vertu dans le foot moderne où les décisions hâtives font la loi. Il entend désormais profiter de cette belle opportunité pour enfin s’inscrire dans la durée, contrairement à ses deux expériences précédentes et à l’inverse de l’éphémère passage du néo-Londonien Rosenior au pays du kougelhopf (sauf si Chelsea a besoin de lui en urgence).
Gary O’Neil nommé entraîneur du Racing Club de Strasbourg Alsace ✍️ Le communiqué 👇
— Racing Club de Strasbourg Alsace (@RCSA) January 7, 2026
Un entraîneur en progression
À Bournemouth comme à Wolverhampton, Gary O’Neil a vécu des expériences dignes de se retrouver sur le fil Linkedin de Marc Keller. Avec les Cherries, il a cultivé un jeu cohérent permettant au club d’assurer son maintien avant d’être écarté à la surprise générale par une direction adepte de la multipropriété (tiens, tiens). Même son de cloche chez les Wolves : après une saison convaincante, il avait été remercié par Fosun, aussi détenteur de plusieurs clubs, à la suite de mauvais résultats dans un contexte marqué par l’absence d’investissements au mercato.
C’est un entraîneur anglais qui mise beaucoup sur les capacités physiques des joueurs, sans pour autant sacrifier la création et la technique.
Ces passages frustrants n’en restent pas moins précieux : le jeune entraîneur de 42 ans connaît déjà l’odeur nauséabonde de la multipropriété, a franchi un cap à Wolverhampton et arrive à Strasbourg avec l’ambition de prouver qu’il peut mener à bien sa petite entreprise, cette fois avec des moyens disproportionnés comparés aux autres clubs de l’élite. Un contexte économique favorable pour continuer à évoluer personnellement et, surtout, faire progresser le Racing grâce à un style de jeu taillé pour la Ligue 1.
Le physique au profit du jeu
« C’est un entraîneur anglais qui mise beaucoup sur les capacités physiques des joueurs, sans pour autant sacrifier la création et la technique. » Voilà les mots de Jean-Ricner Bellegarde, ancien de Strasbourg entraîné par O’Neil à Wolverhampton. Pour performer dans la durée, en championnat comme en Ligue Conférence, l’ancien milieu hargneux de Norwich devrait s’appuyer sur la philosophie de jeu évoquée par JR Bellegarde. Si la qualité technique est au rendez-vous dans l’effectif strasbourgeois (coucou Valentin Barco), la capacité à jouer à haute intensité de la première à la dernière minute d’un match reste un domaine où le Racing doit franchir un palier pour devenir une vraie bonne équipe de Ligue 1 capable de s’installer dans le top 5 et de rivaliser avec ses concurrents sur le terrain.
Underrated Premier League moment No.325. Gary O’Neil with the most needless red card in the history of football. pic.twitter.com/8FJjDfnEwB
— Ryan Dilks (@RyanDilks1) September 12, 2024
Un pêcheur de gros poissons
Outre-Manche, Gary O’Neil s’est amusé à couler les gros poissons de la Premier League. En 88 matchs dans l’élite du football anglais avec deux effectifs fadasses sur le papier, le tacticien a gagné contre le Liverpool de Jürgen Klopp et le Manchester City de Pep Guardiola. À ne pas oublier également, ses trois victoires face à Tottenham et, surtout, pour le plus grand plaisir des supporters strasbourgeois, deux succès contre le docteur Maboul du labo BlueCo Chelsea. Seulement septième de Ligue 1, déception tant la qualité de l’effectif de Strasbourg froisse la grande majorité des clubs de l’élite, le club alsacien peine à jouer les premiers rôles sur les prés de l’Hexagone.
Défait par Lyon, Marseille, Rennes et Lens, le Racing a galéré face à ses concurrents directs cette saison. Seule émotion : le match nul dingo contre le PSG en octobre dernier. Pour hisser ses voiles en Ligue des champions, et peut-être retrouver le Chelsea du déserteur Liam Rosenior, Gary O’Neil et son pedigree face aux mastodontes du foot anglais devront répéter ce genre d’exploit en deuxième partie de saison. Et peut-être inscrire le renommé Luis Enrique dans leur liste de victimes. Rendez-vous dès le 1er février à la Meinau !
Capable d’établir une connexion 5G avec les fans
Face à Metz le 18 janvier prochain, le stade de Strasbourg grondera aussi fort qu’un daron après le 2,75/20 de son gosse en maths. Dégoûtés par les méfaits de la multipropriété, les supporters risquent de crier leur rage contre BlueCo, et la fronde devrait durer un paquet de temps. Grâce à sa personnalité émotive, Gary O’Neil aura alors une mission au-delà du cadre sportif : retisser un lien entre le club et la Meinau. Une prouesse qu’il était parvenu à réaliser à Wolverhampton, où les fans, eux aussi exaspérés par leur direction, avaient pris l’habitude de célébrer les victoires avec lui, et ce même à Stamford Bridge.
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Par Mathis Blineau-Choëmet


























































